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Monde. Pakistan : d’immenses foules se rassemblent pour soutenir le Premier ministre évincé, Imran Khan

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Le 11 avril, Shehbaz Sharif a été élu au poste de premier ministre, lors d’un vote à l’assemblée nationale faisant suite à la destitution de l’ancien premier ministre Imran Khan. Des milliers de personnes se sont rassemblées dans tout le pays en signe de soutien à l’ancien premier ministre.

Imran Khan, qui a été écarté du pouvoir après avoir perdu le soutien de plusieurs alliés clés au sein du parlement pakistanais, affirme toujours que les États-Unis ont orchestré son éviction en raison du mécontentement suscité par une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, le 24 février.

Des milliers de citoyens manifestent leur soutien

Dans un tweet du 10 avril publié la nuit précédant le vote du Parlement pour un remplaçant, Imran Khan a posté une vidéo montrant des rassemblements de milliers de citoyens lui manifestant leur soutien.

Une traduction du texte indiquait : « Je n’ai jamais vu dans l’histoire de mon pays autant de gens sortir de leur propre chef aujourd’hui pour renverser le gouvernement des bandits. »

Le récit anti-américain d’Imran Khan semble avoir fonctionné. A #Karachi, où l’on s’attendait à ce que quelques centaines de personnes descendent dans la rue en raison de la mauvaise performance du parti, un tel rassemblement est surprenant pour les opposants politiques, les médias et même le PTI lui-même pic.twitter.com/69WYJe1P0p

  • Naimat Khan (@NKMalazai) 10 avril 2022

Le 11 avril, un reportage de l’India Times a noté qu’un slogan populaire parmi la foule était « gouvernement importé inacceptable », qui a également été suivi par 2,7 millions de tweets dans la tweeterphère pakistanaise.

Le nouvel élu Shehbaz Sharif est le frère de Nawaz Sharif qui a précédé Imran Khan, et le chef de l’opposition Pakistan Muslim League-Nawaz. Il est désigné par son prénom Shehbaz Sharif étant un patronyme.

Shehbaz Sharif, dont on s’attendait à ce qu’il obtienne largement la victoire lors du vote du 11 avril, a été battu par Imran Khan lors des élections de 2018.

Selon un article de The Indian Express, bien que Shehbaz Sharif, tout comme Imran Khan, ait « travaillé en étroite collaboration avec la Chine sur des projets financés par Pékin », il a affiché une position plus amicale en appelant à une relation positive avec Washington, ce qui contraste avec la position résolument anti-américaine de Imran Khan.

L’article note également que Shehbaz Sharif avait reçu l’an dernier les éloges du consul général chinois sortant, pour ses qualités d’homme d’État sur le corridor économique Chine-Pakistan, qui fait partie du programme d’investissement de l’initiative « la Ceinture et la Route » de la République populaire de Chine (RPC).

Une évolution des tensions géopolitiques

Le changement de direction au Pakistan pourrait s’inscrire dans le cadre de l’évolution des tensions géopolitiques regroupant à la fois l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine et son alliance avec le dirigeant chinois Xi Jinping, ce dernier étant confronté à la perspective réelle d’un changement de régime, le Parti communiste chinois (PCC) décidant de confier à Xi Jinping un troisième mandat sans précédent plus tard cette année.

Le média d’État russe Sputnik News a présenté comme un fait la position d’Imran Khan selon laquelle le secrétaire d’État adjoint du département d’État pour les affaires d’Asie du Sud et d’Asie centrale, Donald Lu, avait contacté directement l’ambassadeur du Pakistan pour demander à Imran Khan d’annuler une réunion prévue avec Vladimir Poutine qui coïncidait avec le début du conflit en Ukraine.

Le média a également noté que le Pakistan n’avait pas participé au vote de l’Assemblée générale des Nations unies condamnant la Russie pour son invasion de l’Ukraine.

En comparaison, la BBC a affirmé qu’Imran Khan avait simplement perdu le soutien de la puissante armée pakistanaise dans le cadre d’un conflit pour le pouvoir entre le chef actuel, le général Qamar Javed Bajwa, et le chef de l’agence d’espionnage Inter-Services Intelligence, le lieutenant général Faiz Hameed.

Dans une approche plus modérée, le média d’État russe TASS a souligné que, bien que la perte du soutien militaire soit exactement la cause de l’éviction de Imran Khan, le conflit trouve plutôt son origine dans le mécontentement suscité par « la politique étrangère vis-à-vis de la Chine ».

L’agence TASS a paraphrasé un expert russe qui a déclaré que « le Pakistan ne peut pas devenir " moins pro-chinois ", il est seulement capable de devenir " moins anti-américain "», ajoutant que « les nouvelles autorités pakistanaises n’oublieront pas non plus de renforcer les relations avec la Russie. »

Inquiétudes du côté chinois

En comparaison, la position de la Chine sur le changement de régime du Pakistan est apparue quelque peu inconfortable.

Dans un communiqué publié le 12 avril par le Global Times, le porte-parole du régime communiste, on peut lire que le changement de pouvoir « pourrait apporter de l’instabilité » et que « le chaos interne du pays pourrait affecter dans une certaine mesure certains projets de coopération ».

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPC, Zhao Lijian, a également laissé entendre que Pékin s’inquiète de savoir si Shehbaz Sharif maintiendra la position pro-Pékin du Pakistan ou s’il se rapprochera de Washington.

Zhao Lijian a déclaré aux journalistes que le gouvernement de la RPC « insisterait inébranlablement sur une politique amicale envers le Pakistan ».

« Nous pensons que le changement politique au Pakistan n’affectera pas l’image générale des relations Chine-Pakistan » a-t-il précisé.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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