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Société. La voiture électrique : pour ou contre ?

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La voiture électrique a fait son apparition en 1830 avec l’homme d’affaires écossais Robert Anderson. Par la suite, différents prototypes de véhicules électriques ont été inventés entre 1834 et 1881, par des ingénieurs audacieux, imaginatifs et talentueux. Mais c’est en 1881 que l’ingénieur Gustave Trouvé va présenter le premier modèle de voiture électrique à l’Exposition internationale d’électricité. Cette découverte viendra concurrencer les voitures à moteur à explosion et à vapeur.

La voiture électrique s’inscrit dans un réel schéma de développement à la fois économique et écologique, pour protéger l’environnement et limiter la dépendance des Etats européens au pétrole des pays du Moyen-Orient. L’essor de la voiture électrique va bousculer et convaincre tout le secteur automobile. Les constructeurs comme General Motors, Volvo, Jaguar, Land Rover, Aston Martin, Volkswagen ou Renault, ont dû repenser à la commercialisation des voitures électriques et un budget important a été engagé pour répondre au défi de cette nouvelle technologie.

Malgré tout, le consommateur n’est pas entièrement convaincu. Pour lui, la voiture électrique coûte trop cher et de plus elle n’est pas suffisamment équipée pour les longues distances. Malgré l’implication de l’Etat dans le financement de ces véhicules, les ventes restent encore très timides. Le consommateur monte en épingle les inconvénients du tout électrique.

La voiture électrique : pour ou contre
Un avantage du moteur électrique est sa fiabilité. (Image : Reza Qorbani / Pixabay)

Le véhicule électrique : un avantage écologique et économique indéniable

La voiture électrique connaît actuellement un véritable essor et pourtant elle date de la fin du XIXe siècle. La célèbre voiture électrique « Jamais-Contente », conçue en 1898 par le Belge Camille Jenatzy, pilote et industriel, a longtemps fait parler d’elle, parce qu’elle était la première au monde à dépasser les 100Km/h. En 1942, un autre véhicule appelé « l’œuf électrique » conçu par l’ingénieur français Paul Arzen, employé de la SNCF, a parcouru les rues de Paris. Puis au XXe siècle, les industries automobiles Peugeot et Citroën ont lancé leur modèle électrique.

Aujourd’hui, l’omniprésence de l’automobile électrique est indéniable. D’ailleurs, beaucoup de pays comme la France, souhaiteraient voir exclusivement ce type de véhicules sur leurs routes. Des mesures incitatives gouvernementales ont été mises en place pour en faciliter l’achat, dont le coût est bien plus élevé que celui des moteurs thermiques.

L’Etat, pour encourager l'achat de véhicules peu polluants, offre deux principales aides financières : « le bonus écologique jusqu'à 7 000 euros, et la prime à la conversion qui peut atteindre 5 000 euros. A cela s'ajoutent des subventions versées par certaines collectivités locales pouvant atteindre 6 000 euros ». En effet, les avantages de la voiture électrique sont nombreux. D’abord, elle n’émet pas de CO2 et dégage moins de particules fines que les véhicules thermiques, le bilan carbone est bien meilleur.

Un autre avantage concerne les économies d’entretien du véhicule. Il n’y a aucune vidange, pas de courroie de distribution, ni filtre ou pot d’échappement à changer. Le moteur électrique est très résistant. De plus, il est économique, car pour une moyenne de 100 km en voiture électrique, le coût est de 2 euros d’électricité, contre 8,50 euros de carburant pour un modèle diesel et 11,50 euros pour un véhicule à essence. Aussi, plus le consommateur fera rouler son véhicule électrique, plus il fera d’économies, comparativement aux moteurs thermiques, qui nécessitent des vidanges, l’achat de pièces de rechange souvent onéreuses. Enfin, si le client recharge son véhicule chez lui, il réduira encore ses coûts. Bien entendu, dans la majorité des cas, il devra utiliser les zones de recharge payantes, qui sont plus chères, mais certains réseaux peuvent être plus économiques.

Un autre avantage de la voiture électrique est sa fiabilité. Les pièces à changer sont limitées, elles ne concernent que les pneus, les garnitures de freins et bien entendu la batterie tous les 5 ou 8 ans.

La question qui porte à discussion concerne le temps de recharge et d’autonomie de ce type de véhicule. Si le temps de recharge est un argument en défaveur de la voiture électrique, toutefois les constructeurs ont fait d’énormes progrès pour proposer des modèles ayant une autonomie de 300 à 500 km.

Le temps de recharge peut varier « de 15 minutes à plusieurs heures », indique EDF, cela dépend du « modèle du véhicule, de la capacité de la batterie, de la puissance de la borne de recharge utilisée et de l’état de la charge de la batterie ». Ainsi, la capacité en kWh du pack est importante pour la recharge.

La voiture électrique : pour ou contre
Concernant la recharge de la batterie, EDF indique que pour une voiture électrique de 50 kWh comme le petit modèle de la Zoé, le temps de recharge est de 15 heures, il conseille de recharger la nuit où l’électricité est moins chère. (Image : Stan Petersen / Pixabay)

Les réticences du consommateur face aux inconvénients du véhicule électrique

Les opposants du tout électrique mettent en avant le coût d’achat trop élevé, le temps de recharge et l’autonomie de la batterie, mais également l’impact des batteries électriques sur l’environnement.

Concernant la recharge de la batterie, EDF estime que pour une voiture électrique de 50 kWh comme le petit modèle de la Zoé, le temps de recharge est de 15 heures, il conseille de recharger la nuit où l’électricité est moins chère.

Par ailleurs, la recharge électrique conseillée chez soi doit être aménagée par une prise électrique renforcée, spécifique pour voiture électrique et être installée par un professionnel qualifié avec les protections adaptées, ce qui occasionne des frais supplémentaires.

Si les constructeurs font de gros efforts pour augmenter la durée d’autonomie de leur modèle électrique, il n’en demeure pas moins que le consommateur craint de se trouver en panne sur la route et de devoir faire appel à une dépanneuse pour le conduire à la station de recharge la plus proche : qui n’offrira pas forcément une garantie de recharge rapide ou ultra-rapide, ce qui influe sur le choix des utilisateurs. C’est pour cette raison que beaucoup de constructeurs offrent une autonomie moyenne de 350 km en une seule charge, pour couvrir les déplacements de la semaine. Mais, les automobilistes de longs trajets restent dubitatifs.

La recharge de la batterie est une contrainte pour les automobilistes à longue durée de parcours et freine les velléités d’achat. Même si des progrès croissants sont effectués pour accroître l’autonomie des véhicules dont la capacité peut aller jusqu’à 500 voire 700 km, les consommateurs qui parcourent de longues distances quotidiennes sont très limités par leur temps. Ils ne peuvent et ne veulent pas se sentir pris au piège par un manque de charge de leur batterie qui leur ferait perdre une journée de travail, et bien entendu pour eux, les moteurs diesel semblent être la meilleure solution, plus polluante, mais plus pratique et moins contraignante.

Dans le cadre d’un rapport au Sénat sur les nuisances environnementales de l’automobile, des experts ont estimé que la pollution de l'air d'origine automobile aura considérablement diminué d'ici une dizaine d'années, du fait du renouvellement du parc. En effet, actuellement près de 20 % des véhicules les plus anciens sont responsables de 60 % des émissions polluantes. C’est un bel espoir pour notre planète.

Comment évolue la voiture électrique en Europe, en Chine et aux Etats-Unis

Le succès de la voiture électrique évolue d’un pays à l’autre, cependant la Convention citoyenne pour le climat (CCE) a donné la règle et Bruxelles a publié son Pacte vert dans lequel la « Commission européenne signe l'arrêt de la vente de véhicules à moteur thermique » en Europe. C'est en 2035 que les constructeurs devront passer à l'électrique ou à l'hydrogène. Cette transition vers une automobile « zéro émission » est rapide et s’avère dérangeante pour quelques pays.

En France, le parc du tout électrique ne devrait être opérationnel que dans quelques décennies, car il faut mettre en place des réseaux de recharge, suffisamment performants et en nombre satisfaisant pour répondre à toutes les demandes, ce qui actuellement est loin d’être le cas. D’autre part, pour toutes les stations d’essence qui existent un peu partout, quel sera leur devenir ?

Aux Etats-Unis, la situation est quelque peu différente. Le président américain n’a pas pris de position sur la fin des véhicules essence ou diesel, contrairement aux pays européens et au Royaume-Uni. Donc, il n’y a pas d’interdiction de voitures thermiques après 2035. Toutefois le gouvernement incite à accélérer l’achat des véhicules électriques qui ne représente que 1,9% des ventes.

Pour 2030, Joe Biden espère arriver à couvrir le parc automobile de 50 % de voitures électriques. Une commercialisation à grande échelle est donc mise en place.

En Chine, le nombre de véhicules électriques est passé de 75 000 en 2014 à 1 367 000 en 2020 et couvre la moitié de la production mondiale. Toutefois, le problème des batteries hors d’usage crée déjà des nocivités et une « pollution explosive ».

En effet, plus de la moitié des batteries hors d’usage ne sont pas recyclées et entraînent une pollution nuisible à l’environnement, alors que ces véhicules électriques sont conçus pour être respectueux de l’écologie. La construction des batteries est extrêmement dangereuse pour la nature et l’homme, elles contiennent du cobalt, du graphite, du manganèse, du néodyme. Dans la fabrication des batteries on trouve des produits chimiques comme le lithium, le nickel qui sont très nocifs pour les nappes souterraines s’ils sont déversés dans la terre.

La batterie électrique a un impact lourd sur l’homme et la nature parce que chaque batterie contient des kilos de lithium, du cobalt ou du manganèse, ce qui crée de gros dégâts dans la nature. Pour fabriquer des batteries, ces métaux sont recherchés dans des pays comme le Congo, la Bolivie, le Chili ou l’Argentine. Leur extraction et leur traitement entraînent une pollution des sols, un assèchement des rivières et accroissent des intoxications et des maladies graves pour les populations locales.

S’agit-il alors de déplacer le problème, d'endommager la terre et de créer des effets nuisibles ailleurs ?