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Monde. Les Ouïghours sont désormais confrontés à une double menace : le Parti communiste chinois et les Talibans

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Le premier ministre du gouvernement en exil du Turkestan oriental, Salih Hudayar, a récemment déclaré que la Chine cherchait activement à coopérer avec les Talibans. Après que le groupe terroriste ait pris le contrôle de l’Afghanistan, la Chine communiste a été l’un des premiers pays à chercher à légitimer son pouvoir.

Le gouvernement en exil du Turkestan oriental est un organe élu démocratiquement, qui représente les habitants de la région occidentale de la Chine, principalement du Xinjiang, où vit le groupe ethnique des Ouïghours. Le gouvernement communiste chinois a mené une campagne de lavage de cerveau à l’encontre des Ouïghours, cherchant à éradiquer leur culture. Depuis au moins 2017, Pékin aurait créé jusqu’à 1 200 camps d’internement. Les survivants de ces camps ont accusé le Parti Communiste Chinois (PCC) de viols collectifs, de torture, d’esclavage et de prélèvements forcés d’organes.

Dans une interview accordée à Breitbart, Salih Hudayar a déclaré que la Chine prenait la coopération avec les talibans « très au sérieux ». Cette coopération est essentielle pour la sécurité et la poursuite de la nouvelle route de la soie « Belt and Road Initiative » (BRI)) de Pékin. La BRI est un plan d’infrastructure de mille milliards de dollars qui vise à étendre l’influence chinoise dans le monde entier par le biais de ports, de chemins de fer et d’autres projets similaires.

Salih Hudayar a indiqué que la construction de la base navale chinoise dans le port de Gwadar, dans la région du Baloutchistan (Pakistan), vise à étendre la présence du PCC dans le golfe Persique. Un aéroport est également en cours de construction à Tashkurgan, dans le Turkestan oriental, pour atteindre cet objectif. Compte tenu des stations radar que Pékin a installées aux Maldives et dans d’autres endroits, « il est clair que la Chine étend son filet », a-t-il dit.

Pour que les Talibans puissent assurer leur pouvoir, il sera nécessaire d’apporter des fonds pour éviter que le pays ne retourne à une guerre civile. Selon le leader ouïghour, la Chine communiste est le seul pays qui apportera un soutien financier aux talibans.

« Pour rester au pouvoir, les talibans doivent faire plaisir au peuple afghan et développer le pays dans une certaine mesure. Il faut beaucoup d’argent, d’expertise et de stratégie pour atteindre cet objectif », a expliqué Salih Hudayar.

Il prédit également que les talibans ne « rompront jamais » les liens avec la Chine communiste, même si Pékin commet un génocide contre les musulmans ouïghours. Les talibans ont déjà déclaré qu’ils n’interviendraient pas dans les « questions internes » de la Chine, ce qui laisse entendre qu’ils fermeraient les yeux sur la persécution des Ouïghours. Salih Hudayar attribue également à Pékin l’existence de djihadistes ouïghours sous l’égide des talibans. Il affirme que le régime chinois approuve la présence de ces djihadistes afin de pouvoir continuer à dépeindre les Ouïghours comme des terroristes potentiels.

« Ces djihadistes existeront aussi longtemps que la Chine en aura besoin et ils seront désarmés du jour au lendemain si la Chine le souhaite. Il est important de noter que ces djihadistes ont depuis longtemps prêté allégeance aux talibans et qu’ils ont désigné les talibans comme ( l’émir commandant des musulmans), ils doivent donc obéir aux talibans », a déclaré Salih Hudayar, ajoutant que la montée des talibans représentait une aubaine pour le gouvernement chinois et une menace pour le monde.

« Nous craignons que les talibans aident la Chine à contrôler nos mouvements, ou qu’ils nous arrêtent et nous remettent à la Chine. La communauté ouïghoure d’Afghanistan est désormais confrontée à une double menace : les Talibans et la Chine. L’erreur de calcul chronique du gouvernement a laissé des millions de personnes vulnérables », a tweeté Afzal Khan, député travailliste britannique de Manchester Gorton.

Le PCC et les talibans

Srikanth Kondapalli, professeur d’études chinoises à l’université Jawaharlal Nehru de New Delhi, en Inde, a déclaré à The Epoch Times que les liens entre le PCC et les talibans remontent aux années 1970. C’est à cette époque que les services de renseignement de Pékin ont formé des combattants moudjahidines contre la présence de l’Union soviétique dans le pays. Un ancien chef d’état-major adjoint de l’APL a déclaré que la Chine communiste fournissait des armes, notamment des missiles et des AK-47, aux moudjahidines du Xinjiang et des régions voisines.

Juste avant la fin de l’année 2000, le Conseil de sécurité des Nations unies a proposé de sanctionner les talibans pour les obliger à fermer les camps d’entraînement terroristes d’Oussama ben Laden. Cependant, la Chine s’est abstenue de voter et a même envoyé du personnel militaire pour soutenir les talibans après que les États-Unis aient commencé à effectuer des frappes aériennes.

« L’ambassadeur de Chine au Pakistan a proposé au mollah Omar [chef des talibans] de ne pas aider les Ouïghours, [en échange] de la protection des talibans au [Conseil de sécurité]. Après le 11 septembre, la Chine a maintenu ses liens avec les talibans et avec l’ISI du Pakistan, qui les soutient, et a exprimé l’idée que le gouvernement de Kaboul devait avoir une large assise », a expliqué Srikanth Kondapalli.

Selon l’analyste politique Bradley Jardine, la coopération entre les talibans et le PCC constitue une menace majeure pour les Ouïghours en Afghanistan. Comme les Talibans contrôlent désormais les dossiers gouvernementaux, ils peuvent donner à Pékin l’accès aux cartes d’identité qui peuvent être utilisées pour capturer les Ouïghours dans le pays et les expulser vers la Chine.

« Historiquement, les Talibans ont essayé de déplacer les populations ouïghoures en Afghanistan pour les surveiller… Il existe également des cas où les talibans ont déporté des Ouïghours des régions qu’ils contrôlaient en Afghanistan », a indiqué Bradley Jardine, chercheur à l’Institut Kissinger sur la Chine et les États-Unis au Wilson Center à Washington, à Radio Free Asia.

Rédacteur Swanne Vi