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Monde. La Banque mondiale dresse un tableau économique sombre pour des dizaines de pays à revenu faible ou intermédiaire

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La Banque mondiale a publié son rapport annuel, intitulé cette année « Finance for an Equitable Recovery », qui détaille les retombées financières, dues à la pandémie de Covid-19, que connaissent actuellement des dizaines de pays à revenu faible ou intermédiaire. Elle prévient qu’une crise imminente de la dette menace d’appauvrir des centaines de millions de personnes.

Cette année, plus de 70 pays à faible revenu devront effectuer des paiements supplémentaires au titre de la dette pour un montant de près de 11 milliards de dollars, soit une augmentation de 45 % par rapport à 2020, suite à une hausse significative des emprunts en 2021.

Outre l’augmentation de la dette souveraine, les systèmes financiers instables de nombreux pays les ont rendus plus vulnérables à la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt qui augmentent en réponse à cette inflation galopante.

Le rapport indique que la crise de Covid-19 « a entraîné une augmentation spectaculaire de la dette souveraine, le fardeau total moyen de la dette des pays à revenu faible et intermédiaire augmentant d’environ 9 % du PIB au cours de 2020, contre une moyenne de 1,9 % du PIB par an au cours des décennies précédentes. »

« Cette augmentation du fardeau de la dette a de graves conséquences », notamment pour les pays à faible revenu qui étaient déjà confrontés à une détérioration de leur économie avant la pandémie.

Le Sri Lanka, un exemple de ce qui est à venir

Ce qui se passe actuellement au Sri Lanka pourrait être un signe de ce qui attend des dizaines d’autres pays à faible revenu.

Selon le rapport, près de 70 % des entreprises sri-lankaises devraient être en retard dans le paiement de leurs dettes après avoir vu leurs ventes chuter de près de 80 % l’année dernière, en grande partie à cause de la pandémie.

Le 16 mai, le nouveau Premier ministre sri-lankais, Ranil Wickremesinghe, a averti son pays en crise qu’il ne restait plus qu’une journée de réserves d’essence.

« Nous sommes à court d’essence… Pour l’instant, nous n’avons des stocks d’essence que pour une seule journée », a-t-il déclaré selon l’Economic Times.

Il a ajouté que le pays n’a pas réussi à réunir les fonds nécessaires pour payer trois cargaisons de pétrole. Les navires attendent actuellement à l’extérieur du port de Colombo d’être payés afin de pouvoir décharger leur cargaison.

« Les deux prochains mois seront les plus difficiles de notre vie », a déclaré Ranil Wickremesinghe, ajoutant : « je n’ai aucune envie de cacher la vérité et de mentir au public. »

La crise était prévisible

La crise de la dette de nombreux pays était prévisible. L’effondrement du tourisme et des revenus du secteur des services ou tertiaire, causé par la pandémie, a durement frappé les pays les plus pauvres.

Si de nombreux pays à faible revenu se sont vu proposer des prêts pour faire face à la tempête, beaucoup étaient réticents à s’endetter davantage.

Des initiatives de suspension du service de la dette ont été proposées visant à reporter environ 20 milliards de dollars dus par quelque 73 pays, entre mai et décembre 2020. Toutefois, seuls 42 pays ont bénéficié de cet allègement, pour un total d’environ 12,7 milliards de dollars.

Le coût des emprunts affecte la capacité de nombreux pays à se procurer des biens et des services

À l’instar du Sri Lanka, l’économie du Ghana est au bord de l’effondrement et le Nigéria connaît une flambée des prix des aliments de base, largement imputée au président Buhari, en raison du fait que la dette du pays à triplé depuis son entrée en fonction en 2015.

Alors que la dette était une préoccupation majeure avant la pandémie, la réponse internationale à la pandémie n’a fait qu’empirer les choses.

Après le Sri Lanka, l’Afrique du Sud est-elle menacée ?

L’Afrique du Sud risque d’être le prochain pays à tomber dans le besoin. Selon le rapport de la Banque mondiale, les entreprises du pays ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 80 % pendant la pandémie et plus de 90 % des entreprises devraient être en retard dans le paiement de leurs dettes au cours des six prochains mois. Selon le rapport, l’Afrique du Sud est le pays le moins performant dans ces domaines.

Le pays connaît déjà des coupures de courant. Le lundi 16 mai, le pays a annoncé qu’il passerait à la « phase 4 » des coupures d’électricité, invoquant « une nouvelle perte de capacité de production », selon Reuters.

Jan Oberholzer, le directeur de l’exploitation d’Eskom, a indiqué que la compagnie d’électricité publique du pays a connu huit pannes majeures dans ses centrales électriques, ce qui a exacerbé la pression sur un système électrique déjà fragile.

Il a déclaré que le pays puise dans ses réserves de carburant d’urgence et qu’il « brûle actuellement deux millions de litres de diesel par jour », selon un rapport de l’agence de presse du gouvernement sud-africain. La montée en flèche des prix du diesel menace d’aggraver une situation déjà désastreuse.

Le ministre sud-africain des entreprises publiques, Pravin Gordhan, a prévenu qu’Eskom pourrait recourir à un délestage de « niveau 8 », ce qui signifie que le pays pourrait connaître des coupures de courant jusqu’à 12 heures par jour, afin d’éviter un effondrement total du réseau électrique du pays.

Bien qu’elles ne soient pas aussi mauvaises que celles du Sri Lanka, les réserves étrangères nettes de l’Afrique du Sud ont connu une baisse significative en avril, passant de 55,388 milliards de dollars à 54,626 milliards de dollars, a déclaré la Reserve Bank du pays le 9 mai.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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