Washington ajoute 2 universités chinoises à sa liste noire

Par Vision Times
Le 06/07/2020
HIT a été interdit d’utiliser MATLAB. (Image : Sparktour / Wikimedia / CC BY-SA 4.0)
HIT a été interdit d’utiliser MATLAB. (Image : Sparktour Wikimedia / CC BY-SA 4.0)
 

L’administration Trump a interdit à deux universités chinoises d’utiliser une plate-forme logicielle américaine appelée MATLAB. Ces deux universités, la Harbin Engineering University et le Harbin Institute of Technology (HIT), se sont avérées avoir des liens étroits avec l’armée chinoise et ont donc été ajoutées à une liste noire américaine qui leur interdit l’accès aux produits soumis à la réglementation de l’administration des exportations.

Liste noire des universités

Le logiciel MATLAB est largement utilisé par les étudiants en ingénierie, en économie et en sciences. Les étudiants du HIT utilisent le logiciel pour leurs travaux de laboratoire ainsi que pour leurs études, au quotidien. Le ministère américain du commerce soupçonne HIT d’utiliser MATLAB pour des programmes de missiles, et la Harbin Engineering University de viser à acquérir des articles d’origine américaine pour soutenir les programmes de l’Armée populaire de libération (APL).

Le HIT est souvent considéré comme l’équivalent chinois du Massachusetts Institute of Technology (MIT) américain. En 2015, l’université a révélé la structure protéique du VIH. Elle a été la première université chinoise à construire un ordinateur capable de jouer aux échecs. Elle a également battu le MIT et l’université de Stanford dans la récente liste des « meilleures universités mondiales » établie par le magazine d’actualité U.S. News & World Report. Les étudiants du HIT ressentent déjà les effets de l’interdiction de MATLAB. Comme la plupart des étudiants sont formés à l’utilisation de ce logiciel dans le cadre de leurs projets, la perte de l’accès à MATLAB a perturbé de nombreux projets et ralenti leurs recherches.

 

L’Université de Californie, Berkeley, a mis fin à son partenariat avec HIT. (Image : Gku / Wikimedia / CC BY-SA 3.0)
L’Université de Californie, Berkeley, a mis fin à son partenariat avec HIT. (Image : Gku / Wikimedia / CC BY-SA 3.0)
 

Bien que des alternatives à MATLAB soient disponibles, il faudra un certain temps aux étudiants pour se familiariser avec le nouveau logiciel. Beaucoup d’alternatives ne sont pas du même niveau que MATLAB, cela finira par compliquer leur travail. Les universités auront également des difficultés à se procurer du matériel technique de fabrication américaine. Par exemple, les puces électroniques haut de gamme fabriquées aux États-Unis sont de meilleure qualité que celles fournies par Huawei et d’autres entreprises chinoises. Par conséquent, les étudiants qui ont utilisé des puces américaines pourraient devoir se tourner vers des solutions nationales de moindre qualité, ce qui aura inévitablement une incidence sur leur travail.

Les programmes d’échanges universitaires seront également touchés. « En ce qui concerne les organisations qui figurent maintenant sur la liste des entités, il deviendra plus difficile pour les institutions universitaires américaines d’envisager une collaboration... Les organisations universitaires américaines devront de plus en plus peser les conséquences, enterme de réputation, liées à la collaboration avec des organisations chinoises qui ont été associées aux programmes militaires de la Chine ou à d’autres actions controversées », a déclaré au quotidien Nikkei Asian Review. Paul Triolo, responsable de la recherche en géotechnologie au sein du groupe Eurasia, une société de conseil en risques basée à New York.

L’université de Californie, à Berkeley, a déjà informé les deux universités que leur collaboration était suspendue. En mai, les États-Unis avaient ajouté une trentaine d’entreprises et d’institutions chinoises à leur liste noire commerciale. Ces entités étaient accusées d’être impliquées dans des activités qui soutenaient les violations des droits de l’homme en Chine.

Assouplir l’interdiction de Huawei

Le gouvernement américain a décidé récemment d’assoupli certaines restrictions imposées à la société chinoise Huawei. Auparavant, il était interdit aux entreprises américaines de collaborer avec Huawei pour établir les normes 5G, un ensemble de règles et de réglementations qui décident du fonctionnement des technologies critiques. Jusqu’à présent, ce sont surtout les entreprises américaines et européennes qui ont établi de telles normes. Mais la montée en puissance de la Chine signifie qu’un rival sera désormais en mesure d’établir ces normes. Cela ne peut évidemment pas être autorisé.

 

Les États-Unis ont assoupli les restrictions imposées à Huawei. (Image : Capture d’écran / Youtube)
Les États-Unis ont assoupli les restrictions imposées à Huawei. (Image : Capture d’écran / Youtube)
 

Le Conseil de l’industrie des technologies de l’information (ITI) a applaudi cette décision, soulignant qu’il est extrêmement important que les entreprises américaines soient présentes à la table des négociations lors de l’établissement des normes. Toutefois, cela ne signifie pas que l’interdiction de Huawei a été levée. L’entreprise restera sur la liste noire.


Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Blacklisting Chinese Universities From Using American Computer Program