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Monde. La guerre en Ukraine révèle des réalités géopolitiques singulières

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Alors que la Russie fait face aux sanctions occidentales, en réponse à la guerre en Ukraine, un expert financier et un journaliste taïwanais ont transmis leur analyse de la situation. Il ressort de ce constat qu’en Chine, le Parti communiste chinois (PCC) semble se replier sur lui-même. Dans le même temps, le peuple chinois serait le grand perdant, subissant directement les conséquences économiques liées aux décisions du PCC. Alors qu’en Europe, l’Allemagne de son côté pourrait retrouver une certaine puissance militaire.

La guerre russo-ukrainienne est sur le point d’entrer dans sa troisième semaine. Le 13 mars, le ministre russe des finances, Anton Silouanov, a avoué que les sanctions imposées par l’Occident avaient effectivement porté un coup à l’économie et aux finances russes, et qu’il comptait désormais principalement sur les autorités de Pékin pour soutenir la Russie.

Guerre en Ukraine et position du PCC : le peuple chinois serait le grand perdant

L’expert financier taïwanais Hsu Shanghuang, au cours d’une émission en direct sur Internet, a constaté que le PCC reste frileux quant à son soutien à la Russie, tant au niveau de ses déclarations officielles que dans la fourniture des pièces d’avion à la Russie. Dans le même temps, les prix des produits russes dont la Chine a le plus besoin, comme le soja, le blé et le maïs, ont presque triplé, faisant du peuple chinois le grand perdant dans la stratégie chinoise vis à vis de la Russie. Les fluctuations des autorités du PCC vis-à-vis de leur position dans le conflit russo-ukrainien ont conduit Hsu Shanghuang à déclarer que Pékin se trouve en difficulté, ou paraît « dénué de toute droiture morale ».

Dans l’émission politique taïwanaise 94 to Tell, Hsu Shanghuang a mentionné que le 5 février, le vice-ministre des affaires étrangères de Pékin, Le Yucheng, avait déclaré qu’« il n’y a pas de point final dans les relations sino-russes …… », mettant ainsi en avant les liens entre les autorités communistes et la Russie. Mais, Le 7 mars, le ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi, a déclaré : « Les relations entre la Chine et la Russie sont indépendantes et autonomes, fondées sur le non-alignement, la non-confrontation, et qu’elles sont encore moins sujettes à l’interférence et à la provocation de tiers », semblant laisser entendre que le PCC et la Russie n’avançaient pas de concert.

En outre, Hsu Shanghuang a indiqué qu’avant les Jeux olympiques d’hiver de Pékin, Vladimir Poutine s’était rendu à Pékin pour rencontrer Xi Jinping afin de signer un contrat à long terme pour le gaz et le pétrole. Mais récemment les trois compagnies pétrolières officielles de la Chine, CNOOC, CNPC et Sinopec, ont suspendu l’achat de pétrole brut à la Russie. Par ailleurs, les grandes banques chinoises ont cessé de fournir des fonds pour les achats à la Russie. Le gouvernement russe a fait savoir que Pékin avait refusé de fournir des pièces d’avion à la Russie. De même, les livraisons en Russie de téléphones portables de Xiaomi et Huawei ont été réduites de moitié.

Hsu Shanghuang a ensuite déclaré que Pékin est le plus grand importateur de trois céréales : soja, blé et maïs. Mais, la guerre entre la Russie et l’Ukraine a fait tripler les prix de ces trois céréales. Selon Hsu Shanghuang, certains Chinois endoctrinés par le Parti communiste chinois (PCC), continuent d’applaudir la Russie, sans se rendre compte que le peuple chinois est la plus grande victime des choix du PCC. De son côté, les États-Unis poursuivent également leur chasse aux sorcières contre les actions chinoises : ne voulant pas faire passer leur plus grand concurrent de Pékin à la Russie.

Guerre en Ukraine et montée de la puissance militaire allemande

En Europe, l’Allemagne a annoncé qu’elle allait consacrer 100 milliards d’euros au renouvellement de son armement et porter son budget de défense à 2 % du PIB par an. À cet égard, le magazine Forbes a déclaré que Poutine avait « réveillé la bête endormie ». Kang Ren Jun, une personnalité médiatique chevronnée de Taïwan, a déclaré dans 94 to Tell que l’armée allemande s’est réveillée de sa politique de retenue en matière de puissance militaire. Elle a entamé une révision majeure de ses armements. Il avance que le prochain point à surveiller est de savoir si l’Allemagne sera susceptible de développer son armée, ou de développer de manière significative son équipement militaire.

Kang Ren Jun a poursuivi en rappelant que l’Allemagne est une puissance militaire traditionnelle en Europe. Ainsi, elle a été à l’origine de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Après la fusion de l’Allemagne de l’Est et de l’Allemagne de l’Ouest, le pays a maintenu une pratique diplomatique pacifique, privilégiant le commerce et le dialogue. La politique allemande rejette généralement l’utilisation de la puissance militaire et l’opinion publique s’oppose à l’augmentation du budget de la défense. En conséquence, la puissance militaire de l’Allemagne paraissait faible, au regard de sa puissance économique Mais, la guerre russo-ukrainienne menée par Poutine a « réveillé la bête endormie ».

Outre le fait que l’Allemagne est touchée par la guerre en Ukraine, Pékin constate que les pays occidentaux n’envoient pas de troupes militaires. Ils soutiennent plutôt la stratégie de l’Ukraine avec de réelles ressources. Cela pourrait, à ce stade, avoir une incidence sur l’intention du PCC d’attaquer Taïwan, a conclu Kang.

Lors d’une conférence sur les forces armées de la connaissance organisée à Taïwan le 12 mars, Yaita Akio, le chef du bureau de Taipei du journal japonais Sankei Shimbun, a récemment souligné que la guerre russo-ukrainienne pourrait retarder la stratégie du PCC dans sa volonté de vouloir annexer Taïwan. Ainsi, si Vladimir Poutine est finalement traduit devant un tribunal international à la suite de cette guerre, cela pourrait dissuader toute action de Xi Jinping allant dans ce sens.

Rédacteur Yi Ming
Collaboration Jo Ann

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