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Monde. La Chine relance sa production de charbon tout en s’engageant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060

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Lors du sommet du G20 de cette année, qui s’est tenu à Rome les 30 et 31 octobre, le président américain Joe Biden s’est dit déçu de la décision de ses homologues chinois et russe de ne pas participer en personne à l’évènement. Le président a souligné le manque d’engagements des deux pays qui se sont donné jusqu’à 2060 pour parvenir à la neutralité carbone.

Le président a déclaré que les dirigeants mondiaux avaient par ailleurs réalisé des « progrès tangibles » sur les questions les plus urgentes concernant les préoccupations environnementales, en se concentrant sur le changement climatique et la réduction des émissions de carbone.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est fait l’écho de ces préoccupations, en déclarant lors de la cérémonie d’ouverture du sommet des Nations unies sur le climat COP26 à Glasgow : « l’humanité a depuis longtemps épuisé le temps imparti au changement climatique. Il est minuit moins une et nous devons agir maintenant ».

Soulignant la menace du changement climatique, il a dit que le monde est attaché à un « dispositif apocalyptique ».

« Si nous ne prenons pas au sérieux le changement climatique aujourd’hui, il sera trop tard pour que nos enfants le fassent demain », a-t-il déclaré.

Le dirigeant chinois Xi Jinping a participé au débat général par liaison vidéo le 30 octobre, remerciant les dirigeants mondiaux de s’être réunis pour répondre aux préoccupations environnementales, économiques et sanitaires et soulignant l’importance d’agir solidairement pour un avenir commun. Xi Jinping a également fait la promotion de l’approche adoptée par Pékin pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

La Chine, qui produit plus de gaz à effet de serre que tous les autres pays industrialisés réunis, s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. Mais il n’est pas certain que Pékin soit en mesure d’atteindre cet objectif, d’autant plus que la demande pratique de combustibles fossiles, notamment de charbon, reste élevée.

Le sommet COP26 s’est ouvert alors que la Chine traverse une crise énergétique, la flambée des prix du charbon provoquant des pénuries de carburant et des coupures de courant dans de nombreuses provinces. Selon l’agence Reuters, plus de 70 % des centrales électriques chinoises alimentées au charbon fonctionnent désormais à perte en raison de la hausse des coûts et du resserrement de l’offre.

Comme 70 % de l’électricité en Chine provient du charbon, des milliers d’habitants se sont retrouvés privés d’électricité et sans chauffage - une situation qui pourrait s’avérer dangereuse dans les régions glaciales du nord du pays.

La Commission nationale pour le développement et la réforme (NDRC) a réagi à la crise en ordonnant aux exploitants de mines de « produire autant de charbon que possible » afin d’augmenter la production et de stabiliser la hausse des coûts avant les mois d’hiver à venir. La NDRC a également annoncé que l’électricité serait rationnée pendant les heures de pointe et a ordonné à certaines usines non essentielles de suspendre leur production.

L’Organisation du Conseil du Climat note que non seulement le charbon libère des quantités massives de polluants lorsqu’il est extrait, mais qu’il émet également des substances toxiques et cancérigènes dans l’air, la terre et l’eau - affectant gravement la santé des mineurs, des travailleurs et des communautés environnantes.

Pékin s’était engagé en début d’année à ne plus construire de centrales à charbon et avait fait pression pour que les mines de charbon existantes réduisent leur production. Cependant, la crise énergétique a contraint le pays à interrompre ces efforts, mettant en évidence les défis auxquels il est confronté pour réduire son impact carbone massif et tenir sa promesse au monde.

Rédacteur Fetty Adler

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