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Monde. Guerre en Ukraine : la Russie bloque Facebook et Twitter, qu’elle accuse de désinformation

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La Fédération de Russie a bloqué plusieurs grandes entreprises technologiques, notamment Facebook, Twitter et YouTube, qu’elle accuse de désinformation sur la guerre en Ukraine.

Le 4 mars, le service fédéral russe de supervision des communications, des technologies de l’information et des médias, Roskomnadzor, a annoncé le blocage de Facebook et de Twitter.

Selon le Washington Examiner, YouTube n’était également plus disponible en Russie le même jour.

Le Financial Times a cité une déclaration de l’organe gouvernemental, justifiant l’interdiction: « Depuis octobre 2020, il y a eu 26 cas de discrimination contre les médias et les ressources d’information russes par Facebook ».

Le média a précisé qu’Instagram et WhatsApp, qui appartiennent aussi à la société mère Meta, sont restés actifs.

Dans un tweet le même jour, le président des affaires mondiales de Meta, Nick Clegg, a qualifié l’interdiction de malheureuse, indiquant que « des millions de Russes ordinaires  seront bientôt privés d’informations fiables. »

Depuis que le président Vladimir Poutine a annoncé le déclenchement d’une opération militaire spéciale en Ukraine pour renverser le régime Zelensky au pouvoir, le pays a été soumis à une vague sans précédent de « cancel culture » (culture du bannissement ou de la dénonciation) de la part des multinationales, des institutions bancaires et de la Big Tech elle-même, de différents pays.

Selon le Washington Examiner, le vice-premier ministre ukrainien Mykhailo Fedorov a directement demandé à YouTube de bloquer les médias de propagande russes, « qui nous traitent de nazis et de toxicomanes, mentent et encouragent la guerre. J’ai demandé à Meta de bloquer Facebook et Instagram. J’ai demandé à Netflix de bloquer le service en Russie », selon une publication du 26 février sur Facebook, en Cryillic.

La réponse de la Russie fait suite à une initiative de Meta, qui a décidé de réduire de manière algorithmique la visibilité du contenu publié par les médias d’État russes et d’interdire à ces derniers de percevoir des revenus ou de faire de la publicité sur Facebook et Instagram, selon Forbes.

Twitter a choisi d’étiqueter les comptes et les posts affiliés à la Russie, avec la mention « ce tweet renvoie vers le site d’un média affilié au gouvernement russe », tout en interdisant également les publicités en Ukraine et en Russie.

L’application de messagerie Telegram a bloqué les comptes officiels de Russia Today et de Sputnik News sur sa plateforme en réponse à la pression de l’Union européenne, qui a qualifié l’autorisation de la propagande russe par la plateforme de « moyen de propagande de guerre ».

Un commissaire de l’Union européenne a déclaré à Politico: « nous n’aurons de cesse que chacun, y compris les services de messagerie, prenne ses responsabilités en contrant la propagande de guerre du Kremlin. »

De même, Brad Smith, le PDG de Microsoft a annoncé suspendre « les nouvelles ventes » de ses produits et services en Russie, dans un article de blog publié le 4 mars.

Brad Smith a déclaré que son entreprise servait effectivement une forme de soft power international, qui « travaille en étroite collaboration avec les gouvernements des États-Unis, de l’Union européenne et du Royaume-Uni ».

« Nous pensons que nous sommes plus efficaces pour aider l’Ukraine lorsque nous prenons des mesures concrètes en coordination avec les décisions prises par ces gouvernements et nous prendrons des mesures supplémentaires à mesure que cette situation continue d’évoluer », a-t-il ajouté.

Brad Smith a également affirmé que l’entreprise s’efforçait d’empêcher les pirates russes de compromettre les actifs financiers du gouvernement et du secteur financier ukrainiens.

Selon le réseau Engadget, le moteur de recherche Bing continuerait d’afficher le contenu de RT et de Sputnik. « Toutefois, Microsoft " déclasse encore " ses résultats de recherche pour s’assurer que les liens n’apparaissent que lorsqu’une personne a clairement l’intention de visiter ces sites. »

Le 1er mars, le moteur de recherche alternatif à Google, DuckDuckGo, a annoncé qu’il suspendait son partenariat avec le « Google russe » Yandex, lors d’une audition au Congrès.

Le 3 mars, Yandex a déclaré à ses actionnaires qu’elle risquait de se retrouver en défaut de paiement après que le Nasdaq et le NYSE aient suspendu toute cotation de sociétés basées en Russie.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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