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Tradition. La Fête Qing Ming au bord de la rivière

CHINE ANCIENNE > Tradition

Le tableau dépeint la prospérité de la médecine chinoise sous la dynastie Song

 

Le tableau Qingming Shanghe Tu contient un certain nombre de représentations réalistes du commerce de la médecine chinoise sous la dynastie Song. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
 

Le tableau Fête Qing Ming au bord de la rivière, (清明上河圖 : Qingming Shanghe Tu), est une peinture célèbre du peintre de la dynastie Song, Zhang Zeduan. Il reflète la scène prospère du Festival Qing Ming à Bianjing, aujourd’hui Kaifeng, province du Henan, la capitale de la dynastie Song du Nord. Il a été copié et reproduit par de nombreux peintres par la suite. Parmi eux, la version la plus connue est l’œuvre collective réalisée par cinq peintres de la cour - Chen Mei, Sun Hu, Jin Kun, Dai Hong et Cheng Zhi Dao - pour l’empereur Qian Long de la dynastie Qing. Le tableau contient de nombreuses représentations réalistes du métier de la médecine chinoise, de l’éthique médicale ancienne et des branches magiques méconnues de la médecine occidentale moderne.

Bureau de la médecine impériale de la dynastie Song

 

Le cabinet du médecin Zhao Taichen à côté du puits à quatre yeux. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
Le cabinet du médecin Zhao Taichen à côté du puits à quatre yeux. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
 

Dans la version de Zhang Zedaun, à côté du puits à quatre yeux, il y a une boutique dans la rue, avec une enseigne indiquant « Chez Zhao Taicheng » sur le fronton, l’un des couplets à côté de la porte est caché par un grand panneau, et sur l’autre couplet est inscrit « Cinq causes de fatigue, six types de déficience », et le panneau indique « pilule parfumée de formule authentique pour la gueule de bois ». Il y a un comptoir dans la pièce et un médecin se concentre sur un enfant dans les bras d’une femme.

L’expression « Cinq causes de fatigue, six types de déficience » est un terme générique désignant les maladies internes et externes. D’après la peinture, ce médecin était probablement spécialisé en pédiatrie et en médecine interne.

Le mot « Taicheng » pourrait indiquer que ce médecin était un fonctionnaire du Bureau de la médecine impériale de la dynastie Song qui pratiquait la médecine et administrait les médicaments. Au sein du Bureau de la médecine impériale, l’Ordre de la médecine impériale était chargé des différentes méthodes de traitement, tandis que le ministère de la médecine impériale était chargé du travail proprement dit. Sous le ministère de la médecine impériale, il y avait quatre départements : les médecins, les acupuncteurs, les masseurs et les guérisseurs par incantation. Il existait également des herboristes qui cultivaient des herbes destinées à être récoltées comme matières premières pour la médecine.

L’œuvre collective de la dynastie Qing contient plus de détails

 

Un homme en bleu devant le cabinet du pédiatre bienveillant. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
Un homme en bleu devant le cabinet du pédiatre bienveillant. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
 

Dans la version réalisée par les cinq peintres de la dynastie Qing, sur la banderole d’un cabinet pédiatrique, se trouvent les mots : « Soigner les petits enfants, les soins sont gratuits pour les moins aisés ». Cela montre que c’est un praticien enthousiaste avec un fort accent sur la vertu médicale. Il avait compris que « la médecine est un art bienveillant », ce qui explique pourquoi il soignait les patients pauvres gratuitement.

Dans le même tableau, plus loin, une autre petite boutique faisant face à la rue, a un panneau à côté de la porte qui indique « Spécialisé dans la fixation des os ». Dans la rue devant la porte, un homme portant un vieillard sur son dos semble demander conseil à un piéton, qui lui montre un endroit. Serait-il en train de lui indiquer le cabinet d’ostéopathie pour les soins ?

 

A gauche: cabinet d’ostéopathie ; à droite: cabinet de guérisseur par incantation, Zhu You. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
A gauche : cabinet d’ostéopathie, à droite : cabinet de guérisseur par incantation, Zhu You. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
 

Dans ce tableau, on voit également un panneau Zhu You Ke (祝由科) à côté de la porte d’une petite cour qui se trouve dans un coin plus calme de la rue. Zhu You est un nom ancien désignant une méthode de prière pour la guérison. Elle a été mentionnée pour la première fois dans le Nei Jing, Les Classiques internes, et plus tard, elle a été appelée Zhu You Ke pour l’utilisation d’incantations visant à éviter les maladies.

Cette pratique avait de fortes connotations taoïstes et était également utilisée pour la guérison à l’aide de certains médicaments. Cette pratique a été officiellement reconnue et enseignée par le Bureau de la médecine impériale de la dynastie Song. Plus tard, sous la dynastie Yuan, l’hôpital impérial était divisé en treize branches, dont celle de Zhu You. Après la dynastie Yuan, cette pratique est progressivement devenue populaire seulement chez le peuple.

Le commerce des médicaments chinois dans le tableau

Dans l’histoire de la Chine, la dynastie Song a été une période relativement prospère pour la médecine, et la représentation des matériaux médicaux et médicinaux dans Qingming Shanghe Tu fournit une image vivante et rare pour les générations futures.

 

L’herbe médicinale originaire de Chuan et Guang. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
L’herbe médicinale originaire de Chuan et Guang. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
 

Dans une scène, sur le grand panneau à droite d’une pharmacie, on peut lire « l’herbe médicinale originaire de Chuan et Guang » ainsi que l’inscription « préparation selon la méthode de notre pharmacie ». Ce qui signifie qu’en plus de vendre des médicaments, les pharmacies de la dynastie Song s’occupaient également de la préparation, de l’assemblage et de l’acheminement de médicaments, ce qui facilitait l’échange et la circulation des herbes médicinales entre le Sud et le Nord de la Chine.

On peut aussi comprendre qu’à l’époque, la qualité des médicaments était étudiée avec grand soin et qu’une attention particulière était accordée à la sélection de l’origine des herbes. Les herbes du Sichuan et du Guangdong étaient réputées pour leur qualité et leur quantité, qui sont encore reconnues par le corps médical aujourd’hui.

 

Une autre pharmacie à l’autre coin de la rue. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
Une autre pharmacie à l’autre coin de la rue. (Image : wikimedia / National Palace Museum / Domaine public)
 

A l’autre coin de la rue, dans une autre pharmacie, un pharmacien est assis sur un tabouret, le pied posé sur une meule, un outil qui est encore couramment utilisé dans les pharmacies de médicaments chinois d’aujourd’hui. Un pharmacien sur l’échelle est en train de prendre le plateau que son collègue lui tend. Le plateau, rempli d’herbes médicinales, devait être déposé sur l’avant-toit pour qu’elles y soient séchées. Le chef avec les deux bras posés sur le comptoir observe le pharmacien au tabouret.

La Fête Qing Ming au bord de la rivière illustre le développement de l’industrie médicale

Comparé aux archives précédentes, ces images montrent que le gouvernement de la dynastie Song disposait de certaines réglementations sur les ingrédients et les dosages des médicaments, ainsi que sur les méthodes de préparation des médicaments dans les pharmacies. Chaque pharmacie devait traiter les ingrédients et formuler les médicaments conformément à la « loi ».

Cette mesure pouvait non seulement garantir la qualité des médicaments, mais aussi favoriser le partage de nombreuses prescriptions efficaces utilisées dans le passé ou chez le peuple. Les médecins, voire les patients ont acquis les connaissances médicales nécessaires et ont joué un rôle actif dans la vulgarisation des connaissances médicales et le développement du métier pharmaceutique traditionnel chinois.

 

La moxibustion d’armoise chinoise, traitement populaire sous la dynastie Song du Nord. (Image : Musée Nationale du Palais de Taïwan / @CC BY 4.0)
La moxibustion d’armoise chinoise, traitement populaire sous la dynastie Song du Nord. (Image : Musée Nationale du Palais de Taïwan / @CC BY 4.0)
 

Les activités médicales reflétées dans Qingming Shanghe Tu montrent que l’industrie médicale était bien développée sous la dynastie Song, et que parmi les médecins professionnels autorisés à pratiquer la médecine, il y avait à la fois des médecins de la cour et des médecins populaires.

La division des spécialités s’affine de plus en plus, comme nous pouvons le constater rien qu’en voyant l’image, il y avait la médecine interne, la pédiatrie, l’orthopédie et la traumatologie, et la treizième branche Zhu You.

Il ressort également de la phrase « les soins sont gratuits pour les moins aisés » qu’il y avait une exigence d’éthique médicale et un respect de la vertu médicale.

Traducteur Charlotte Clémence
Collaboration Yi Ming

Version en chinois : 宋代名畫窺見宋朝中醫繁榮氣象