À l’heure du bilan de fin d’année, transformer nos peurs en amour

Par Catherine Keller
Le 28/11/2019
La nature semble endormie, mais en réalité, elle reprend ses forces. (pixabay)
La nature semble endormie, mais en réalité, elle reprend ses forces. (pixabay)
 

En fin d’année, les préparatifs des fêtes, les achats, les invitations, les sorties, etc. sont une source de stress, voire d’épuisement, alors que cette période devrait être consacrée au repos et à l’introspection.

Nous allons voir pourquoi et comment faire mieux. Tout d’abord, recherchons à quoi correspond cette période de l’année dans nos traditions occidentales.

 

Nous avons aussi envie de rester au chaud, de dormir plus, de nous retrouver. (pixabay)
Nous avons aussi envie de rester au chaud, de dormir plus, de nous retrouver. (pixabay)
 

Repos hivernal et introspection

Le solstice d’hiver, qui tombe le 22 décembre cette année, correspond à la nuit la plus longue. Ensuite les jours rallongent peu à peu. À l’époque préchrétienne, dans la Germanie antique, on allait dans la forêt illuminer les sapins, seul arbre encore vert, pour fêter l’espoir du renouveau. Lorsqu’on contemple la nature, elle semble comme morte, endormie par le froid et les longues nuits, mais en réalité, elle reprend des forces, se prépare pour une nouvelle année pleine de vie. Nous faisons partie de cette nature et tout comme elle, nous avons besoin de chaleur, de repos, et de sommeil pour nous ressourcer.

L’amour

L’Avent est la période où les Chrétiens se préparent à fêter la naissance de Jésus, venu sur terre pour apporter une nouvelle loi : celle de l’amour. Quelles que soient nos croyances, nous avons tous besoin d’aimer et d’être aimés…

L’hiver selon la médecine traditionnelle chinoise

Selon la médecine traditionnelle chinoise, à chaque saison correspond un organe. L’hiver est associé au rein. Quel rôle cet organe joue-t-il ?

L’énergie vitale propre à chacun est le Qi. Les reins jouent un rôle primordial dans le maintien de cette énergie . La volonté est dépendante du rein, si les reins sont affaiblis, la volonté l’est aussi.

La peur est l’émotion qui fragilise le plus l’énergie des reins. Elle bloque l’énergie yin du rein qui ne passe plus dans le haut du corps. Alors, l’énergie yang du foie et du cœur augmente, provoquant stress, colère, inquiétude, difficulté à s’endormir.

Pourquoi aborder le sujet selon ces trois approches ?

Dans nos sociétés, l’amour semble être le moteur de la vie : si on aime son travail, on le fait bien, si on aime sa famille, on s’en occupe bien, si on reçoit de l’amour, on se sent bien, etc.

En fin d’année, les longues nuits d’hiver, le manque de soleil et de chaleur nous affaiblissent. Ralentir son rythme de vie aide aussi à maintenir la santé tant physique que mentale.

L’approche du lien entre l’énergie des reins, l’hiver et la peur n’est pas à négliger. L’équilibre entre ces éléments est ce qui nous maintient en bonne santé. Rompre cet équilibre peut entraîner à plus ou moins long terme des effets négatifs : dépression saisonnière, grippe et autres maladies dites de saison, vide intérieur.

Le lien entre l’amour et la peur semble aussi très important. Si on a peur, il est difficile d’aimer et donc d’être heureux dans notre contexte sociétal. D’où la nécessité de prendre le temps de réfléchir sur l’année écoulée, revoir ses objectifs et ses désirs.

 

Il est conseillé d’avoir une activité modérée en hiver. (pixabay)
Il est conseillé d’avoir une activité modérée en hiver. (pixabay)
 

Fortifier les reins

Si l’esprit influence le corps, l’inverse est parfois vrai. Voici quelques pistes pour renforcer l’énergie des reins au cours de l’hiver car c’est la meilleure saison pour cela.

N’hésitez pas à manger des plats chauds et salés. Les aliments favorables aux reins sont les légumineuses comme le soja, les pois cassés, les lentilles, les pois chiches, ainsi que les céréales telles que le riz, le sarrasin, le millet et les légumes d’hiver tels que carottes, navets, oignons, poireaux, en ce qui concerne les viandes, le canard et le porc sont à privilégier, l’hiver est aussi propice à la consommation de fruits de mer, du côté des fruits, optez pour les châtaignes, les pommes, les poires et les agrumes et pour les épices et les herbes, la cannelle, le persil, le gingembre, le curcuma et la coriandre. Il est recommandé de choisir un endroit calme pour manger et d’éviter les aliments crus et froids.

En hiver, l’activité physique devrait être réduite, les sports comme la course sont à écarter, alors que la marche, le ski de fond, la méthode Pilates et la méditation sont à favoriser.

Selon la médecine chinoise, chaque organe possède un créneau horaire, celui des reins est de 17 à 19h. Un bain de pieds de 20 minutes dans de l’eau chaude salée va renforcer le yin des reins.

Bilan personnel

Faire une pause pour évaluer sa vie et se fixer concrètement des objectifs peut nous aider à mieux réussir. Il existe différents moyens pour fixer des objectifs adaptés à nos besoins. Ce peut être par le biais de l’écriture, de la peinture, de la photographie, ou d’un d’enregistrement audio.

Écrire ou s’enregistrer permet de vider son cœur, de créer un support et de focaliser sa réflexion. Afficher une photo illustrant le but que nous voulons atteindre aide aussi à renforcer son objectif. Peindre, créer de ses mains permet de s’intérioriser, d’exprimer ses états d’âme et de matérialiser son objectif.

Pour faire un bilan, il n’est pas nécessaire de s’isoler du monde. La maison peut devenir un lieu de refuge et d’introspection. Consacrer du temps au rangement et à la décoration nous procurera un sentiment de bien-être, bénéfique à la santé et au moral. Nous pouvons choisir un endroit tranquille, sans ordinateur, ni télévision, ni smartphone, nous asseoir confortablement, à la lueur d’une lumière tamisée ou d’une bougie, et être à l’écoute de notre moi intérieur, de nos besoins profonds. Ceci peut se faire plusieurs fois par semaine. Il faut ensuite décider quel moyen nous convient et le mettre en pratique.

 

L’échec peut être vu comme un palier pour approfondir la réflexion et s’améliorer. (pixabay)
L’échec peut être vu comme un palier pour approfondir la réflexion et s’améliorer. (pixabay)
 

Il est important de faire une analyse détaillée de l’année écoulée

Il est nécessaire de s’interroger honnêtement : qu’est-ce que je m’étais promis de faire ? l’ai-je réalisé ? Si non, pourquoi ?

L’échec s’inscrit au plus profond de notre mémoire et nous affecte durement , mais il peut aussi être vécu comme un apprentissage, servir de levier pour approfondir la réflexion et nous améliorer. comme un outil que la vie nous offre avec bienveillance pour nous apprendre à discerner le bien du mal, selon nos propres valeurs et notre façon d’appréhender la vie.

Quels sont nos points forts et ceux à améliorer ? Nous pouvons aspirer à de grandes choses mais il ne faut pas oublier qu’une maison se construit brique après brique. Pour réussir, il vaut mieux se fixer des objectifs facilement réalisables et avancer d’une seule traite, car il n’est pas facile de changer ses habitudes, son caractère ou de gravir l’échelle sociale.

Apprendre à repérer et à vivre avec ses peurs, sans les nourrir

Nos peurs nous viennent de l’enfance, peur d’être abandonné, peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être aimé, peur de l’échec, peur d’être trahi, peur de la maladie, de la souffrance etc.

La peur est sournoise, elle se cache derrière des idées qu’elle nous insuffle, nous donnant l’illusion que le problème vient de l’extérieur, que nous avons raison, que nous ne pourrions pas survivre à une perte, et ainsi de suite.

Faire face à ses vieux fantômes n’est vraiment pas facile, c’est pourtant le passage obligé pour s’en libérer, une fois la peur maitrisée, nous nous sentirons vraiment mieux. La raison s’avère un outil précieux pour lutter contre la peur, prendre du recul, tourner la page et aller de l’avant.

De même lors de conflits avec les autres, nous devrions regarder à l’intérieur et déceler l’origine de nos peurs et de nos attachements. La souffrance va libérer notre cœur et la rancune va alors se transformer en bienveillance.

 

L’amour est le moteur de la vie. (pixabay)
L’amour est le moteur de la vie. (pixabay)
 

Remplacer la peur par l’amour

Mais il n’est pas aisé d’y parvenir tout de suite. Dans un premier temps, pour calmer notre cœur, nous pouvons apprendre à contrôler notre respiration. Une fois calmés, nous pouvons réfléchir à ce qui s’est passé. En se mettant à la place de l’autre, nous pourrions découvrir que la personne a réagi aussi en fonction de ses propres peurs.

Nous pourrons alors faire preuve de compréhension et d’empathie envers elle, développer l’amour qui est en nous et pardonner vraiment. Si nous pouvons y parvenir, l’amour que nous avons libéré va nous rendre heureux et léger et la peur n’aura plus sa place.

Il est possible alors qu’un petit miracle se produise : l’impossible va devenir possible. En lâchant nos attachements, il se peut que nous recevions ce que nous cherchions à obtenir sans succès, et que cela soit même meilleur. Que ce soit dans notre vie amoureuse ou pour d’autres choses, si nous arrivons à lâcher prise, nous pourrions expérimenter de nombreux changements, et nous sentir heureux et libres.

Aimer commence par soi-même, par s’accepter tel que l’on est : avec nos faiblesses, nos peurs, et ce que nous estimons être des défauts. Cela ne veut pas dire qu‘il faut s’en satisfaire, mais plutôt que nous allons travailler avec ce que nous avons.

Rien n’est jamais tout noir ou tout blanc, chaque caractéristique peut être une qualité ou un défaut. Trouver le moyen de se transformer est la seule façon de se sentir en paix et de pouvoir apprécier la vie et tout ce qu’elle nous apporte.