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Monde. Des milliers de personnes dans le monde se sont rassemblées pour célébrer les 30 ans du Falun Gong

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Alors que les pratiquants et les sympathisants du Falun Gong du monde entier se sont rassemblés pour commémorer et célébrer le 13 mai - connu comme la journée mondiale du Falun Dafa - beaucoup en Chine ne peuvent pas le faire car ils restent la cible du Parti communiste chinois (PCC) pour avoir défendu leur foi dans la pratique.

Qu’est-ce que le Falun Gong ?

Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, est une discipline spirituelle traditionnelle chinoise, pratiquée par des dizaines de millions de personnes en Chine et dans le monde entier, depuis son introduction dans le public en 1992, par son fondateur, M. Li Hongzhi.

M. Li Hongzhi a enseigné pour la première fois cette pratique au public le 13 mai dans la ville de Changchun, dans le Nord-Est de la Chine. Un groupe d’environ 200 personnes a pu bénéficier de ces enseignements qui sont composés d’exercices de méditation et préconisent l’amélioration de la moralité : grâce au principe directeur qui repose sur l’Authenticité, la Compassion et la Tolérance.

Un autre élément important de la pratique se concentre sur l’amélioration du caractère personnel et de la conduite morale des pratiquants à travers la vie quotidienne et les conflits interpersonnels. Il souligne l’importance d’être généreux et attentionné envers les autres à tous égards.

Peu après son introduction, le Falun Gong a gagné une énorme popularité, obtenant le soutien de plus de 100 millions de citoyens chinois, dont d’innombrables professionnels et même des membres de haut rang du Parti communiste.

Plus de deux décennies de persécution brutale

En juillet 1999, le chef du Parti de l’époque, Jiang Zemin, a lancé une campagne massive d’éradication du Falun Gong, considérant que la montée rapide de la popularité de cette pratique constituait une menace pour le régime autoritaire du PCC.

Depuis, des millions de pratiquants du Falun Gong ont été incarcérés et des milliers d’entre eux ont péri sous la torture et les mauvais traitements infligés par la police chinoise, et leur nombre ne cesse d’augmenter. Des centaines de milliers de personnes ont fait l’objet d’un harcèlement incessant, d’arrestations et d’emprisonnements arbitraires. Les pratiquants du Falun Gong ont également été régulièrement pris pour cible et tués pour leurs organes, dans le cadre d’un inquiétant commerce de transplantation d’organes, qui représente plus d’un milliard de dollars par an en Chine.

Selon les conclusions d’une ONG basée au Royaume-Uni, le China Tribunal, qui a enquêté sur des « rapports faisant état de milliers de touristes se rendant en Chine pour acheter des organes », l’industrie chinoise de la transplantation, ainsi que d’autres preuves, suggèrent que le PCC est impliqué dans le prélèvement forcé d’organes et la vente à profit d’organes de prisonniers de conscience assassinés.

Bien que la Chine dispose d’une industrie de la transplantation d’organes depuis des décennies, le volume des transplantations a augmenté de manière exponentielle au début des années 2000, coïncidant avec le moment où le PCC a commencé sa répression massive contre le Falun Gong et ses adhérents.

En plus d’être emprisonnés, tués pour leurs organes et torturés en raison de leurs croyances, les pratiquants de Falun Gong ont également été confrontés à toutes les formes de répression en Chine, qu’il s’agisse de licenciements, de lourdes peines de prison ou de tortures inimaginables, comme le gavage, les coups et les agressions sexuelles aux mains des gardiens de prison et d’autres détenus.

Selon Minghui.org, un site Internet basé aux États-Unis qui documente la persécution du Falun Gong, plus de 4 365 pratiquants ont été torturés à mort depuis le début de la campagne d’oppression. Toutefois, sur la base de témoignages directs de personnes vivant sous le harcèlement perpétuel des diverses organisations de sécurité du Parti, les personnes pratiquant le Falun Gong estiment que le nombre réel de morts se chiffrerait en centaines de milliers, voire en millions.

La vaste campagne contre le Falun Gong a couvert tous les aspects de la société chinoise, depuis l’arrestation de pratiquants par milliers jusqu’aux émissions de propagande, diffusées 24 heures sur 24, dans les médias officiels du PCC, décrivant le Falun Gong comme dangereux et le qualifiant de « culte maléfique ».

Depuis sa création en 1949, le PCC a toujours eu pour habitude de cibler les croyances religieuses et les minorités pour les assimiler violemment à son idéologie athée. Outre les pratiquants de Falun Gong, de nombreux Chrétiens, Bouddhistes, Tibétains et membres de la minorité musulmane ouïghoure ont été emprisonnés, torturés et subissent chaque jour une oppression généralisée en Chine.

Selon les conclusions des Nations unies et d’autres rapports largement diffusés, plus d’un million de musulmans ouïghours sont toujours emprisonnés dans des camps de concentration, dans des régions reculées de l’ouest de la Chine.

Des milliers de personnes dans le monde se sont rassemblées pour célébrer les 30 ans du Falun Gong
Les pratiquants de Falun Gong de San Francisco célèbrent la Journée mondiale du Falun Dafa. (Image : minghui.org)

Les amis du Falun Gong se rassemblent en signe de soutien

Bien qu’ils aient été persécutés, maltraités et torturés pendant plus de vingt ans, les pratiquants de Falun Gong continuent de diffuser des messages de paix, d’harmonie et de compassion partout dans le monde, s’attirant ainsi, depuis des années, le soutien de nombreux hommes politiques et militants des droits de l’homme. En France des députés, représentant le peuple, se sont positionnés à travers leurs déclarations de soutien.

« Cela fait 21 ans que le Falun Gong est l’objet d’une répression de la part de la Chine. Le Falun Gong, c’est une discipline qui mêle la méditation à des exercices physiques, lents, souples, et un travail sur soi. Et donc, je considère que la France et l’Europe doivent mettre en œuvre tous les moyens pour peser sur la Chine, pour que la Chine respecte les droits de l’homme dans son pays », a déclaré M. Jean-Luc Lagleize, député de Haute-Garonne, à l’occasion des 20 ans de persécution des pratiquants de Falun Gong.

« Il s’agit d’une méditation pacifiste. Plus de 70 millions de personnes sont concernées en Chine. Cette persécution prend la forme de prélèvements forcés d’organes. Ce crime est maintenant reconnu par les autorités américaines et européennes. À l’Assemblée nationale, j’ai dénoncé le fait que la France n’a pas signé la convention du Conseil de l’Europe (contre le tourisme des transplantations d’organes) alors que 21 Etats l’ont signé et 17 autres l’ont ratifié. Beaucoup disent " ce n’est pas notre sujet, nous devons fermer les yeux sur certaines choses. " Je considère que même si cela se passe à des milliers de kilomètres, nous devons le dénoncer car c’est un sujet qui fait partie de l’humanité et nous concerne tous. Notre rôle est de dénoncer et sensibiliser la population, le plus largement possible, pour lutter contre ce trafic d’organes sans consentement. La participation de tous est extrêmement précieuse », a déclaré Mme Josiane Corneloup, députée LR de Saône-et-Loire.

« Nous avons voté une proposition de résolution condamnant le génocide des populations musulmanes ouïghoures, mais il ne faut oublier ni la population du Tibet, ni les membres de la communauté Falun Gong, qui donnent aussi l’alerte. On ne peut pas supporter que nos organismes de recherche ou nos experts en néphrologie ou en transplantation servent de caution à des trafics au niveau mondial, que la France serve de prête-nom. Nous sommes, qu’on le veuille ou non, engagés dans cette histoire ! », a déclaré M. Brahim Hammouche, de la Moselle.

« Une obligation morale »

Le 31 mars, les politiciens américains ont publié le rapport annuel 2021 de la Commission sur les violations des droits de l’homme en Chine. Le rapport a mis en évidence la persécution, la suppression et les abus continus contre les prisonniers de conscience et d’autres minorités religieuses - en particulier celle des adhérents du Falun Gong.

« Documenter les violations des droits de l’homme commises par le gouvernement chinois est non seulement le mandat de la Commission, mais aussi notre obligation morale envers ceux qui, en raison de la répression et de la censure, ne peuvent pas raconter leur histoire », avait déclaré le coprésident de la Commission exécutive du Congrès sur la Chine (CECC), James McGovern. « J’ai hâte de continuer à travailler avec mes collègues pour mettre en œuvre les recommandations de la CECC ».

En conclusion du rapport, la commission réitère la priorité de « documenter les crimes innommables du PCC » et de tenir le régime chinois responsable de ceux qui « subissent de graves abus en raison des politiques d’assimilation forcée de la Chine ».

Rédacteur Jean-Baptiste Adrien-Clotaire

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