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Monde. L’OMS fait pression pour un traité international visant à prévenir et à combattre les futures pandémies

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L’Assemblée mondiale de la santé (AMS), l’organe plénier et décisionnel suprême de l’OMS, a tenu une session extraordinaire le 29 novembre, en vue de négocier un accord entre les États membres pour l’adoption d’un traité international visant à prévenir et à combattre les futures pandémies.

Le site web de la réunion indique que la session « examinera un point unique de l’ordre du jour » concernant les « avantages de l’élaboration d’une convention, d’un accord ou d’un autre instrument international de l’OMS sur la préparation et la réponse aux pandémies ».

L’AMS réunit chaque année les ministres en charge de la santé des Etats membres de l’OMS et se tient habituellement à Genève, Suisse. La soixante-quatorzième assemblée s’est déroulée cette année le 31 mai. À cette occasion, l’Assemblée a demandé au directeur général Tedros Ghebreyesus « de convoquer une session extraordinaire de l’Assemblée mondiale de la santé en novembre 2021 » pour négocier des changements structurels et réglementaires.

La date de cette session extraordinaire coïncide avec celle de l’apparition le 11 novembre du nouveau variant Omicron du SRAS-CoV-2, au Botswana, découvert chez quatre diplomates venant de pays dont l’origine n’a pas été divulguée.

Le document de 10 pages soutenant la session extraordinaire a été publié par le groupe de travail des États membres (WGPR) et porte sur la création d’un « nouvel instrument » axé sur « la préparation et la réponse aux pandémies ».

Le document indique que le WGPR s’est déjà réuni quatre fois sur ce sujet entre juillet et novembre, en plus de « mener plusieurs consultations informelles » et « deux dialogues avec des acteurs non étatiques. »

Dans une évaluation des avantages d’un nouvel instrument, l’Organisation a mentionné le renforcement de son « approche One Health », qui n’est pas indiquée dans le document. Cependant, elle est mentionnée sur le site Web de l’OMS Europe, comme une initiative qui fera en sorte que « de multiples secteurs communiquent et travaillent ensemble pour obtenir de meilleurs résultats en matière de santé publique ».

Plus précisément, le site Web One Health se concentre sur la sécurité sanitaire des aliments et fait état d’une alliance tripartite entre l’OMS, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation mondiale de la santé animale « pour promouvoir des réponses multisectorielles aux menaces pour la santé publique provenant de l’interface homme- animal -environnement ».

La section consacrée à l’évaluation salue également l’opportunité d’accroître le financement de l’OMS, non seulement par le biais des États membres, mais aussi d’« autres acteurs, notamment les institutions financières internationales et les institutions sanitaires mondiales existantes. »

Le document plaide également en faveur d’un déploiement mondial de mesures de santé publique et d’une répression de la dissidence, appelant à des « solutions structurelles pour promouvoir une approche de la prévention, de la préparation et de la réponse aux pandémies à l’échelle de l’ensemble du gouvernement et de la société ». Le document aborde aussi la « nécessité d’actions coordonnées aux niveaux national et mondial pour lutter contre la désinformation et la stigmatisation qui nuisent à la santé publique. »

Le document stipule que de nombreux États membres ont souligné que la création d’un nouvel instrument pourrait offrir un certain nombre d’avantages potentiels, dont le renforcement des mesures de santé publique mondiales coordonnées de manière centralisée. Le premier élément mis en avant concerne « Un engagement politique de haut niveau et une approche à l’échelle de l’ensemble du gouvernement et de la société, qui pourraient renforcer la cohérence et la mobilisation intersectorielles ».

« Cela pourrait permettre de maintenir l’attention et de poursuivre la dynamique afin que la préparation et la réponse aux pandémies restent un élément régulier de l’agenda des dirigeants mondiaux », ajoute la section.

L’OMS comme autorité directrice de l’action sanitaire internationale

Le document fait ensuite l’éloge de l’opportunité pour l’OMS « d’améliorer, d’actualiser et de renforcer » sa position en tant qu’« autorité directrice et coordinatrice de l’action sanitaire internationale ». Cette autorité offrirait aux  décideurs et aux responsables de la préparation et de l’intervention en cas de pandémie, la possibilité d’assurer « la cohérence et d’éviter la fragmentation aux niveaux national et mondial. »

Le lien entre l’Institut de virologie de Wuhan du PCC, qui a effectué des recherches fonctionnelles sur les coronavirus de chauve-souris, et l’apparition du virus SRAS-CoV-2 responsable de la pandémie de Covid-19, est minimisé par l’OMS. L’accent est plutôt mis sur le développement des capacités à réduire « les risques posés par les maladies émergentes d’origine zoonotique (de l’animal à l’homme ou de l’homme à l’animal) à l’avenir », et à reconnaître que « les maladies d’origine zoonotique sont parmi les sources les plus probables des futures pandémies ».

L’OMS note également que le nouvel instrument serait « juridiquement contraignant pour les États parties qui choisissent de le ratifier », ajoutant que « le statut juridiquement contraignant offre la possibilité d’accorder une attention plus soutenue, tant politique que normative, à la question essentielle de la préparation et de la réponse à une pandémie, qu’un acte non contraignant ».

Le document indique également qu’il y a des risques à tenter d’évoluer vers un déploiement mondial et centralisé de mesures, à moins que les plus grands acteurs n’y participent.

Selon un article de Reuters du 28 novembre, les diplomates auraient déclaré que : « la Grande-Bretagne, ainsi que l’Union européenne et quelque 70 autres pays, avaient fait pression en faveur d’un traité juridiquement contraignant » tandis que « les États-Unis, soutenus par des États comme le Brésil et l’Inde » se sont tous montrés réticents.

Cependant, la réticence de la part de la coalition américaine serait survenue avant que le variant Omicron ne devienne un élément majeur dans l’urgence de santé publique mondiale.

Dans un article du Financial Times daté du 30 novembre, Stéphane Bancel, PDG de Moderna, a déclaré que le lot actuel de vaccins Covid de thérapie génique ne serait pas performant face aux nombreuses mutations de la protéine spike d’Omicron.

« Je pense qu’il va y avoir une baisse matérielle. Je ne sais simplement pas de combien car nous devons attendre les données. Mais tous les scientifiques à qui j’ai parlé… sont d’avis que cela ne va pas être bon », a déclaré Stéphane Bancel.

La session extraordinaire de l’AMS doit se poursuivre jusqu’au 1er décembre.

Rédacteur Fetty Adler

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