Press "Enter" to skip to content

Sagesse. L’inspecteur Fu Rong organise une course à pied pour identifier un voleur

CHINE ANCIENNE > Sagesse

Dans la culture chrétienne, le jugement du roi Salomon est très connu. En effet, La Bible raconte que le roi d’Israël devait déterminer la vraie mère d’un bébé dont deux femmes se prétendaient être la mère. Le roi Salomon donna à chacune une épée et leur demanda de couper l’enfant en deux. De cette manière, celle qui refusa et proposa de donner le bébé à l’autre était la vraie mère de l’enfant. Nous connaissons des histoires similaires dans l’histoire de la Chine, notamment celle de l’inspecteur Fu Rong (340 ? - 383) qui a organisé une course à pied pour identifier un voleur.

Fu Rong : frère de l’empereur et homme politique de grande sagesse

Dans l’histoire de la Chine, le Qin antérieur (350 - 394) était le royaume le plus puissant des Seize Royaumes des Cinq barbares (304 - 439). C’était un régime établi par une tribu du nord nommé Di et gouverné par Fu Jian qui avait unifié le nord de la Chine avant de créer le Qin antérieur.

Le frère et le bras droit de Fu Jian s’appellait Fu Rong. C’était une figure politique des minorités ethniques dans l’histoire de la Chine. D’après la Biographie de Fu Rong dans le Livre des Jin, Fu Rong était un homme de grande sagesse. Doué pour diriger des troupes au combat, il était aussi capable de gérer avec sagesse les affaires civiles, militaires et juridiques.

Fu Rong était particulièrement doué pour juger les affaires difficiles, en observant la réaction des interpellés et en raisonnant pour trouver le coupable. Ses jugements étaient si exacts qu’on croirait qu’il avait vu l’affaire de ses propres yeux. Lorsqu’il était magistrat, il a résolu de nombreux cas difficiles, de sorte que la région sous son administration était « sans voleurs ni brigands, les passants ne ramassaient même pas les objets perdus par terre par les autres ».

Lorsque Fu Rong était l’inspecteur en charge de l’Etat de Ji (aujourd’hui la province de Hebei, et les municipalités de Pékin et de Tianjin), il a un jour jugé une affaire de vol.

Fu Rong est tombé sur un dossier de vol dans lequel il était difficile de discerner le vrai voleur

En rentrant chez elle, une vieille dame s’est fait dérober son sac à main qui contenait une grande quantité de pièces d’argent, ce qui représentait une grosse somme pour elle. La vieille dame criait et hurlait pour tenter d’attraper le voleur.

Lorsqu’un jeune homme est passé à côté de la vieille femme qui pleurait, il a eu de la compassion pour elle et a rattrapé le voleur en courant très vite dans la direction indiquée par la victime. Le jeune homme était fort et agile, et en peu de temps il avait rattrapé le voleur. Les deux hommes se sont battus pour le butin. Alors que la foule des badauds grandissait, le voleur, voyant qu’il ne pouvait pas s’échapper, eut l’inspiration de répliquer, traitant son adversaire de voleur et disant qu’il était venu attraper ce voleur par compassion. Les deux hommes s’accusent mutuellement d’être le voleur, et ils étaient si semblables que les spectateurs étaient déconcertés.

Lorsque la vieille femme est arrivée, on lui a demandé qui l’avait volée. Cependant, elle ne savait pas identifier qui était le voleur et qui était le brave homme qui l’avait aidée. C’était le crépuscule, elle ne voyait pas bien, elle s’était concentrée sur son sac, donc elle ne pouvait pas distinguer les deux hommes, qui se ressemblaient. Ils étaient de même taille, portaient des vêtements similaires et leurs âges étaient proches.

Le policier n’a pas osé ignorer l’effraction, il a donc pris les deux jeunes hommes et leur a dit : « Je ne peux pas dire lequel d’entre vous dit la vérité et lequel ment. Je n’ai pas d’autre choix que de vous inviter tous les deux à venir avec moi au bureau du magistrat. Le Ciel récompensera le bon et punira le mauvais. » Après avoir dit cela, il emmène les deux jeunes hommes et la vieille dame devant le magistrat.

Fu Rong a organisé une course à pied pour identifier le voleur

Fu Rong faisait une inspection au gouvernement local en ce moment. Le matin suivant l’incident, les trois personnes impliquées ont été amenées devant lui. Après avoir écouté le rapport, il a examiné les deux jeunes hommes dont on ne pouvait pas identifier qui était le bon et qui était le mauvais.

Après avoir réfléchi, il a dit aux responsables locaux : « Il n’est pas si difficile de distinguer qui est bon et qui est mauvais, même si ce n’est pas indiqué sur leur visage. Sortez-les et demandez-leur de courir vers la Porte de Fengyang : celui qui franchira la Porte en premier n’est pas le voleur. Récompensez-le et dites-lui de s’en aller. »

Les fonctionnaires et les magistrats locaux n’avaient jamais entendu parler d’une telle méthode. Mais ils savaient depuis longtemps que Fu Rong était une personne hors du commun, très sage et expérimenté. Ils ont donc fait ce qu’il leur a demandé.

Après un moment, la course à pied a commencé. Le jeune homme qui a franchi la Porte de Fengyang en premier a été récompensé et est parti heureux. Le coureur plus lent a atteint la Porte de Fengyang après un bon moment. Dès qu’il est arrivé à destination, les magistrats l’ont immédiatement arrêtés et ramenés au bureau.

Fu Rong a pointé du doigt le coureur lent et lui a dit : « Voleur, vous avez pillé le sac d’une vieille dame et vous avez faussement accusé un homme bon. Maintenant, allez-vous admettre que vous êtes le voleur ? » Cette fois-ci, le perdant de la course a arrêté de se défendre et a avoué qu’il était le voleur.

Les fonctionnaires lui ont demandé comment il pouvait identifier le vrai voleur simplement en les faisant courir. Fu Rong a dit : « C’est très simple. Lorsque le voleur a pris le sac, il s’est enfui naturellement aussi vite qu’il a pu. Mais lorsque le jeune homme courageux l’a poursuivi, ce jeune homme commença en retard mais rattrapa quand même le voleur, ce qui signifie qu’il était plus rapide que le vrai voleur. Ainsi, le coureur plus lent est le voleur et le coureur plus rapide est l’attrapeur du voleur. Laissez-les courir, et la vérité sera révélée. »

Quand ils ont entendu cela, ils ont tous pensé que c’était une solution simple mais extraordinaire. Dès lors, lorsqu’il y avait un cas difficile à résoudre dans un État ou un comté, les fonctionnaires locaux demandaient à Fu Rong de leur donner des conseils pour le jugement.

Rédacteur Jessica Wang

Soutenez notre média par un don ! Dès 1€ via Paypal ou carte bancaire.