Le 20 novembre, lors de la 80ème session de la Troisième Commission (Commission des questions sociales, humanitaires et culturelles) de l’Assemblée générale des Nations Unies, quinze pays d’Europe, d’Asie-Pacifique, des Amériques et d’Océanie se sont exceptionnellement réunis pour présenter et lire publiquement une Déclaration commune sur la situation des droits humains en Chine.
Une déclaration motivée par les violations des droits humains par le PCC
La Déclaration exprimait une « profonde préoccupation » face aux violations systématiques et continues des droits humains perpétrées par le Parti communiste chinois (PCC) tant au niveau national qu’international, et lançait un appel clair à l’action.
La Déclaration, signée conjointement par l’Albanie, l’Australie, la République tchèque, l’Estonie, Israël, le Japon, la Lettonie, la Lituanie, la Macédoine du Nord, les Palaos, le Paraguay, Saint-Marin, l’Ukraine, les États-Unis et le Royaume-Uni, accuse directement les autorités communistes chinoises de « graves violations des droits humains », notamment de :
● Détention arbitraire et travail forcé,
● Surveillance illégale, généralisée et arbitraire,
● Restrictions systématiques à la liberté religieuse et aux activités culturelles,
● Répression ciblée des minorités ethniques et religieuses, en particulier les Falun Gong, les Ouïghours et autres minorités musulmanes, les Tibétains, les chrétiens, incluant l’envoi forcé d’enfants dans des internats séparés de leurs familles, la torture et la destruction du patrimoine culturel et religieux.
La Déclaration pointe la situation à Hong Kong, soulignant que les libertés civiles et l’État de droit, acquis de longue date, ont été gravement érodés. Les autorités de Pékin ont même mené des opérations de traque transfrontalières et offert des primes pour la capture de dissidents hors de Hong Kong, constituant une menace directe pour la liberté d’expression.
Les 15 pays ont souligné que, tant en ligne que hors ligne, le PCC utilise la censure et la surveillance d’État pour contrôler le flux d’informations et réprimer le débat public, punissant quiconque conteste le discours officiel. Journalistes, défenseurs des droits humains, avocats et autres groupes continuent d’être victimes de répression, et les opérations de répression transfrontalières créent « un climat de peur qui réduit au silence les critiques » à l’échelle mondiale. Ces actions non seulement sapent gravement la confiance internationale, mais contredisent également les principes fondamentaux de la stabilité mondiale et du progrès humain.
La Déclaration formule deux exigences claires à l’égard du PCC.
- Libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues injustement pour avoir exercé leurs droits humains et leurs libertés fondamentales.
- Respecter pleinement les obligations découlant de la Déclaration universelle des droits humains et des autres traités internationaux dûment signés relatifs aux droits humains.
Des violations des droits humains en Chine largement documentées
Les 15 pays ont également appelé tous les États membres de l’ONU à prendre des mesures collectives, exhortant le PCC à remédier aux nombreuses violations des droits humains, largement documentées, et à promouvoir des mécanismes de responsabilisation efficaces.
Il est à noter que les pays à l’origine de cette déclaration commune proviennent de régions et d’horizons idéologiques variés : des États membres de l’OTAN et de l’UE, des démocraties clés de la région Asie-Pacifique et des pays ayant historiquement adopté des positions indépendantes en matière de droits humains, tels qu’Israël, les Palaos et le Paraguay. Cela démontre que la préoccupation internationale face à la détérioration de la situation des droits humains en Chine a transcendé les frontières géopolitiques traditionnelles, aboutissant à un consensus de plus en plus large.
Ces dernières années, l’évaluation de 2022 du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme sur le Xinjiang, divers rapports nationaux rédigés par des rapporteurs spéciaux et les témoignages de nombreuses ONG et de témoins exilés ont tous mis en évidence les politiques menées par le PCC au Xinjiang susceptibles de constituer des « crimes contre l’humanité ».
Parallèlement, depuis la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, les arrestations massives de personnalités pro-démocratiques, les fermetures de médias et le recul de la société civile ont renforcé les inquiétudes internationales quant à l’effondrement effectif du principe « un pays, deux systèmes ».
Cette déclaration commune de 15 pays est considérée comme une nouvelle action collective forte à l’ONU concernant le bilan de la Chine en matière de droits humains, faisant suite à une précédente déclaration conjointe menée par le Canada sur le Xinjiang et cosignée par 50 pays.
Les diplomates notent que, face au refus croissant des pays de garder le silence sur les droits humains, de futures initiatives communes similaires ciblant le PCC devraient impliquer une participation encore plus large, pouvant aboutir à des projets de résolution plus contraignants au Conseil des droits humains ou lors des sessions plénières de l’Assemblée générale des Nations unies.
Lors de la réunion de la Troisième Commission, la déclaration commune a été applaudie par plusieurs représentants de pays et d’ONG. Comme à son habitude, la délégation chinoise a accusé les pays concernés de « s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine " s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine sous couvert de défense des droits humains " et a affirmé que la situation des droits humains en Chine était « la meilleure de son histoire ».
Toutefois, comme le souligne la déclaration en conclusion : « Les droits humains et les libertés fondamentales sont la pierre angulaire d’une gouvernance légitime et de la confiance internationale. » Lorsqu’un pays viole de manière persistante et systématique ces valeurs universelles, non seulement ses citoyens en subissent un préjudice profond, mais les fondements de la confiance et de la coopération internationales sont également mis à mal.
L’action de ces 15 pays montre que, lorsqu’il s’agit de défendre les droits humains universels et les libertés fondamentales, le silence et les concessions ne sont plus envisageables.
Rédacteur Yasmine Dif
Source : 15 Nations Condemn China’s Human Rights Abuses at UN Meeting
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