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Chine. Covid-19 en Chine : le Sichuan face à un nouveau confinement et à l’anxiété

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Le 28 juillet, la province du Sichuan, située dans le sud-ouest de la Chine, a annoncé l’état d’urgence en réponse à une suspicion d’épidémie de Covid-19, et demandé de renforcer les mesures de prévention et de contrôle de l’épidémie. Toutes les personnes entrant dans la province ont dû subir une quarantaine centralisée de 14 jours, suivie d’une quarantaine à domicile de 7 jours. La perspective d’un nouveau confinement a réveillé la peur et l’anxiété au sein de la population.

Le 28 juillet 2021, la commission municipale de la santé de Chengdu, province du Sichuan, a annoncé trois nouveaux cas confirmés de Covid-19. Les trois cas appartiennent à une même famille. Cependant, le manque de transparence concernant les données publiées par les autorités chinoises a été largement remis en question par la population.

Immédiatement après l’annonce, les médias publics locaux de Chengdu ont publié un article demandant à la population de « ne pas croire aux rumeurs, ne pas diffuser de rumeurs et ne pas créer de rumeurs. »

L’épidémie s’étend de Nanjing à cinq provinces

Auparavant, le contrôle de la pandémie en Chine était concentré sur la ville de Nanjing, province du Jiangsu. Entre le 20 et le 27 juillet, un total de 153 cas confirmés ont été signalés par les autorités de Nanjing. L’épidémie a commencé à l’aéroport international de Nanjing Lukou. Depuis le 20 juillet, l’épidémie s’est étendue à plus de 10 localités de cinq provinces, dont le Jiangsu, l’Anhui, le Guangdong, le Sichuan et le Liaoning.

Le gouvernement de Nanjing a annoncé le 27 juillet que la souche à l’origine de l’épidémie est une souche mutante Delta. Ding Jie, le directeur adjoint du CDC (Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies) de Nanjing, a déclaré que l’épidémie est hautement transmissible et se propage rapidement. Une vidéo montrant l’utilisation par le gouvernement de Nanjing de 240 excavatrices pour niveler une colline a conduit la population à penser qu’il s’agissait d’une action visant à construire un hôpital « Fangcang » (hôpital militaire de campagne), nom utilisé pour décrire.les installations de fortune servant à accueillir un grand nombre de patients infectés par le virus COVID-19 au cours des premiers mois de la pandémie à Wuhan. Les responsables gouvernementaux ont démenti avec véhémence ces spéculations.

Le 28 juillet, les autorités de la ville de Suzhou, dans la province de Jiangsu, ont ordonné la suspension totale des lignes d’autocars longue distance à destination de Nanjing, y compris celles qui ne font que traverser la ville. Dans l’intervalle, les cars de tourisme ne sont pas autorisés à prendre ou à déposer des passagers à Nanjing. Les autorités ont également suspendu les services de location de voitures et de taxis en ligne à destination et en provenance de Nanjing. Au total, 2 320 pharmacies de détail de la ville ont été interdites de vendre quatre catégories de médicaments, notamment des antipyrétiques, des antitussifs, des antiviraux et des antibiotiques.

Alors que l’épidémie se poursuit à Nanjing, le nombre de nouveaux cas dans d’autres régions semble augmenter. Les notifications officielles des différentes provinces divulguent les cas associés à Nanjing avec un langage ferme, tout en occultant le nombre de cas non liés à Nanjing. Par exemple, le Sichuan, l’Anhui (une province du centre de la Chine) et le Liaoning (une province du nord-est de la Chine) ont tous tenté de rejeter la responsabilité des épidémies survenues dans leur région sur Nanjing.

Certains analystes ont suggéré que l’épidémie dans les autres provinces n’a peut-être pas été causée par Nanjing mais que les gouvernements des autres provinces ont utilisé Nanjing comme bouc émissaire pour tous les cas survenus dans leurs propres régions.

Tests massifs et pénuries alimentaires

Au Sichuan, un « journaliste citoyen » souhaitant garder l’anonymat a découvert que la rue Dongpo du district de Qingyang avait été fermée. C’est dans ce quartier que vit la personne soupçonnée d’être infectée et ses environs sont également soumis à un contrôle de sécurité strict.

Une jeune femme a rapporté avoir été empêchée de rentrer chez elle après avoir fait son jogging parce qu’elle avait le malheur de vivre dans une zone désignée comme verrouillée par les autorités.

La police locale a déclaré que le district autorisait les entrées et non les sorties, car il a été déterminé qu’il y avait des cas suspects de Covid. Dans le même temps, tous les citoyens de Chengdu ont été invités à la soumission de tests d’acide nucléique Covid-19 pendant la nuit.

Un grand nombre de personnes faisaient la queue pour le test de détection d’acide nucléique dans un centre commercial. Beaucoup d’entre elles ont déclaré avoir été informées de l’existence de cas suspects. L’avis demandait à tout le personnel du centre commercial de ne pas partir après le travail et de se soumettre à des tests d’acide nucléique. Ceux qui étaient déjà rentrés chez eux ont également été rappelés pour subir les tests.

Un homme dans la rue a déclaré via ses clips vidéo : « Il y a trop de gens qui attendent pour les tests d’acide nucléique. La queue fait au moins 2 kilomètres ou plus. Il faut attendre pendant plusieurs heures ».

Dans d’autres villes du Sichuan, comme Mianyang, une troisième série de tests était en cours le 28 juillet.

En raison de l’apparition soudaine de l’épidémie à Chengdu, la crainte d’une pénurie alimentaire s’est accrue. Beaucoup de gens ne font plus confiance au gouvernement et ont des doutes concernant les informations sur l’ampleur de l’épidémie ou sur la perspective d’un nouveau confinement. Dans les supermarchés, les stocks de légumes et de viande ont été vendus en peu de temps. Il restait peu de légumes sur les étals des marchés et à peine un morceau de viande dans les boucheries. Une personne a déclaré via sa propre vidéo : « Tout a été vendu, il n’y a plus de viande. »

Trois étapes de contrôle, résumant le contenu de la prévention et du contrôle de la pandémie en Chine

Les autorités du Sichuan ont annoncé l’état d’urgence et soumis la zone à quatre niveaux de contrôle de prévention : zone de quarantaine, zone contrôlée, zone environnante à risque et autres zones. Les tests Covid seront effectués en premier dans les zones de quarantaine, ensuite dans les zones contrôlées, puis dans les autres zones.

Concernant la zone de quarantaine, la gestion mise en œuvre s’avère totalement hermétique et personne n’est autorisé à quitter son domicile. Dans la zone contrôlée, les personnes sont autorisées à entrer mais pas à sortir. Les activités jugées essentielles sont autorisées, mais les rassemblements sont strictement interdits. Dans les zones à risque environnantes, toutes les activités à grande échelle, dans les théâtres, les salles de danse, les salles de jeux et autres lieux de loisirs et de divertissement sont suspendues.

Les trois étapes de contrôle de la pandémie de Chengdu concernent la fermeture des routes, la fermeture des communautés et les tests centralisés. Ces trois étapes constituent en fait le contenu essentiel de la prévention et du contrôle de la pandémie en Chine.

Rédacteur Fetty Adler

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