L’histoire de Confucius apprenant à jouer du luth chinois

Le 18/02/2020
Ancienne estampe chinoise de la dynastie des Sung datant de 1134. Confucius est représenté jouant du luth sous un prunier. Bibliothèque du Congrès, section des estampes et des photographies. (Photo : Shenyunperformingarts.org)
Ancienne estampe chinoise de la dynastie des Sung datant de 1134. Confucius est représenté jouant du luth sous un prunier. Bibliothèque du Congrès, section des estampes et des photographies. (Photo : Shenyunperformingarts.org)
 

Un jour, Confucius reçoit une nouvelle partition de son professeur de musique. Il se met à s’exercer, encore et encore, jusqu’à pouvoir la jouer les yeux fermés. A ce moment-là son professeur revient et lui propose une autre partition à déchiffrer. Confucius la refuse poliment expliquant qu’il n’a appris que les notes sans réellement ressentir toute la connotation musicale. Le professeur comprend et l’abandonne à son instrument.

Confucius passe plusieurs jours à travailler sur la dynamique, le phrasé etc. Le professeur revient pour l’écouter et le juge prêt à passer à autre chose.

« Mais je n’ai pas encore découvert le sens caché de la musique », rétorque Confucius en se remettant à pratiquer.

Lorsque le professeur réapparait pour la troisième fois, l’interprétation de Confucius est empreint d’émotions. Pourtant il diffère encore le moment, expliquant cette fois qu’il veut essayer de se mettre dans la peau du compositeur.

Lorsque le professeur revient, des jours plus tard, il trouve Confucius, non pas en train de jouer de son instrument, mais en pleine contemplation.

« Je sais maintenant quel genre d’homme a composé ce morceau », dit-il finalement. « Il avait un teint mat et une stature imposante. Il avait de grandes aspirations dans sa vie… Oserais-je avancer qu’il n’est autre que le noble roi Wen ? » (Fondateur de la dynastie Zhou vers 1 000 ans avant J.-C.)

« Remarquable », s’exclame le professeur. « En effet, cette composition a été écrite de la main même du roi Wen ! »

Dans l’esprit du Sage

Au siège de Shen Yun, nous travaillons sur le nouveau programme 2020 depuis juin. Après des mois de répétitions ininterrompues, je trouve l’histoire de Confucius particulièrement inspirante.

Pour être honnête, en tant que danseur, il est quasi impossible d’être au top de sa forme 24h sur 24, 7 jours sur 7. Il y a des moments où, après s’est exercé sans relâche aux étirements, aux saltos et aux sauts, on se sent complètement cuit, ou alors on s’est levé du mauvais pied le matin et il est impossible d’aligner deux vrilles sans embrasser le sol. Dans ces moments-là, pratiquer ces techniques pour la millionième fois n’est pas toujours la chose la plus amusante au monde. Et, une répétition de plus pour synchroniser chaque mouvement de danse avec le groupe, peut vous rendre complètement hébété.

Alors, il est primordial de drainer l’enthousiasme et la dévotion de Confucius ! Et cela me fait réaliser que :

Si l’art est « une expression ou une mise en œuvre de l’habileté créative de l’homme et de son imagination » - merci, dictionnaire - alors pratiquer pour s’améliorer devrait être une expérience des plus enrichissantes. Confucius ne pouvait pas se reposer avant d’avoir maîtrisé techniquement une chanson, d’en avoir déchiffré toutes les nuances, d’avoir médité sur son sens artistique et d’avoir véritablement capté l’esprit du compositeur.

Jouer seulement les notes et accomplir correctement les mouvements, ou bien alors, vraiment incarner l’âme même d’une œuvre, là réside toute la différence - pour l’artiste lui-même mais aussi pour les innombrables auditeurs ou spectateurs susceptibles d’assister à la performance. De cette perspective, de nouvelles révélations peuvent apparaître à chaque tournant.

A ma prochaine répétition pour cette danse-là (secrète pour l’instant) je vais tâcher de me souvenir de Confucius et comme lui, de m’imprégner sans réserve de mon rôle. A chaque fois que j’enfilerai le costume de cette danse (à découvrir prochainement) je m’habillerai aussi du charme des danseurs de cette époque magnifique. Et, quand la musique s’élèvera, je m’efforcerai de soigner chaque mouvement comme un vrai et honorable… (rôle non divulgué).

Le compte à rebours a commencé. Il reste environ 3 semaines avant le début de la tournée Shen Yun 2020. En attendant je vais chérir le temps qu’il nous reste et pratiquer comme Confucius. Que chaque effort amène lumière et satisfaction intérieure.


Betty Wang. (Photo : Shenyunperformingarts.org)
Auteur : blog de Betty Wang, danseuse de la Compagnie Shen Yun Performing Arts

Source : https://fr.shenyunperformingarts.org/