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Monde. Au Canada, l’effondrement des colonies d’abeilles pourrait entraîner des pertes de plusieurs milliards de dollars

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Un apiculteur de Niagara alerte qu’en raison de l’effondrement des colonies d’abeilles, les pertes de l’industrie du miel pourraient dépasser le milliard de dollars cette année au Canada.

En 2020, la contribution totale de l’industrie canadienne du miel et des abeilles se situait entre 4 et 5,5 milliards de dollars

Greg Scott, apiculteur et président de Niagara Beeway, a déclaré à la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) : « C’est le pire que nous ayons vu et je fais ce métier depuis 50 ans », ajoutant : « dans le Niagara, nous avons perdu des milliers de colonies. La plupart de nos opérations ici sont si gravement endommagées que nous n’allons pas fournir de services de pollinisation cette année. »

« Nous pensons, et nous pouvons le documenter, que la perte de revenus des exploitations agricoles au Canada s’élève à plus d’un milliard de dollars. Donc, ce sont des agriculteurs qui ne vont pas avoir ce revenu parce que la pollinisation ne va pas se produire », a-t-il déclaré.

Selon l’Ontario Beekeepers’ Association, les apiculteurs de la province signalent des pertes allant jusqu’à 90 % dans leurs colonies.

Eduard Unger, un autre apiculteur opérant dans la région de Niagara, a déclaré à la CBC que de toute sa vie en tant qu’apiculteur, la mortalité subie cette année est « sans précédent ».

« C’est très, très difficile pour moi… Je vis de mon exploitation apicole et elle est perdue à 90 % et c’est énorme ».

Pour Eduard Unger, reconstruire ses colonies d’abeilles n’est peut-être pas la bonne option car les dépenses montent en flèche et il n’a aucun revenu.

« Nous n’avons jamais eu une mortalité aussi importante que celle que nous avons connue cette saison. C’est incroyable. Les gens ont perdu jusqu’à 95, 98 % de leurs abeilles », a déclaré Eduard Unger, ajoutant que « cela aura un impact important sur l’ensemble de l’industrie agricole, sur tous les agriculteurs. Les viticulteurs, les producteurs de denrées alimentaires, les producteurs de myrtilles et tous les autres, ils veulent tous des abeilles de chez nous, ils nous demandent des abeilles et ils ne peuvent pas en avoir. Cela n’a jamais été comme ça ».

Le varroa, un acarien parasite de l’abeille, ne représente qu’une partie du problème

Beaucoup désignent un minuscule parasite invasif connu sous le nom de varroa comme le principal responsable de l’effondrement des colonies d’abeilles. Cependant, pour Greg Scott, ce parasite ne serait pas le seul responsable de l’effondrement des abeilles.

« J’ai beaucoup entendu parler du parasite, le varroa. Nous avons le varroa depuis plus de 10 ans et nous le gérons, donc nous n’acceptons pas cela », a-t-il déclaré à la CBC.

Le varroa, ou Varroa destructor, est un acarien parasite qui attaque et se nourrit des abeilles domestiques. Le parasite ne peut se reproduire que dans les colonies d’abeilles domestiques. Une infestation importante d’acariens entraîne la mort d’une colonie d’abeilles mellifères et constitue généralement un problème pour les colonies en fin d’automne ou au début du printemps.

Bien que le Varroa soit un problème croissant, Greg Scott pense qu’une combinaison d’industries courantes au Canada contribue à cette mortalité massive.

« Nous avons un autre problème aux proportions vraiment catastrophiques… Nous observons maintenant une combinaison assez radicale d’industries qui sont très, très courantes au Canada, ce sont des fongicides combinés à des insecticides. »

Greg Scott n’est pas le seul à affirmer cela. Roy Allemann, le président de la Golden Horseshoe Beekeepers’ Association, est d’accord avec lui. Il a déclaré à la CBC : « Nous nous occupons des acariens depuis environ 30 ans, voire un peu plus. Il existe des moyens de lutte contre les acariens très bien connus et utilisés par de nombreux apiculteurs expérimentés qui fonctionnent, et nous les utilisons depuis tout ce temps. »

« Ce que nous soupçonnons, c’est qu’il s’agit d’une surabondance et d’une surutilisation de produits chimiques dans l’agriculture, dont certains sont des tueurs d’abeilles connus, et il y a tellement d’études faites dans le monde entier sur certaines de ces toxines… spécifiquement les pesticides systémiques qui sont utilisés pour les enrobages de semences, et ceux-ci sont également utilisés comme prophylaxie, donc ils sont utilisés, qu’il y ait un problème connu ou non dans les cultures », a-t-il déclaré.

Roy Alleman, qui exploite environ 120 ruches, a déclaré avoir perdu un peu plus de 40 % d’entre elles cette année. Dans le passé, cela aurait été considéré comme une mauvaise année s’il n’avait perdu que 15 % de ses ruches.

« J’ai parlé à plusieurs apiculteurs, dont certains assez importants, qui ont subi des pertes de 80 % de leurs colonies, ou plus, et nous parlons de personnes qui ont entre 400 et plus de 10 000 ruches », a-t-il déclaré à la CBC, ajoutant que si un apiculteur perd plus de 80 % de ses colonies, il passera le reste de l’été à essayer de récupérer, ce qui entraînera une perte de revenus importante.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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