La véritable guerrière amazone est-elle russe ?

Par Vision Times
Le 27/01/2020
 
Bataille des Amazones, par Peter Paul Rubens, 1618. (Image: wikimedia / CC0 1.0)
Bataille des Amazones, par Peter Paul Rubens, 1618. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
 

Des chercheurs russes ont découvert une ancienne tombe contenant les vestiges de quatre amazones (femmes guerrières) d’âges différents. La fouille a été menée par la Don Archaeological Expedition, de l’Institut d’archéologie de l’Académie des sciences de Russie. Les amazones sont devenues populaires dans le monde entier grâce au personnage de la bande dessinée Wonder Woman, de DC, créé par William Moulton Marston, qui incarne cette catégorie de femmes guerrières.

Les femmes guerrières

«Les Amazones sont un thème commun aux Scythes et, au cours de la dernière décennie, notre expédition a découvert environ 11 tombes de jeunes femmes armées… Des tombeaux séparés ont été préparés pour elles et tous les rites funéraires habituellement rendus aux hommes ont été également accomplis pour elles», a déclaré à CNN Valerii Guliaev, chef de l’expédition. Dans un des tombeaux particulier, fait de chêne et de blocs d’argile, l’équipe a trouvé quatre femmes. Les Scythes étaient une tribu nomade qui vivait entre 900 et 200 avant notre ère dans la région sibérienne. L’une des choses les plus uniques de ces tribus est que contrairement aux autres cultures de l’époque, elles incluaient un certain nombre de femmes guerrières.

L’âge de la plus jeune femme dans la tombe est estimé à 12 ou 13 ans, la seconde entre 20 et 29 ans, la troisième entre 25 et 35 ans, et la plus âgée entre 45 et 50 ans. L’âge de la femme la plus ancienne a surpris les chercheurs, car l’espérance de vie moyenne des femmes scythes à cette époque était d’environ 30 à 35 ans. Les objets trouvés dans la tombe, datés du IVe siècle avant J.-C., comprennent un crochet en fer en forme d’oiseau, des pointes de flèche en fer, des couteaux en fer, des crochets de harnais, des harnais de chevaux, des récipients moulés et des os d'animaux.

 

«L'Amazone se prépare à la bataille», Pierre-Eugène-Emile Hébert, 1860. (Image: wikimedia / CC0 1.0)
«L’Amazone se prépare à la bataille», Pierre-Eugène-Emile Hébert, 1860. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
 

Dans la tombe des jeunes filles, il y avait un vase cassé, recouvert de laque noire, avec des motifs rouges en forme de palmettes. L’une des jeunes femmes aurait été enterrée en tant que «cavalière», comme en témoignent les tendons coupés de ses jambes, et comme le voulait la coutume à l’époque pour les personnes qui occupaient de tels postes. La femme la plus âgée avait été enterrée avec une coiffe de cérémonie. Ses bijoux étaient faits d’un mélange de cuivre, d’argent, de fer et d’or. Il y avait aussi une pointe de flèche en fer et un couteau en fer, enveloppés dans un morceau de tissu. 

«C’​​​​​​​était une société égalitaire… Le fait d’avoir des âges différents est important parce que les gens pensaient auparavant que les mères ne se battaient pas parce qu’elles avaient des enfants… Dans ces petites tribus des steppes rudes, il est logique que chaque personne ait les mêmes aptitudes et compétences pour défendre la tribu, si nécessaire… Cela confirme que ces femmes ont vraiment été des guerrières tout au long de leur vie», a déclaré a The Washington Post, Adrienne Mayor, dans son livre Amazones : Lives and Legends of Warrior Women Across the Ancient World.

 

Mosaïque romaine antique représentant une amazone armée d'un labrys, engagée dans un combat avec un cavalier, 4e siècle après J.-C. (Image: wikimedia / CC0 1.0)
Mosaïque romaine antique représentant une amazone armée d’un labrys, engagée dans un combat avec un cavalier, 4e siècle après J.-C. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
 

Les Amazones

La première mention des femmes guerrières apparaît dans l’Iliade d’Homère. Ces femmes étaient apparemment très féroces, s’unissaient avec leurs adversaires masculins vaincus, portaient leurs enfants et ne gardaient que les enfants de sexe féminin. D’aprés le livre, elles vivaient dans la région autour de la mer Noire. Une légende populaire attribue le nom d’Amazone aux femmes qui coupaient leur sein droit pour mieux tirer à l’arc. Cependant, cette croyance sans fondement a été écartée.

John Caloruso, de l’université McMaster, adopte une théorie différente qui est plus largement acceptée: «Les Scythes étaient proches d’une tribu voisine, les Circassiens, qui vivaient dans les montagnes du Caucase. Les Circassiens avaient un personnage de légende nommée Lady Nart Sana, qu’ils révéraient sous le nom de "Mère de la forêt" et dont la prononciation dans leur langue était "A-maz-ahn"», selon Top Tenz.

Il est intéressant de noter que le concept de femmes guerrières n’est pas unique aux Grecs. Les anciens récits chinois font état de l’existence de telles tribus entre 300 av. J.-C. et 100 ap. J.-C. Ces femmes étaient pour la plupart des guerrières à cheval et pratiquaient souvent le tir à l’arc plutôt que le combat au corps à corps.

 

Traduit par Swanne

Version en anglais : Is the Real Wonder Woman From Russia?