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Monde. Faux comptes sur les réseaux sociaux et propagande pékinoise

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De faux comptes sur Twitter et YouTube ont aidé Pékin à propager la propagande et la désinformation

Un nouveau rapport publié par la Fédération internationale des journalistes (FIJ) présente une étude approfondie des efforts déployés par la Chine communiste pour inonder les plateformes de médias sociaux comme YouTube et Twitter de faux comptes véhiculant des messages pro-Pékin.

Le rapport intitulé « L’histoire du Covid-19 : démasquer la stratégie mondiale de la Chine », a été publié le 12 mai et décrit comment le Parti communiste chinois (PCC) « a activé avec succès les infrastructures médiatiques existantes pour semer des récits positifs à l’échelle mondiale au milieu de la pandémie ».

Le rapport a été élaboré par le biais d’une enquête, « un total de 54 syndicats de journalistes de 50 pays et territoires différents ont participé à l’enquête entre décembre 2020 et janvier 2021 afin d’évaluer l’étendue de la portée médiatique mondiale de la Chine pendant la Covid-19. »

De nombreux géants des médias sociaux de la Big Tech ont supprimé des centaines et, dans certains cas, des milliers de faux comptes liés au PCC.

Le rapport indique : « en août 2020, Google a supprimé 2 500 faux comptes YouTube liés à la Chine, tandis qu’en septembre 2020, Facebook a supprimé environ 180 de ces comptes ».

Une étude de cas menée par la FIJ sur la Serbie a révélé que, sur Twitter, « plus de 70 % du contenu (pro-CCP) était produit par un énorme réseau de comptes robots pro-gouvernement serbe ». Plus de 8 500 de ces faux comptes, appartenant au gouvernement serbe, ont été supprimés.

Le Digital Forensic Center (DFC) a identifié 30 000 tweets dont l’origine a été retracée jusqu’aux comptes zombies serbes qui contenaient le mot clé « Kina » (Serbe pour « Chine »). « Ces tweets faisaient l’éloge de l’aide chinoise et fustigeaient l’UE pour son manque d’assistance pendant la pandémie. »

Le président serbe, Aleksandar Vučić, décrit « la Chine comme une amie » et qualifie le régime du PCC de « sauveur financier » de la Serbie.

Le récit du Covid de la Chine

Les comptes ont publié du contenu dans le but d’influencer positivement le récit entourant le rôle et la réaction de la Chine dans la pandémie de Covid-19. Leurs efforts semblent porter leurs fruits.

Le rapport indique que « plus de la moitié de tous les pays ont déclaré que la couverture de la Chine dans leurs médias nationaux était plus positive depuis le début de la pandémie ».

« Globalement, 56% de tous les pays ont signalé que la couverture de la Chine dans leur pays était devenue globalement plus positive depuis l’épidémie de Covid-19, tandis que seulement 24% ont déclaré que la couverture de la Chine était devenue plus négative », selon le rapport.

Dans les pays qui ont reçu des vaccins contre la Covid-19, fabriqués en Chine, il a été constaté que le discours médiatique prédominant était que « l’action rapide de la Chine contre la Covid-19 a aidé les autres pays ». 63 % des pays interrogés ont exprimé cette conviction, tandis que 23% ont indiqué que « la dissimulation par la Chine de l’épidémie initiale est la raison de (la) nature mondiale de l’épidémie. »

Les pays qui n’ont pas reçu de vaccins chinois avaient une vision pratiquement opposée du message soutenu par le PCC. Vingt-cinq pour cent pensaient que les actions de la Chine face à la pandémie étaient « rapides », tandis que 60% considéraient les actions de la Chine comme une « façade ».

Quarante pays à travers le monde ont reçu les vaccins chinois, dont le Mexique et la Serbie, ainsi qu’une multitude de pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

La présence de la Chine dans la sphère des médias sociaux est variée et d’une grande portée à la fois en surface et en coulisses.

La campagne massive de désinformation mondiale trouve ses racines dans les organes de propagande du PCC. Le rapport indique : « en juin 2020, Twitter a supprimé 23 750 comptes chinois au cœur d’un réseau hautement organisé qui alimentait 150 000 autres comptes qui amplifiaient ce contenu. »

L’AFP a rapporté : « un total de 270 diplomates chinois dans 126 pays sont actifs sur Twitter et Facebook. Avec les médias d’État chinois, ils contrôlent un total de 449 comptes sur les deux plates-formes. »

À cela s’ajoutent les millions de travailleurs employés comme « analystes de l’opinion publique » par le gouvernement chinois et des entreprises privées qui surveillent en permanence Internet à la recherche de messages qui vont à l’encontre de la ligne du Parti.

Le secrétaire général du PCC, Xi Jinping, a émis une directive à l’intention des médias chinois lors d’un discours en 2016 : « Où que soient les lecteurs, où que soient les téléspectateurs, c’est là que les rapports de propagande doivent étendre leurs nouvelles tentacules. »

Rédacteur Gabriel Olamsaint

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