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Monde. Un fonctionnaire allemand supprime un rapport sur la Chine

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Un haut fonctionnaire allemand a été identifié comme ayant supprimé un rapport des services de renseignement mettant en garde contre l’influence croissante de la Chine. (Image : Philipp Ramseier / flickr / CC BY 2.0)
 

Un fonctionnaire allemand de haut rang a été identifié comme ayant supprimé un rapport des services de renseignement mettant en garde contre l’influence croissante de la Chine dans la nation européenne. Le fonctionnaire allemand craignait apparemment que ce rapport, s’il était rendu public, nuise aux relations commerciales germano-chinoises.

L’influence chinoise

Ce rapport établi en 2018, enquête sur la manière dont le gouvernement chinois essaie d’influencer presque tous les aspects de la société allemande, du gouvernement aux entreprises. Avant que le rapport ne soit diffusé auprès des fonctionnaires allemands, un haut fonctionnaire est intervenu et l’a supprimé. De ce fait, seules quelques personnes, dont la chancelière Angela Merkel, étaient au courant du rapport. L’Allemagne a toujours traité avec la Chine d’un point de vue purement commercial.

L’économie allemande est très dépendante des exportations. Les relations commerciales bilatérales entre la Chine et l’Allemagne représentaient 258 milliards d’euros en 2019. La Chine est depuis 2016 le principal partenaire commercial de l’Allemagne. Il n’est donc pas étonnant que Pékin ait une énorme influence sur le pays.

Les entreprises allemandes qui ont des intérêts en Chine font souvent pression sur le gouvernement pour le dissuader d’adopter une position ou une politique susceptible de nuire aux relations bilatérales. C’est tout le contraire pour la Chine, qui utilise les entreprises comme un outil pour punir les gouvernements et les entreprises s’ils ne s’alignent pas sur les intérêts chinois.

Les entreprises allemandes ayant des intérêts en Chine font souvent pression sur le gouvernement pour le dissuader d’adopter une position ou une politique susceptible de nuire aux relations bilatérales. (Image : Capture d’écran / YouTube)
Les entreprises allemandes ayant des intérêts en Chine font souvent pression sur le gouvernement pour le dissuader d’adopter une position ou une politique susceptible de nuire aux relations bilatérales. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

L’entreprise allemande Volkswagen a suscité la controverse pour son usine du Xinjiang, une région devenue célèbre pour la persécution de la minorité ethnique ouïghoure par le gouvernement chinois. Peter Altmaier, un haut fonctionnaire allemand dans le domaine de l’économie, a souvent minimisé les violations des droits de l’homme de Pékin.

Noah Barkin, expert de la Chine, note que l’Allemagne commence à envisager de restreindre ses relations avec la Chine basées uniquement sur l’économie. Il pense que les Allemands prennent conscience du fait qu’ils doivent tracer une ligne pour la Chine et qu’ils doivent également faire pression pour les droits de l’homme dans la nation asiatique.

Comme l’Allemagne donne généralement le ton au sein de l’Union européenne, la résistance croissante du pays à la Chine devrait finir par déteindre sur l’UE également. Au début de l’année, l’UE a été accusée de compromettre un rapport critiquant une campagne de désinformation chinoise concernant la pandémie de Covid-19. L’organisation a également gardé le silence lorsque son article a été censuré avant d’être publié dans les médias chinois.

De telles actions pro-chinoises ont suscité des critiques et les pays de l’UE sont devenus plus stricts avec Pékin ces derniers mois. Par exemple, la Présidente de l’UE a annoncé en septembre qu’elle ferait pression pour que des sanctions soient prises à l’encontre des gouvernements et des fonctionnaires qui violent les droits de l’homme, une mesure qui aura inévitablement des répercussions sur Pékin.

L’Initiative des Trois Mers

En 2015, 12 nations européennes ont fondé l’Initiative des Trois Mers (Baltique, Adriatique, Mer noire) en vue de développer les infrastructures dans la région. Cela permettrait à ces nations de ne pas être trop dépendantes de pays comme la Chine pour les investissements. « Les États membres représentent 28 % du territoire de l’UE et 22 % de la population, mais ne contribuent que pour 10 % au PIB du bloc. Avant que la pandémie de coronavirus ne frappe, ils connaissaient la plus forte croissance économique de l’UE, approchant les 3,5 %, alors que la moyenne du bloc était de 2,1 % », selon DW.

Le sommet de l’Initiative des trois mers à Varsovie, Pologne, en 2017. (Image : Capture d’écran / YouTube)
Le sommet de l’Initiative des Trois Mers à Varsovie, Pologne, en 2017. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Cependant, l’initiative est restée dans une impasse pendant plusieurs années. En février de cette année, les États-Unis ont promis un milliard de dollars de fonds pour l’Initiative des Trois Mers, ce qui a une fois de plus suscité l’intérêt pour le projet. Les nations membres se réuniront bientôt pour résoudre les problèmes de financement. En cas de succès, non seulement l’influence chinoise dans la région pourra être contrée, mais aussi l’influence russe.

La Pologne serait très intéressée par l’un des projets qui soutient la construction de gazoducs entre le sud et le nord de l’Europe, ce qui permettrait au pays de se libérer de l’approvisionnement en gaz russe.

Rédacteur Fetty Adler

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