L’empereur Huizong de la dynastie Song : Maître dans les Arts

Par Vision Times
Le 23/06/2020
L’empereur Huizong est considéré par les chinois comme un vénérable ancêtre et un grand Maître dans les arts. (Image : Wikimedia / CC0 1.0)
L’empereur Huizong est considéré par les chinois comme un vénérable ancêtre et un grand Maître dans les arts. (Image : Wikimedia / CC0 1.0)
 

En l’an 1100, Huizong des Song (宋徽宗), onzième fils de l’empereur Shenzong, accédait au trône en tant que huitième empereur de la dynastie Song du Nord (北宋), de 960 à 1127). À l’époque, il n’avait que 17 ans et ne s’attendait pas à devenir empereur. Il consacrait son temps aux arts, à la littérature, au taoïsme et à la calligraphie.

Comme empereur, il échoua lamentablement en négligeant les affaires de l’Etat, il perdit le trône face à la dynastie Jin (金朝), ou Grand Jin, dirigée par les Jürchen (女真), les ancêtres des Mandchous. Mais il laissa un héritage d’érudit et d’artiste à travers un style remarquable de calligraphie. L’empereur Huizong est considéré par les chinois comme un vénérable ancêtre et un grand Maître dans les arts.

Un empereur doué d’un remarquable talent artistique

Pendant les trois premières années de son règne, l’empereur Huizong apprit  les rituels et les coutumes incombant à sa tâche. Plus tard, il approfondit l’étude des arts et devint poète, peintre et calligraphe talentueux. Il inventa également un style unique de calligraphie à l’« Or mince ». Artiste accompli, il passait une grande partie de son temps en compagnie de nombreux poètes, peintres et musiciens exceptionnels de son époque.

Cependant, l’intention louable de l’empereur de rechercher la reconnaissance artistique, au détriment de la guerre et de ses jeux de stratégie, n’augurait rien de bon pour son empire et pour la pérennité de la dynastie Song. Il remplaça de nombreux bons fonctionnaires de l’armée par des artistes célèbres, pour occuper les fonctions de ministres à la cour impériale.

Les animosités politiques à la cour impériale, dues aux divergences d’opinion, en particulier celles concernant la manière d’agir avec les pays voisins très agressifs du Nord de la Chine, sont devenues particulièrement aiguës. Ceci, d’autant plus que l’empereur s’en détournait pour se consacrer aux arts qu’il affectionnait. Il continua à construire des palais, des temples taoïstes et des jardins d’une splendeur incomparable.

 

Huizong se consacra aux arts et devint un poète, un peintre et un calligraphe talentueux. (Image : Wikimedia / CC0 1.0)
Huizong se consacra aux arts et devint un poète, un peintre et un calligraphe talentueux. (Image : Wikimedia / CC0 1.0)
 

Guerre et abdication

L’armée Song s’allia au Grand Jin pour vaincre la dynastie Liao (遼朝). C’est ainsi que la puissante cavalerie des Jin décima les forces de Liao. Puis, un certain général déserta en faveur de la dynastie Song et la cour impériale décida, de manière extrêmement imprudente, de lui accorder un titre honorifique. Les terres du général furent annexées au territoire Song préexistant. Les Jin devinrent furieux et déclarèrent immédiatement la guerre aux Song.

En réponse l’empereur Huizong abdiqua en faveur de son fils aîné, Qinzong, et pris de panique, s’enfuit à la campagne. Les Jin ripostèrent et enlevèrent le plus jeune fils de l’empereur, l’utilisant pour obtenir une  rançon pendant les pourparlers de paix qui suivirent. Finalement, l’empire Song offrit de l’argent — ainsi qu’une ville entière — pour apaiser les Jin. Ces derniers libérèrent l’otage et Huizong alla retrouver son fils aîné, l’empereur Qinzong, dans le palais impérial.

Ces retrouvailles furent interprétées comme une alliance contre les Jin et amenèrent ces derniers à déclarer à nouveau la guerre à l’empire Song. Les suggestions des généraux Song d’augmenter les patrouilles frontalières furent rejetées par Qinzong à la demande de ses ministres « artistes ».

 

Les suggestions des généraux Song d’augmenter les patrouilles frontalières furent rejetées par Qinzong. (Image : Wikimedia / CC0 1.0)
Les suggestions des généraux Song d’augmenter les patrouilles frontalières furent rejetées par Qinzong. (Image : Wikimedia / CC0 1.0)
 

La mort d’une dynastie

L’empereur Huizong et son fils Qinzong furent enlevés, ce qui représentait une honte absolue pour l’Empire Song. La cour royale entière fut envoyée en marche forcée en Mandchourie. Beaucoup moururent en route.

La dynastie Song passa sous le règne de l’empereur Gaozong, le plus jeune fils de Huizong. Qin Hui(秦檜), un fonctionnaire corrompu et vengeur, suggéra à l’empereur Gaozong d’abandonner l’idée de sauver son père et son frère aîné prisonniers des Jin, avec pour argument : « Après tout, s’ils revenaient, n’aurez-vous pas à céder le trône ? »

Les empereurs Song exilés furent gardés prisonniers dans la capitale des Jin. Huizhong passa ses derniers jours dans une grande misère, au fond d’ une cave exiguë. Il mourut le 4 juin 1135, à l’âge de 52 ans.


Traduit par Gabriel Olamsaint

Version en anglais : Song Emperor Huizong: Patron of the Arts