Ni gadget à la James Bond ni roman de John le Carré, c’est un simple morceau d’adhésif qui a trahi un fonctionnaire chinois. Selon un compte WeChat de l’administration chargée des secrets d’État, publié le 14 octobre 2026, cet homme aurait enregistré en secret, à plusieurs reprises, des réunions internes, puis vendu ces informations à l’étranger. Il a été démasqué quand son enregistreur caché est tombé en pleine séance. Cet espionnage en Chine, révélé par les autorités elles-mêmes, relance la question des fuites au sein du Parti communiste chinois (PCC).
Un enregistreur caché tombe en pleine réunion
La scène s’est déroulée dans un ministère chinois, dont le nom n’est pas précisé. Pendant une réunion classifiée, un enregistreur en marche est soudain tombé sous un siège.
L’appareil était collé avec un adhésif puissant, qui avait perdu de sa force à force d’être utilisé. Les participants ont donné l’alerte, et les enquêteurs ont identifié un employé du ministère, désigné par son seul nom de famille, Zhang.
Ces faits proviennent d’un article du compte WeChat « Observatoire du secret » (保密观). Ce compte dépend du Bureau national de la protection du secret d’État (国家保密局), l’organisme qui veille à la sécurité des informations classifiées.
Près de 300 000 documents dérobés
Selon l’article, M. Zhang téléchargeait depuis longtemps des fichiers sur le réseau informatique de son administration, contre le règlement. Il entrait aussi avec son téléphone dans des lieux classifiés pour y photographier des documents.
Il aurait également caché des enregistreurs dans les salles de réunion afin de capter les échanges en secret. Il aurait ensuite vendu personnellement des secrets d’État à des services de renseignement étrangers.
Au moment de son arrestation, il aurait volé près de 300 000 documents internes.
Les internautes dénoncent des contrôles de façade
L’affaire a fait réagir les internautes chinois. L’un d’eux a écrit : « Si un enregistreur peut entrer et sortir d’une salle classifiée à plusieurs reprises, le contrôle à l’entrée est devenu une simple formalité. »
Un autre commentaire est plus dur. Selon lui, on répète chaque jour qu’il faut garder le secret, mais des enregistreurs traînent dans les salles de réunion. Chaque arrestation est présentée comme une grande affaire, alors que les vraies fuites seraient dix fois plus nombreuses.
Ces avis n’engagent que leurs auteurs et ne constituent pas des faits établis.
L’espionnage en Chine, des précédents lourdement punis
Les affaires d’espionnage en Chine ne sont pas nouvelles, selon la presse officielle et les sites du gouvernement.
Huang Yu travaillait dans une unité de recherche classifiée et avait vendu des documents très sensibles, comme des paramètres techniques, des algorithmes secrets et des codes sources de systèmes de communication sécurisée.
Vingt-neuf personnes de son ancienne unité ont été sanctionnées, et des membres de sa famille ont aussi été condamnés. M. Huang a été exécuté en mai 2016, à 42 ans.
Zhao Xuejun était chercheur dans l’armement et l’aérospatiale. Il aurait vendu de nombreuses données classifiées après un séjour d’études à l’étranger.
M. Hou était cadre d’une administration municipale et avait de lourdes dettes de jeu en ligne. Il a photographié des documents classifiés et les a envoyés à l’étranger, pour un gain de plus de 70 000 yuans, soit environ 9 300 euros.
M. Li travaillait pour une administration provinciale. Il aurait rejoint une « organisation d’espionnage », puis serait rentré en Chine pour voler des secrets.
La CIA cherche des informateurs
De son côté, l’Agence centrale de renseignement des États-Unis (CIA) a publié quatre vidéos en chinois pour recruter des informateurs au sein de l’État chinois.
Deux vidéos sont sorties en mai 2025. Elles s’adressaient aux hauts responsables du PCC et à leurs secrétaires, et montraient comment chercher une issue pour soi et sa famille en contactant la CIA.
La troisième vidéo date de janvier 2026. Elle visait les responsables prêts à donner des informations aux Américains et expliquait comment joindre la CIA en toute sécurité, par le dark web ou un réseau privé virtuel (VPN).

La quatrième est sortie le 12 février 2026 sous le titre Les raisons de se lever, pour sauver l’avenir (挺身而出的原因:为拯救未来). Elle vise les militaires et s’appuie sur les purges menées dans l’armée au nom de la lutte contre la corruption.
Des confidences anonymes impossibles à vérifier
En mai 2025, deux sources anonymes se sont confiées à des médias chinois installés à l’étranger. Selon elles, 80 à 90 % des responsables du système seraient opposés au PCC dans leur for intérieur, et un tiers au moins adhérerait aux valeurs universelles.
Ces responsables, étroitement surveillés, n’oseraient pas agir. Beaucoup auraient vu les vidéos de la CIA et attendraient de voir si les tensions sociales atteignent un point critique.
Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Rédacteur Yi Ming
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