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Monde. Une lanceuse d’alerte licenciée pour avoir accusé l’ONU de fournir les noms de militants chinois à Pékin

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Emma Reilly, une lanceuse d’alerte, avocate des droits de l’Homme travaillant pour les Nations Unies, a fait l’objet d’un licenciement peu de temps après avoir accordé une interview au journal français Le Monde, l’informant de l’influence de la Chine au sein de l’ONU.

Emma Reilly a informé ses supérieurs lorsqu’elle a appris que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) avait transmis aux autorités chinoises les noms de militants des droits de l’homme devant assister au Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH) à Genève, Suisse.

Emma Reilly a indiqué que cette action avait conduit Pékin à faire pression sur les opposants pour les dissuader de se rendre à Genève. Elle a également révélé que les autorités chinoises l’ont depuis menacée, elle et sa famille, après son rapport à l’ONU.

La sénatrice républicaine du Tennessee Marsha Blackburn, qui est à l’origine d’un projet de loi visant à limiter l’influence de Pékin au sein de l’ONU, a déclaré à Fox News qu’il fallait agir davantage pour réguler l’influence croissante du Parti communiste chinois (PCC) au niveau mondial, et en particulier au sein de l’ONU.

« La campagne d’influence malveillante du PCC au sein des Nations Unies est un secret de polichinelle qui met continuellement en danger la vie des dissidents chinois », a-t-elle expliqué.

Le monde « ne peut plus fermer les yeux »

La lanceuse d’alerte a déclaré : « La communauté internationale ne peut plus fermer les yeux sur les abus flagrants de Pékin. Aucun dénonciateur ne devrait être licencié pour avoir révélé comment les Nations Unies aident la Chine communiste à exploiter et à maltraiter les Ouïghours musulmans. Plus tôt cette année, j’ai introduit la loi sur la transparence et la responsabilité des Nations Unies pour renforcer le leadership de l’Amérique dans le système des Nations Unies et dénoncer le PCC pour ses crimes. »

Elle a partagé le contenu de la lettre du bureau des ressources humaines de l’ONU, qui énumère les raisons de son licenciement. La lettre de licenciement indique que les infractions qu’elle a commises incluent la communication avec les médias, les États membres de l’ONU et les missions de l’ONU à New York et à Genève.

Cette avocate spécialisée dans les droits de l’homme, de nationalité britannique et irlandaise, a déclaré qu’en dépit du fait qu’ils étaient au courant de sa situation, les gouvernements britannique et irlandais ne sont pas intervenus et n’ont apporté aucun soutien en sa faveur.

Une lanceuse d’alerte licenciée pour avoir accusé l’ONU de fournir les noms de militants chinois à Pékin
Emma Reilly dénonce depuis des années les abus de pouvoir qui se produisent au sein des Nations unies. (Image : Capture d’écran / Twitter)

« L’ONU m’accuse uniquement d’avoir désobéi à un ordre de se taire. Je ne suis pas accusée de mentir. J’avais le devoir en tant qu’être humain, et encore plus en tant que responsable des droits de l’homme, de le dire à la presse alors que le dire à mes supérieurs et aux gouvernements n’avait aucun impact. Se taire face à un génocide, c’est se ranger du côté de l’oppresseur. Je laisse cela au Secrétaire général et au Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme », a indiqué Emma Reilly.

Anna Myers, directrice exécutive du Whistleblowing International Network (WIN) (Réseau International de Dénonciation), une organisation internationale qui œuvre à la défense et au soutien des lanceurs d’alerte, a déclaré aux journalistes que la situation était « scandaleuse ».

« Il y a juste trop de cas de bonnes personnes aux Nations Unies qui sont écrasées lorsqu’elles parlent de problèmes graves, y compris d’abus sexuels », a-t-elle déclaré. « Cette situation est scandaleuse. Les dénonciateurs continueront à porter seuls le chapeau, à moins que les États membres n’exigent de l’ONU qu’elle mette en œuvre les protections du XXIe siècle et qu’elle agisse sur les problèmes soulevés. Ils peuvent commencer par s’assurer que les lanceurs d’alerte de l’ONU sont protégés lorsqu’ils s’adressent directement à eux. »

Le réseau international d’information WIN (Whistleblowing International Network) a également publié une déclaration de soutien à Emma Reilly et a condamné l’ONU pour avoir cédé aux pressions du gouvernement chinois, concernant cet abus de pouvoir manifeste. Il a également demandé au Secrétaire général António Guterres et à l’Assemblée Générale de l’ONU de s’engager publiquement à adopter des réformes essentielles qui protégeraient les lanceurs d’alerte contre le licenciement pour avoir divulgué des informations sensibles.

La déclaration compte plus de 41 signataires issus d’organisations du monde entier.

Rédacteur Fetty Adler

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