Quand la crise sanitaire s’invite à la rentrée scolaire

Par Sarita Modmesaib
Le 30/08/2020
(Image : Alexandra_Koch / Pixabay)
La rentrée scolaire qui s’annonce dès le 1er septembre 2020, se présente sous des auspices encore flous. (Image : Alexandra_Koch / Pixabay)

La rentrée scolaire qui s’annonce dès le 1er septembre 2020, se présente sous des auspices encore flous. En France, un nouveau protocole sanitaire a été soumis à la communauté scolaire ce 26 août, mais parents et personnels scolaires se posent de nombreuses questions.

« J’appelle de mes vœux le retour de tout le monde, élèves comme enseignants », confiait ainsi le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, à la presse ce mercredi 26 août.

Les contaminations au Covid-19 ne faiblissant pas et les cas recensés après test étant toujours plus nombreux, la rentrée scolaire de cette année 2020 s’apparente à l’exercice périlleux d’un équilibriste.

Aussi, le protocole sanitaire de juillet qui assouplissait les règles précédentes, demeure « encore très valable », selon le ministre, mais a dû être réajusté, notamment concernant le port du masque. Il n’exclut pas non plus, la possibilité de durcir ce protocole en cas d’aggravation.

Le nouveau protocole sanitaire précise « les modalités applicables à la rentrée scolaire 2020 dans les écoles, les collèges et les lycées dans un cadre sanitaire normal ».

 

« Le ministre n’exclut pas non plus, la possibilité de durcir ce protocole en cas d’aggravation ». (Image : UzbekIL / Pixabay)
« Le ministre n’exclut pas non plus, la possibilité de durcir ce protocole en cas d’aggravation ». (Image : UzbekIL / Pixabay)
 

Si la distanciation physique n’est plus obligatoire, à l’intérieur comme en extérieur, les gestes barrière doivent être appliqués : lavage des mains à l’arrivée dans l’établissement, avant et après chaque repas et chaque récréation, avant de rentrer chez soi ou dès l’arrivée au domicile.

De même, la limitation du brassage entre classes et groupes d’élèves n’est plus obligatoire, mais « le déroulement de la journée et des activités scolaires est organisé pour limiter les regroupements et les croisements importants. »

« Normalement, les emplois du temps sont conçus de façon à ce que les élèves de seconde ne croisent pas les élèves de première, de terminale, et vice-versa », a illustré Jean-Michel Blanquer.

L’aération et la désinfection des locaux seront encore pratiquées avec régularité, aération pendant au moins 15 minutes dès que ce sera possible (récréations, pause déjeuner) et désinfection de toutes les surfaces fréquemment touchées (nettoyage des sols, tables, désinfection des poignées de porte…) au moins une fois par jour.

Jean-Michel Blanquer a aussi plébiscité les classes de plein air, « même quand il n’y a pas de crise sanitaire, c’est une très bonne idée (…) Ce sera peut-être un des acquis de la crise sanitaire », a-t-il estimé.

Du côté des familles, il est bien sûr demandé aux parents de « ne pas envoyer un enfant en classe en cas de fièvre (38° C ou plus) ou en cas d’apparition de symptômes évoquant le Covid-19 chez lui ou dans la famille. »

Les personnels doivent aussi s’appliquer les mêmes règles.

Tous les plus de 11 ans masqués

Quelques 12 millions d’élèves et 800 000 enseignants reprendront le chemin de l’école, avec le masque pour tous les plus de 11 ans. L’exception faite aux enseignants de maternelle n’est plus, et tous devront porter le masque « dans les espaces clos et extérieurs même quand la distanciation d’au moins un mètre est garantie ».

 

« Le masque est obligatoire pour tous, adultes, collégiens et lycéens, à l’intérieur des bâtiments, mais aussi en cour de récré ou dans les couloirs. » (Image : Alexandra_Koch / Pixabay)
« Le masque est obligatoire pour tous, adultes, collégiens et lycéens, à l’intérieur des bâtiments, mais aussi en cour de récré ou dans les couloirs. » (Image : Alexandra_Koch / Pixabay)
 

En d’autres termes, le masque est obligatoire pour tous, adultes, collégiens et lycéens, à l’intérieur des bâtiments, mais aussi en cour de récré ou dans les couloirs…

Une obligation qui crée la polémique en ce qui concerne les familles pour qui l’achat de masques reste à leur charge. Ce coût supplémentaire dans l’achat des fournitures peut ainsi poser problèmes pour les familles les plus modestes, avec le risque sanitaire qu’un même masque soit réutilisé de nombreuses fois…

Cependant, « si un élève arrive dans un établissement sans masque, l’établissement lui en fournira un. Aucun élève ne se trouvera exclu de l’école parce qu’il n’a pas de masque », a précisé Jean-Michel Blanquer.

Certaines collectivités ont ainsi décidé d’apporter leur contribution, à l’image de la région Ile-de-France qui offrira deux masques en tissu lavable à chacun de ses 522 000 lycéens, qu’ils soient inscrits dans le public ou le privé.

Les départements du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine fourniront aussi deux masques lavables et réutilisables à leurs collégiens.

Des mesures en faveur des élèves et des personnels de l’Education

Avec le confinement, plus de 900 000 enfants auraient décroché, selon le ministère de l’Education nationale. Aussi, le ministre souhaite durcir les évaluations diagnostiques, notamment pour l’entrée en sixième, afin d’avoir une estimation précise des effets du confinement sur les élèves.

Parallèlement, pour une meilleure prise en charge des élèves, il a aussi annoncé l’ouverture de 1 600 postes dans le premier degré et d’1,5 million d’heures supplémentaires dans le second degré.

« Il n’y aura aucune fermeture de classe dans le primaire dans les communes de moins de 5 000 habitants sans l’accord du maire ».

Autre prise en compte, la revalorisation du métier d’enseignant, laquelle passe par une augmentation des salaires : « Nous avons préparé un budget qui nous permettra de consacrer 400 millions d’euros à la rémunération des professeurs », a déclaré Jean-Michel Blanquer.

Les directeurs d’école, dont le statut est remis en cause pour une reconnaissance salariale et hiérarchique, ne sont pas oubliés. Deux jours de formation par an, attribution de décharges ponctuelles complémentaire… ces mesures devraient favoriser « plus d’autonomie et moins de charges ». D’ores et déjà, une indemnité exceptionnelle de 450€ leur sera versée en remerciement de leur implication durant le confinement.