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Monde. Mexique : une unité de lutte contre les stupéfiants est dissoute après avoir été infiltrée par les cartels de la drogue

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Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a déclaré qu’une unité de lutte contre les stupéfiants, (Sensitive Investigation Unit) avait été dissoute il y a un an, après avoir été corrompue par les cartels de la drogue.

Cette décision a été un coup dur pour les États-Unis, qui forment ces unités spéciales par l’intermédiaire de la Drug Enforcement Administration (DEA) depuis plus de 25 ans, dans le but d’endiguer l’épidémie d’opioïdes introduite en Amérique par les puissants cartels de drogue mexicains.

Andres Manuel Lopez Obrador a fait cette déclaration surprenante lors de sa réunion de presse hebdomadaire, sans préciser pourquoi les autorités avaient tenu le public dans l’ignorance du démantèlement de l’agence, qui comptait environ 50 membres hautement qualifiés.

Crise à la frontière sud et trafic de drogue

Se référant à l’unité, un agent de la DEA a déclaré à Reuters, sous couvert d’anonymat « Ils l’ont étranglée », ajoutant : « Cela fait voler en éclats les ponts que nous avons mis des décennies à construire ».

Un autre représentant de la DEA, Mike Vigil, ancien chef des opérations internationales, a fait part à l’agence de presse de ses inquiétudes quant au fait que l’interruption du programme « signifiera davantage de drogues à destination des États-Unis et davantage de violence au Mexique ».

Une corruption de haut niveau

La décision de la dissolution du groupe anti-drogue par l’administration Obrador a suscité de nombreuses réactions de la part des opposants politiques. Le président a justifié sa décision en affirmant que l’unité anti-drogue avait été corrompue jusqu’à ses plus hauts échelons.

« Cela attire vraiment mon attention qu’il y ait tant d’affection dans certains médias, pas tous, pour les agences étrangères », a clarifié Andres Manuel Lopez Obrador, en précisant sa position. « Il y a toujours une coopération, mais ce groupe qui était censé être d’un niveau stratégique très élevé a été infiltré, et ses dirigeants font l’objet d’une enquête, et il y a des prisonniers de ce groupe. »

« Il a été prouvé que ce groupe a été infiltré par le crime. L’un de ses dirigeants est en train d’être jugé aux États-Unis », a-t-il ajouté, faisant probablement référence à l’arrestation en 2017 du commandant très en vue de l’unité, Ivan Reyes Arzate, et à sa condamnation par un tribunal de district américain pour avoir accepté des pots-de-vin en échange de son silence sur une énorme cargaison de cocaïne à destination des États-Unis en 2016.

Le respect de la souveraineté

Cependant, Andres Manuel Lopez Obrador a assuré que son pays continuerait à collaborer avec les États-Unis et d’autres pays pour tenir en échec les syndicats du crime de la drogue « tant que la souveraineté du Mexique sera respectée ».

« … Nous maintenons la coopération avec les organisations internationales de sécurité, mais nous nous assurons que notre souveraineté est respectée », a déclaré Andres Manuel Lopez Obrador, selon le Mexico Daily News.

« Vous savez déjà que l’ordre a été établi et que nous avons une relation de coopération (avec les gouvernements étrangers), mais dans le respect de notre souveraineté », a-t-il ajouté.

« Avant d’entrer et de sortir du pays et de faire… ce qu’ils voulaient, ils ont même fabriqué des crimes », a ajouté le président, se référant à la DEA.

« Ils sont entrés et ont même apporté des armes », a déclaré Andres Manuel Lopez Obrador, tout en assurant que « ce n’est plus l’époque de ces opérations, comme " Fast and Furious " », a rapporté le média.

Andres Manuel Lopez Obrador faisait probablement référence à un coup monté avant sa prise de fonction en 2018, dans le cadre d’un stratagème où les autorités américaines autorisaient la contrebande d’armes à feu au Mexique dans le but de les retrouver par la suite et de saisir leurs propriétaires.

Des arrestations très médiatisées

Cependant, fin 2020, le gouvernement mexicain a adopté une loi restreignant strictement les pouvoirs des agents étrangers et levant leur immunité diplomatique. Andres Manuel Lopez Obrador a donc déclaré que seuls les agents étrangers qui opèrent « conformément à la nouvelle législation » seraient autorisés à entrer dans le pays.

« Comme vous le savez, ce problème est apparu après l’arrestation du général (Salvador) Cienfuegos », a déclaré Andres Manuel Lopez Obrador, en faisant référence à l’arrestation en 2020, à l’aéroport international de Los Angeles, du général à la retraite accusé de blanchiment d’argent.

Cette arrestation aurait suscité la colère du président, qui n’aurait pas été informé par les autorités américaines de leurs projets : « Ils ont pris cette décision sans nous en informer. En en outre, ils ont fabriqué des crimes », a-t-il fulminé.

Le nouveau règlement et la dissolution de l’UES qui s’ensuit pourraient donc être interprétés comme des représailles de Andres Manuel Lopez Obrador contre les autorités américaines qui ont outrepassé leur droit de visite et offensé la fierté mexicaine.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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