Proverbe chinois : La mante religieuse attrape la cigale

Le 09/01/2021
Proverbe chinois : La mante religieuse attrape la cigale, ignorant la pie jaune derrière son dos. (Image : Fleurs, herbes et insectes de l’automne peint par Li Di, Dynastie des Song (960-1279) / Musée Nationale du Palais de Taiwan / @CC BY 4.0)
Proverbe chinois : La mante religieuse attrape la cigale, ignorant la pie jaune derrière son dos. (Image : Fleurs, herbes et insectes de l’automne peint par Li Di, Dynastie des Song (960-1279) / Musée Nationale du Palais de Taiwan / @CC BY 4.0)
 

Le philosophe chinois de l’école taoïste Tchouang-tseu ou Zhuangzi (莊子) a vécu à l’époque des Royaumes Combattants (战国) au IVe siècle av. J.-C. Dans son livre éponyme, Tchouang-tseu a décrit à quel point on peut ignorer les dangers (de mort) ultérieurs en ne s’intéressant qu’aux bénéfices immédiats.

Un jour, alors qu’il se promenait dans la châtaigneraie de Diaolin, Tchouang-tseu aperçut un étrange oiseau volant vers lui, en provenance du sud. L’oiseau avait des ailes d’une envergure de sept pieds de long et des yeux d’un pouce de diamètre. Il heurta le front de Tchouang-tseu, puis atterrit sur un arbre dans la châtaigneraie. Tchouang-tseu se demanda : « Quel genre d’oiseau est-ce ? Il a de grandes ailes mais ne peut pas voler loin, et de grands yeux mais ne peut pas voir loin ». Il souleva le bas de son vêtement et s’avança rapidement, muni d’un lance-pierre, décidé à chasser l’oiseau.

Il découvrit alors une cigale installée confortablement à l’ombre des buissons, ignorant totalement qu’une mante religieuse, cachée derrière elle, à l’ombre des feuilles, s’avançait pour la capturer. La mante religieuse, satisfaite d’avoir attrapé la cigale, ignorait cependant que le grand oiseau se trouvait derrière elle, tendant son cou pour la happer.

Quand Tchouang-tseu vit cela, il fut stupéfait et se dit en lui-même : « Toute chose est connectée et s’attire les désastres mutuellement ! » Il se débarrassa alors immédiatement de son lance-pierre. Alors qu’il hâtait ses pas pour s’en retourner, Tchouang-tseu croisa le gardien du parc qui le prit pour un voleur de châtaignes et le poursuivit en le menaçant.

De retour chez lui, le philosophe, contrarié, resta enfermé pendant trois jours. Il prit conscience que ce n’était qu’en conservant son vrai soi qu’il aurait pu se protéger des interférences extérieures et éviter ainsi les tribulations qui en avaient découlé.

Plus tard, l’histoire de La mante religieuse attrape la cigale est devenue le proverbe chinois : La mante religieuse attrape la cigale ignorant la pie jaune derrière son dos (螳螂捕蟬, 黃雀在後). Cette métaphore concerne ceux qui sont attirés par les bénéfices immédiats sans tenir compte des dangers (de mort) ultérieurs.


Traduit par Yi Ming

Sources : TCHOUANG-TSEU, Chapitre XX, L’arbre de montagne (庄子·山木)
                 http://www.zhengjian.org/node/113427