Reporters sans frontières (RSF) a publié son classement mondial de la liberté de la presse 2026 le 30 avril. Ce rapport indique que Hong Kong occupe la 140ème place et demeure dans la catégorie la plus préoccupante, celle de la « situation très grave ». Taïwan se classe 28ème, première en Asie, tandis que la Chine occupe 178ème rang : la troisième place en partant de la fin. La France, quant à elle, est classée 25ème : rang déjà occupé en 2025.
Le rapport de RSF (pdf) précise que parmi les 32 pays et territoires classés dans la région Asie-Pacifique, 21 sont considérés comme ayant une « situation difficile » ou une « situation très grave » en matière de liberté de la presse. Ces régions figurent parmi les plus répressives au monde et la situation continue de se détériorer.
Le document met en garde contre le fait que les gouvernements autoritaires, dirigés par le Parti communiste chinois, ont développé de nombreux outils de censure et de propagande, qui s’étendent désormais au-delà des frontières nationales.
Il indique qu’au cours des 25 dernières années, l’espace informationnel s’est considérablement réduit dans certains pays en raison des changements politiques et de la montée en puissance des régimes autoritaires. Par exemple, Hong Kong a connu un net recul depuis le renforcement du contrôle de Pékin. Classée 140ème pour la deuxième année consécutive, sa note a légèrement baissé, passant de 39,86 l’an dernier à 39,49 cette année, principalement en raison de la dégradation de ses indicateurs politiques, économiques et sociaux.
Le rapport souligne que Hong Kong était autrefois considérée comme un bastion de la liberté de la presse, mais que depuis la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale en 2020, cette liberté a subi des revers sans précédent.
Il précise également que le fondateur de l’Apple Daily, Jimmy Lai, a été lourdement condamné en vertu de cette loi draconienne. En février dernier, il a été condamné à 20 ans de prison pour des infractions liées à la sécurité nationale, notamment « complot en vue de collusion avec des forces étrangères ».
Le gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong a fermement condamné le rapport, affirmant que le classement manque de crédibilité et critiquant Reporters sans frontières pour avoir « blanchi » Jimmy Lai.
La Chine est la plus grande prison au monde pour les journalistes
Le rapport indique que la Chine se classe 178ème (troisième en partant de la fin). En raison de la répression exercée par le Parti communiste chinois, la liberté de la presse en Chine demeure inchangée. Les principaux médias y sont toujours détenus par l’État et directement contrôlés par les autorités.
Aux yeux du PCC, le rôle des médias est de servir de porte-parole au Parti et de diffuser la propagande gouvernementale. Les journalistes et blogueurs indépendants qui osent publier des informations sensibles sont souvent surveillés, harcelés, détenus et même soumis à la torture.
Le document note également que la Chine est la plus grande prison au monde pour les journalistes, avec un total de 121 professionnels des médias actuellement emprisonnés.
Il ajoute que la liberté de la presse a reculé dans des pays comme l’Irak, le Soudan et le Yémen en raison de l’impact de la guerre.
La Russie, qui poursuit sa guerre contre l’Ukraine, reste l’un des pays où la liberté de la presse est la plus bafouée (172ème rang), tandis que l’Iran (177ème) demeure également parmi les derniers.
Taïwan se classe 28ème, première en Asie
Selon le rapport, Taïwan occupe la 28e place mondiale, perdant quatre places par rapport à 2025, mais conserve la première place en Asie. Le rapport analyse les difficultés rencontrées par Taïwan pour maintenir la crédibilité de son information.
Dans le classement de cette année, la Norvège arrive en tête pour la dixième année consécutive, suivie des Pays-Bas (deuxième place) et de l’Estonie (troisième place). L’Érythrée reste en dernière position pour la troisième année consécutive, à la 180e place.
Les États-Unis ont chuté de sept places pour se retrouver au 64e rang, en raison notamment des pressions politiques.
Reporters sans frontières conclut que, globalement, la situation de la liberté de la presse dans le monde se détériore.
Pour la première fois dans l’histoire de l’indice, plus de la moitié des pays du monde sont classés comme ayant une situation « difficile » ou « très grave ». Le score moyen de tous les pays évalués est également le plus bas jamais enregistré.
Le rapport indique également que parmi les cinq indicateurs utilisés pour évaluer la liberté de la presse dans le monde – environnements économique, juridique, sécuritaire, politique et social – l’indicateur juridique a connu le plus fort recul cette année.
La lourde peine infligée à Jimmy Lai crée un climat dissuasif
Selon Pulse HK News, concernant l’état actuel de la liberté de la presse à Hong Kong, Gary Yuen Po-kwong, président de l’Association des médias étrangers de Hong Kong (HKMO), a déclaré qu’un classement de 140 place Hong Kong au niveau des États autoritaires, contrastant fortement avec son ancien statut de juridiction de premier plan.
M. Yuen a affirmé que la lourde peine prononcée contre Jimmy Lai, fondateur d’Apple Daily, et les hauts responsables de la publication a créé un climat dissuasif au sein du secteur.
De plus, des médias indépendants tels qu’InmediaHK ont vu leurs journalistes harcelés par des inconnus, tandis que les forces de l’ordre semblent fermer les yeux.
Il a également noté que, faute de soutien financier, l’équipe crédible de Yahoo News à Hong Kong a finalement été contrainte de cesser ses activités. Cela met en évidence la réduction considérable de l’espace dont disposent les médias pour exercer leur rôle de contre-pouvoir face au gouvernement.
La définition de la liberté de la presse retenue par RSF et son panel d’experts pour élaborer son Classement est la suivante : « La liberté de la presse est la possibilité effective pour les journalistes, en tant qu’individus et en tant que collectifs, de sélectionner, produire et diffuser des informations dans l’intérêt général, indépendamment des interférences politiques, économiques, légales et sociales, et sans menace pour leur sécurité physique et mentale. »
Rédacteur Charlotte Clémence
Source : Hong Kong Ranks 140th in Global Press Freedom Index as China Remains Near Bottom
Soutenez notre média par un don ! Dès 1€ via Paypal ou carte bancaire.












