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Monde. Adolescents transgenres : la justice britannique accorde la décision d’un traitement aux médecins

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Le 17 septembre, la Cour d’appel de Grande-Bretagne a annulé une décision de la Haute Cour de Londres concernant l’utilisation de médicaments bloquant la puberté chez les adolescents transgenres. Les mineurs de moins de 16 ans seront désormais autorisés à suivre un traitement sans le consentement de leurs parents.

Les médicaments inhibant la puberté, visent à empêcher le corps d’un enfant d’atteindre un état de reproduction sexuelle. Administrés sous forme d’implants ou d’injections, ces médicaments bloquent les hormones qui déclenchent les changements de la puberté, comme la croissance des tissus mammaires, des testicules et de la pilosité faciale, ainsi que l’apparition des menstruations.

Dans le passé, ces médicaments étaient surtout utilisés pour traiter des problèmes médicaux qui entraînaient une maturation précoce du corps de l’enfant. Toutefois, ces derniers temps, ces médicaments ont été réorientés vers les enfants souffrant de dysphorie de genre, une situation dans laquelle leur identité de genre ne correspond pas à leurs caractéristiques physiques. Le but de retarder la puberté est de donner à l’enfant et aux parents le temps de réfléchir à leur avenir.

En décembre 2020, la Haute Cour avait jugé que les adolescents transgenres de moins de 16 ans n’avaient pas la capacité de donner un consentement éclairé pour des traitements médicaux retardant la puberté.

« Il est hautement improbable qu’un enfant âgé de 13 ans ou moins soit compétent pour consentir à l’administration de bloqueurs de puberté… Il est douteux qu’un enfant âgé de 14 ou 15 ans puisse comprendre et peser les risques et les conséquences à long terme de l’administration de bloqueurs de puberté » avait déclaré la Haute Cour.

Cette décision a été prise suite à une action en justice, menée par deux plaignantes, contre le Tavistock and Portman NHS Trust, un organisme public qui gère le seul service de changement d’identité de genre pour les mineurs au Royaume-Uni. L’une des plaignantes, Keira Bell, 23 ans, a fait valoir que la clinique aurait dû contester sa décision de transition vers le sexe masculin.

« J’ai pris une décision effrontée en tant qu’adolescente, comme beaucoup d’adolescents le font, en essayant de trouver la confiance et le bonheur, sauf que maintenant le reste de ma vie sera affecté négativement », a déclaré Keira Bell à la Haute Cour l’année dernière. Keira Bell a déclaré que sa vie aurait été « très différente » si la décision de justice avait été rendue avant qu’elle ne décide de prendre des bloqueurs de puberté. Elle a ajouté que cette décision « protégerait les jeunes gens vulnérables ». À la suite de son traitement, Keira Bell n’a pas de seins complètement développés et a plutôt une pilosité accrue, une barbe et une voix grave. Ses fonctions sexuelles et procréatives ont été affectées.

Cette décision de la Haute Cour a été annulée par la Cour d’appel le 17 septembre. Les juges ont déclaré que la Haute Cour n’était « pas en mesure de généraliser » sur la capacité d’une personne à comprendre si elle doit prendre ou non des bloqueurs de puberté. La Haute Cour a été accusée d’avoir émis des directives « inappropriées » en la matière. La décision de savoir si un mineur est suffisamment compétent pour consentir à prendre des inhibiteurs d’hormones est considérée comme relevant des cliniciens plutôt que des tribunaux.

« L’effet de ces directives était d’exiger des demandes au tribunal dans des circonstances où le tribunal de division (une branche de la haute cour) lui-même avait reconnu qu’il n’y avait aucune obligation légale de le faire. Cela a placé les patients, les parents et les cliniciens dans une position très difficile… Dans la pratique, les directives auraient pour effet de refuser le traitement dans de nombreuses circonstances, faute de ressources pour faire une telle demande, avec un retard inévitable dû à l’implication du tribunal », ont déclaré les juges.

À la suite de la décision de la Cour d’appel, Keira Bell a déclaré qu’elle était « surprise et déçue » par cette décision. Cependant, elle ne regrette pas d’avoir porté l’affaire devant les tribunaux. « Cela a permis de faire la lumière sur les recoins sombres d’un scandale médical qui nuit aux enfants et qui m’a fait du tort », a déclaré Keira Bell. Elle prévoit de demander l’autorisation de faire appel de l’affaire devant la Cour suprême. Keira Bell a ajouté que ce service médical est devenu « politisé ».

Bien que les militants affirment que les inhibiteurs d’hormones aident les enfants souffrant de dysphorie de genre à gérer le stress et les pensées suicidaires, la recherche a mis en garde contre les effets négatifs graves de la prise de ces médicaments.

Selon une étude du Journal of the Endocrine Society (JES), qui a suivi pendant deux mois des mineurs transgenres prenant des inhibiteurs d’hormones, l’utilisation de ces médicaments a entraîné une diminution de la densité minérale osseuse à l’âge adulte. Une autre étude menée au Canada a révélé que les médicaments retardaient temporairement la fertilité et la croissance verticale.

Rédacteur Fetty Adler

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