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Culture. Analogies entre Lao Tseu et Socrate (2/11)

TENDANCE > Culture

Lao Tseu à gauche, Socrate à droite. (Photo : Shenyunperformingarts.org)

Cette série de dix articles présente les « similitudes » incontestables entre des personnages historiques du passé de la Chine et de l’Occident. Comment se seraient entendus Lao Tseu (v. 570 - v. 490 av. J.-C.) et Socrate (v.470/469 - v. 399 av. J.-C.) s’ils s’étaient rencontrés ? Indépendamment des barrières linguistiques, sur quoi se seraient-ils entretenus ?

Ces deux sages très estimés étaient d’une grande clairvoyance, et ce qu’ils disaient comportait plusieurs sens. Dans un esprit ludique, nous avons rassemblé quelques-unes de leurs citations bien connues et imaginé une conversation menée dans un ancien marché gréco-chinois en plein air.

Tout en observant l’agitation du monde des mortels, chacun d’eux exprime ses pensées. Notez à quel point leurs avis sur certains sujets convergent. Bien sûr, lorsque Lao Tseu et Socrate ont pris la parole il y a quelque 2 500 ans, leur situation et le public auquel ils s’adressaient n’étaient pas les mêmes. Tout en gardant cela à l’esprit… écoutez et appréciez !

Secret du bonheur

En regardant les gens se rendre de boutique en boutique, leurs achats sous le bras, Socrate note : « Celui qui se contente de peu est riche. Car le contentement est la richesse de la nature. »

Tout en caressant sa longue barbe blanche et en acquiesçant de la tête, Lao Tseu répond : « Savoir se contenter de ce que l’on a, c’est être riche. »

Au milieu du vacarme et des cris des vendeurs vantant leurs marchandises, Socrate dit en souriant : « Le silence est une profonde mélodie pour ceux qui peuvent l’entendre au-delà du bruit. »

« Connais-toi toi-même. », ajoute Socrate.

« Connaître les autres, c’est être sage. », dit Lao Tseu. « Se connaître soi-même, c’est être éclairé. »
Un noble de passage surprend leur conversation, et réalise que tous les deux sont des hommes de sagesse. Malgré sa richesse, le noble est souvent submergé de tristesse. Il essaie de se faire plaisir en achetant des choses. Pourtant, le bonheur ainsi procuré est éphémère. Il s’approche des deux hommes et leur demande le secret du vrai bonheur.

En soupirant, Lao Tseu lui dit : « Si ton bonheur dépend de l’argent, tu ne seras jamais heureux avec toi-même. »

Socrate console le noble et lui explique : « Le secret du bonheur, voyez-vous, ne consiste pas à rechercher plus, mais à développer la capacité de profiter avec moins. »

L’homme est stupéfait par cette simple révélation et sa vision de la vie s’en trouve complètement bouleversée. Il les remercie et, plongé dans ses pensées, poursuit son chemin…

Vraie sagesse

Lao Tseu et Socrate, souvent considérés respectivement comme les pères des philosophies orientale et occidentale, ont parlé de vérités universelles. Les similitudes entre leurs enseignements sont fascinantes et vraiment admirables. Ils semblaient même s’accorder sur le fait de ne pas savoir :

Lao Tseu : « Reconnaître que l’on ne comprend pas est une vertu, ne pas reconnaître que l’on ne comprend pas est un vice. »

Socrate : « La seule vraie sagesse est de savoir que l’on ne sait rien. »

Leur humilité nous fait prendre conscience que nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Ces sages de l’Antiquité portaient leur attention vers l’intérieur. Ils cultivaient leur cœur et acquéraient une maîtrise de soi en dépassant peurs et désirs.

Comme ils l’expliquaient :
Lao Tseu : « Manifester de la clarté, embrasser la simplicité, réduire l’égoïsme, avoir peu de désirs. »
Socrate : « Moins nous avons de désirs, plus nous ressemblons à Dieu. »

La prochaine fois que vous serez en conflit avec quelqu’un, essayez peut-être de tourner votre attention de l’extérieur vers l’intérieur. Au lieu de critiquer les autres, essayez de chercher la faute en vous-même. Oserez-vous essayer ? Si vous le faites, vous aurez ainsi fait votre premier pas sur le chemin qui mène à la sagesse !

Savoir réfléchir

Vers le IVe siècle avant J.-C., alors que la dynastie des Zhou était sur le déclin, Lao Tseu décida de partir vers l’Ouest, sans jamais revenir. Mais avant cela, il écrivit 5 000 mots de sagesse, le Tao Te King, qu’il laissa à ses futurs disciples le soin d’étudier et d’appliquer.

À peu près à la même époque, en 399 avant J.-C., Socrate fut déclaré coupable d’impiété contre le panthéon athénien et de « corruption de la jeunesse ». Il fut forcé de se suicider en buvant un bol de poison. Socrate s’en tint aux vérités qu’il enseigna tout au long de sa vie, laissant une dernière leçon à ses disciples.

« Je ne peux rien enseigner à personne. Je ne peux qu’inciter à réfléchir. », disait Socrate.

« Quand l’élève sera prêt, le maître apparaîtra. Quand l’élève sera vraiment prêt... le maître disparaîtra. », déclara Lao Tseu.

À suivre...

Leeshai Lemish.  (Photo : Shenyunperformingarts.org)
Leeshai Lemish. (Photo : Shenyunperformingarts.org)

Source : https://fr.shenyunperformingarts.org/

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