Twitter bloque des comptes suite à des messages contre l’OTAN

Par Jonathan Walker
Le 02/03/2021
Quartier général de l’OTAN. Twitter a interdit les comptes pour les messages contre l’alliance européenne et nord-américaine. (Image : wikimedia / DOD photo by U.S. Air Force Master Sgt. Jerry Morrison / Domaine public)
Quartier général de l’OTAN. Twitter a interdit les comptes pour les messages contre l’alliance européenne et nord-américaine. (Image : wikimedia / DOD photo by U.S. Air Force Master Sgt. Jerry Morrison / Domaine public)
 

Twitter a annoncé la suspension de 373 comptes en lien avec les gouvernements de l’Iran, de la Russie et de l’Arménie. Ces comptes ont violé les politiques de la plateforme en « sapant la foi dans l’alliance de l’OTAN et sa stabilité ». Environ deux tiers des comptes étaient d’origine iranienne. Cent trente comptes ont été découverts comme ayant tenté de perturber le débat public lors de la course à la présidence des États-Unis en 2020 et ont été retirés après que le FBI ait fourni des informations.

Deux réseaux opéraient à partir de la Russie, 69 profils étaient engagés dans le but de saper l’OTAN et de renforcer les récits de Moscou. 31 diffusaient la propagande russe contre l’Union européenne et les États-Unis.

Trente-cinq comptes liés au gouvernement arménien ont avancé des récits favorables à l’Arménie et défavorables à l’Azerbaïdjan. Certains d’entre eux prétendaient être des personnalités politiques azerbaïdjanaises mais opéraient à la façon de spams.

La porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, Maria Zakharova, s’en est prise à Twitter, accusant la plateforme de promouvoir la dictature occidentale. « Nous devons une fois de plus constater que Twitter est en train de dégénérer rapidement d’une plateforme de discussion indépendante en un outil de dictature numérique mondiale aux mains de l’establishment occidental... Il est à noter que les comptes Twitter des Etats occidentaux ne sont pas visés par de telles opérations punitives, malgré le fait que les informations qui y sont publiées sont parfois délibérément fausses », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La porte-parole a déclaré que le blocage illégal des comptes de Twitter selon des critères opaques est inacceptable car il sape la confiance dans les réseaux sociaux, un espace où les gens peuvent librement échanger des opinions. Maria Zakharova a noté que, selon la définition de Twitter, des millions d’utilisateurs pourraient être classés comme illégitimes.

Par exemple, elle a cité le dissident russe Alexei Navalny et ses partisans qui mènent des opérations d’influence en Occident. La porte-parole a déclaré que son bureau réexaminerait l’interdiction de Twitter et donnerait plus tard un avis d’expert sur la question.

La suspension arbitraire de comptes et de messages de la part de Twitter a suscité de nombreuses critiques ces derniers mois. (Image : Dsndrn-Videolar / Pixabay)
La suspension arbitraire de comptes et de messages de la part de Twitter a suscité de nombreuses critiques ces derniers mois. (Image : Dsndrn-Videolar / Pixabay)
 

La suspension arbitraire de comptes et de messages, de la part de Twitter, a suscité de nombreuses critiques ces derniers mois. La plateforme a suspendu le compte de Donald Trump au cours de son mandat présidentiel. Cet acte a provoqué une onde de choc laissant à penser que l’entreprise pouvait être suffisamment puissante pour exiger une certaine forme de réglementation.

En Inde, Twitter était en conflit avec le gouvernement fédéral, refusant de bloquer certains comptes à la demande de l’administration. Twitter a finalement dû accepter les demandes de New Delhi et le gouvernement a annoncé de nouvelles règles pour s’assurer que la plateforme respecte les lois du pays.

Amendes contre la censure

Compte tenu de l’augmentation des cas de censure des médias sociaux, le sénateur républicain Curt Friesen du Nebraska a proposé une loi qui obligera les plateformes en ligne à fournir un avis écrit à tout utilisateur dont le compte est suspendu, censuré ou désactivé.

L’avis doit être émis dans les 30 jours suivant l’action. Depuis son entrée en vigueur, le projet de loi vise les sites de médias sociaux qui comptent plus de 75 millions d’utilisateurs et qui ne sont affiliés à aucun parti politique ou religion.

« Bien que je comprenne l’importance de prévenir la violence, les géants des médias sociaux qui n’ont de comptes à rendre qu’à leurs actionnaires ne sont pas les bonnes entités pour prendre ce genre de décisions, surtout lorsque ces décisions peuvent être prises pour n’importe quelle raison, sans aucune procédure ni responsabilité », a déclaré Curt Friesen dans un communiqué.

S’il s’avère que les actions du site de réseau social ont enfreint les protections du Premier Amendement, l’opérateur ou le propriétaire de la plateforme sera condamné à une amende de 100 000 dollars pour chaque violation. Les amendes perçues seront déposées auprès du trésorier de l’État pour soutenir les écoles publiques.


Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Twitter Banning Accounts for Posts Against NATO