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Monde. La grippe aviaire fait des ravages au Canada et aux États-Unis, aggravant la pénurie alimentaire

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La nouvelle souche de grippe aviaire H5N1, qui balaie le monde, a fait son apparition dans la province canadienne de la Colombie-Britannique, causant des répercussions sur au moins deux exploitations avicoles et obligeant un éleveur américain à abattre quelque 3 millions de poulets.

L’épidémie risque d’aggraver la crise alimentaire alors que l’inflation et les perturbations des chaînes d’approvisionnement dues aux mesures anti-Covid, font grimper le prix des denrées alimentaires sur tout le continent.

Une éleveuse de poulets d’une petite communauté rurale du sud-est de la Colombie-Britannique, du nom de Peggy Ife, a déclaré à la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) le 25 avril, que sur un petit élevage de 70 poulets, tous, sauf une douzaine, sont morts en seulement quatre jours.

« Ils tombaient littéralement raides morts », a-t-elle déclaré à la CBC, ajoutant qu’elle s’attendait à perdre le reste de l’élevage au cours des deux prochains jours.

L’éleveuse a commencé à s’inquiéter après avoir observé que ses volailles se comportaient de manière léthargique et ne semblaient pas s’intéresser à la nourriture. Après quelques recherches, elle a conclu qu’il était probable que les poulets avaient contracté la grippe aviaire.

Cette perte fait suite à une précédente flambée de grippe aviaire dans une exploitation avicole de North Okanagan, en Colombie-Britannique, qui a été placée en quarantaine par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Le 12 avril, Agriculture et Agroalimentaire Canada, le ministère responsable des politiques liées à l’agriculture, a déclaré que l’industrie alimentaire canadienne procédait à des ajustements pour maintenir l’approvisionnement en volaille et en œufs « face à une importante épidémie de grippe aviaire au Canada et dans le monde », selon CTV News.

Le virus de la grippe aviaire H5N1 est à l’origine d’épidémies dans plusieurs régions du Canada

Le virus de la grippe aviaire H5N1 est à l’origine d’épidémies dans plusieurs régions du Canada, notamment à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse, en Ontario et dans l’Alberta, depuis fin 2021. La Colombie-Britannique fait maintenant partie de cette liste, ce qui indique que la grippe s’étend désormais à l’ensemble du pays, de l’Atlantique au Pacifique.

À la mi-avril, environ 260 000 volailles ont dû être abattues au Canada, dont environ 166 000 en Alberta et quelque 84 000 en Ontario.

Agriculture et Agroalimentaire Canada a déclaré que plusieurs facteurs ont entraîné une hausse du coût des aliments, mais qu’il est difficile pour l’instant de trouver un lien direct entre la hausse du coût des œufs et de la volaille, et le virus, mais que l’agence surveille la situation.

Donald Boucher, directeur général du développement sectoriel d’Agroalimentaire Canada, a déclaré à CTV News : « La production de volaille et d’œufs au Canada est soumise à la gestion de l’offre et il existe des mécanismes que les offices de commercialisation peuvent déployer pour leur donner la souplesse nécessaire pour s’adapter au type de perturbation dont nous parlons actuellement. »

L’abattage de millions de volailles aux États-Unis fait grimper les coûts

Aux États-Unis, plus de 23 millions de volailles ont dû être abattues en raison du virus H5N1 de la grippe aviaire. C’est la première fois que les États-Unis enregistrent des épisodes de grippe aviaire depuis 2015, année où plus de 50 millions des volailles avaient été tuées.

Le 22 avril, le Centre de contrôle des maladies (CDC) a signalé que des foyers ont été recensés dans 29 États causant l’abattage de 31,6 millions de volailles, et que 762 oiseaux sauvages, dont des pygargues à tête blanche, dans 33 États, auraient contracté le virus.

Le président du Farm Bureau, Zippy Duvall, a déclaré dans un communiqué : « l’épidémie d’IAHP rappelle de toute urgence à tous les éleveurs de volailles qu’ils doivent s’assurer que leurs mesures de biosécurité sont en place », ajoutant que « tous les efforts doivent être faits pour protéger la santé des animaux dont nous avons la charge afin de maintenir la solidité de l’approvisionnement alimentaire de l’Amérique ».

L’épidémie a fait grimper en flèche le prix des œufs au cours des dernières semaines. Selon l’USDA, le prix d’une douzaine d’œufs en novembre dernier était d’environ 1 dollar. Aujourd’hui, le prix oscille autour de 2,95 dollars et continue d’augmenter.

Grady Ferguson, analyste de recherche principal pour Gro Intelligence, une plateforme de données agricoles, a déclaré au Washington Post que l’épidémie a touché environ 1,3 % de toutes les volailles américaines. Il estime que l’épidémie actuelle est pire que celle de 2015.

« Nous sommes au-dessus et au-delà du taux de propagation que nous avons vu en 2015 », a déclaré Grady Ferguson. « La dernière fois, 81 % des cas se sont déclarés au cours du quatrième et du cinquième mois, lorsque les choses ont explosé. Ce que les prix des œufs de poule ont fait la dernière fois a affecté le marché pendant des années. Nous sommes maintenant à deux mois de l’épidémie, et les protocoles de sécurité n’ont pas fonctionné. Je ne veux pas être une poule mouillée, mais je pense que la situation sera pire que la dernière fois ».

Selon Grady Ferguson, les consommateurs doivent s’attendre à payer plus cher non seulement les œufs, mais aussi les produits de boulangerie. « Nous verrons des prix plus élevés pour tous les produits de boulangerie et une grande variété d’aliments transformés, des petits gâteaux aux sauces pour salade. Les restaurants auront plus de mal à justifier pourquoi ils devraient vous offrir une omelette de trois œufs pour un dollar. Et du côté de la viande de poulet, la situation est également pire cette fois que la dernière fois », a déclaré Grady Ferguson.

Grady Ferguson a expliqué que l’épidémie de 2015 avait touché principalement des poules pondeuses et des poulettes (Les volailles sexuellement immatures) et très peu de poulets de chair (les volailles que les consommateurs mangent).

Cependant, il affirme que cette fois-ci, environ 9 % des volailles touchées sont des poulets de chair, « ce qui va entraîner une hausse encore plus importante des prix déjà élevés du poulet. »

Emily Metz, présidente de l’American Egg Board, estime que 5 % des élevages de poules pondeuses ont été touchés par le virus, mais elle est optimiste quant à l’évolution de cette épidémie.

« Nous avons appris des leçons difficiles en 2015, que notre biosécurité n’était pas là où elle devait être. Nous avons investi dans d’énormes changements », a-t-elle déclaré.

Bien qu’elle admette que les prix augmentent, elle pointe du doigt la hausse des coûts des intrants des agriculteurs comme étant la principale responsable de l’augmentation des coûts alimentaires.

« C’est alarmant et je partage l’inquiétude concernant les préoccupations financières. Mais les œufs restent l’une des protéines les plus abordables, sans exception », a-t-elle déclaré.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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