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Monde. Nouvelle étude : l’immunité naturelle offre une protection robuste contre le variant Delta

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Selon une nouvelle étude publiée le 3 décembre 2021 dans la revue Clinical Infectious Diseases, par des chercheurs de la Cleveland Clinic dans l’Ohio, une infection antérieure par le SRAS-CoV-2 confère une protection importante contre la réinfection par le variant Delta de la Covid-19.

Les auteurs ont mené une étude de cohorte rétrospective sur 325 157 patients qui ont subi un test de dépistage Covid entre le 9 mars et le 31 décembre 2020, et une autre étude sur 152 656 patients testés du 9 mars au 30 août 2020, avec un suivi jusqu’au 9 septembre 2021. La principale recherche de l’étude concernait la réinfection, définie comme un « test PCR positif > 90 jours après le test positif initial ».

Immunité naturelle à 13 mois, sans signe d’affaiblissement de la protection

Le variant Delta, signalé pour la première fois en Inde en décembre 2020, représentait 93,7 % des virus séquencés aux États-Unis au 24 juillet 2021. En ce qui concerne une infection antérieure, les auteurs citent de multiples études menées aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Danemark qui « décrivent une réduction d’environ 85 % du risque de réinfection pendant 5 à 7 mois », mais fournissent des données limitées sur la « durée de l’immunité au-delà de cette période. »

D’autre part, ils notent que « des résultats récents suggèrent que les réponses immunologiques induites par le vaccin (par exemple, les anticorps neutralisants) s’estompent après 6 mois. »

Les résultats sur la durée de protection offerte par l’immunité naturelle sont importants, car ils peuvent contribuer à limiter la pression des gouvernements quant à l’obligation vaccinale. Selon les Centers for Disease Control and Prevention - CDC (Centres pour le Contrôle et la Prévention des maladies), au 16 novembre 2021, le nombre total d’infections aux États-Unis était estimé à 146,6 millions.

Aux États-Unis, le nombre d’infections par tranche d’âge pour les catégories 0 à 17 ans, 18 à 49 ans, 50 à 64 ans et plus de 65 ans, était respectivement de 25,8 millions, 75,2 millions, 27,4 millions et 18 millions. Ainsi, les implications des études sur l’immunité naturelle s’appliquent à près de la moitié des Américains.

Les chercheurs de la Cleveland Clinic ont constaté que « la protection globale d’une infection antérieure contre une réinfection pendant la période de dominance du variant Delta était de 85,4 % ». Il est intéressant de noter qu’en comparant la protection des patients âgés de 65 ans ou plus et celle des patients âgés de 0 à 64 ans, les personnes âgées présentaient un taux de réinfection plus élevé, 87,9 % contre 75,1 %, bien que le résultat ne soit pas statistiquement significatif (p=0,06).

Sur la base des analyses d’efficacité à long terme menées sur 153 656 personnes, les auteurs ont rapporté une protection contre la réinfection de 85,7 %, avec une protection de 92,0 % contre l’infection symptomatique et de 52,2 % contre l’infection asymptomatique.

De plus, après que les données aient montré que dans les « 5 premiers mois, la protection contre la réinfection dépassait 90 % jusqu’à 13 mois après l’infection initiale », l’équipe n’a trouvé « aucune preuve d’une diminution de la protection jusqu’à 13 mois ».

Les résultats de cette étude confirment ceux d’études in vitro antérieures, ou d’études menées en laboratoire, qui démontrent « la persistance d’anticorps ayant une activité neutralisante pendant au moins 12 mois. »

Les limites de l’étude incluent un manque d’accès aux tests en dehors du système de santé de la Cleveland Clinic, l’absence de déclaration par des patients infectés qui n’ont pas été testés, et l’incapacité de « distinguer entre les données manquantes et les doses de vaccin nulles. »

Les résultats de l’étude suggèrent également que « certains pays pourraient s’approcher de l’immunité collective contre les futurs variants en raison de la protection offerte par la combinaison d’infections antérieures de SRAS-CoV-2 et de vaccinations Covid-19. »

« Compte tenu des nombreux cas supplémentaires de Covid-19 en 2021, les États-Unis pourraient se rapprocher de l’immunité collective. »

L’étude conclut : « L’infection par le SRAS-CoV-2 est hautement protectrice contre la réinfection par le variant Delta. L’immunité contre une infection antérieure dure au moins 13 mois. Les pays confrontés à des pénuries de vaccins devraient envisager de retarder les vaccinations pour les patients précédemment infectés afin d’en accroître l’accès. »

Les auteurs de l’étude notent que l’immunité naturelle n’est pas reconnue aux États-Unis, ce qui, soulignent-ils, « contraste avec les politiques de plusieurs autres pays, qui reconnaissent l’immunité conférée par une infection antérieure à la Covid-19 », notamment Israël, l’Union européenne et le Royaume-Uni.

Rédacteur Fetty Adler

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