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Monde. Google met fin au domain fronting servant à contourner la censure

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Google a décidé de bloquer le domain fronting qui permettait de contourner la censure gouvernementale et d’accéder à des sites web bloqués. (Image : Runner1928 / wikimedia / CC BY-SA 3.0)
 

Google a décidé de mettre fin au domain fronting, une technique qui permet de contourner la censure d’Internet en dissimulant la véritable destination d’une connexion et d’accéder à des sites web bloqués. Fini le slogan « Don’t Be Evil ». Le géant de l’Internet met également en place une version spéciale de son moteur de recherche sur le territoire chinois. Cela signifie que le moteur de recherche filtrera les contenus que le gouvernement chinois jugera « inaptes ». Considérant que Google s’était retiré du pays en 2010 en raison des exigences de censure du gouvernement, cette récente initiative de l’entreprise signifie clairement qu’elle est prête à accepter la censure d’Internet.

Suppression du domain fronting

Le domain fronting consiste à cacher le nom d’hôte d’un site web avec un autre. Ainsi, si l’adresse d’un site est bloquée par un pays quelconque, l’entreprise peut simplement utiliser une autre adresse de confiance, par exemple Google, pour se masquer. Cela permettrait à des personnes de ce pays d’accéder au site web, en contournant la censure.

Google affirme qu’il n’a jamais eu l’intention de fournir un domain fronting pour son service App Engine cloud et qu’il s’agissait simplement d’une solution de contournement que les gens utilisaient.

Le « domain fronting » consiste à cacher le nom d’hôte d’un site web avec un autre. (Image : Pixabay / CC0 1.0)
Le domain fronting consiste à cacher le nom d’hôte d’un site web avec un autre. (Image : Pixabay / CC0 1.0)
 

« Le domain fronting n’a jamais été une fonctionnalité prise en charge par Google, mais jusqu’à récemment, elle fonctionnait grâce à une bizarrerie de notre ensemble de logiciels... Nous faisons constamment évoluer notre réseau, et dans le cadre d’une mise à jour logicielle prévue, le domain fronting ne fonctionne plus. Nous n’avons pas l’intention de le proposer en tant que fonctionnalité », a déclaré le porte-parole de Google à The Register.

Il y a une bonne raison pour laquelle l’entreprise a décidé de bloquer le domain fronting de sa plateforme App Engine - c'est pour éviter d’être interdite. Dans les pays où il existe une censure stricte, les gens vont utiliser le domain fronting de Google pour accéder aux sites web bloqués. En conséquence, les gouvernements de ces pays seront obligés d’interdire les services de Google pour empêcher les gens de contourner la censure.

Un bon exemple est le blocage de l’application Telegram en Russie par le gouvernement de Poutine. Telegram est une application de chat cryptée, largement utilisée par l’opposition politique du pays. Pour empêcher l’opposition de chatter en toute sécurité, le gouvernement russe a bloqué l’application Telegram du pays.

De ce fait, Telegram et ses utilisateurs ont commencé à utiliser le domain fronting de Google et d’Amazon pour contourner le blocus. En conséquence, le gouvernement russe a commencé à bloquer les adresses d’Amazon et de Google. Et selon les experts, c’est pour éviter de tels scénarios que Google a décidé de mettre fin au domain fronting de ses services.

Liberté de l’Internet

La décision de bloquer le domain fronting n’a pas été bien accueillie par le public. Cette réaction n’a rien de surprenant car Google s’est forgé une image de champion de l’Internet non censuré. Ainsi, sa décision a surpris beaucoup de gens. Access Now, une organisation dédiée à la cause de l’Internet libre et ouvert, a critiqué les actions de Google, affirmant qu’elles brisent la confiance que les gens ont dans l’entreprise.

Access Now, une organisation dédiée à la cause de l’internet libre et ouvert, a critiqué les actions de Google en disant qu’elles brisent la confiance que les gens ont dans l’entreprise. (Image : Capture d’écran / YouTube)
Access Now, une organisation dédiée à la cause de l’internet libre et ouvert, a critiqué les actions de Google en disant qu’elles brisent la confiance que les gens ont dans l’entreprise. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

« L’accès au domain fronting a permis à des millions de personnes de bénéficier d’un internet plus libre et de jouir de leurs droits fondamentaux. Nous demandons instamment à Google de ne pas oublier son engagement en faveur des droits de l’homme et de la liberté de l’internet et de permettre la poursuite du domain fronting », a déclaré Nathan White, directeur législatif principal de l’organisation, dans un blog d’entreprise.

Cette décision de Google interpelle, en particulier les militants des droits de l’homme. Peut-on avoir l’accès à un internet libre et non censuré ?

Rédacteur Fetty Adler

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