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Opinion. Deuil national ou 70ème anniversaire du Parti ? Histoire de la souffrance du peuple chinois (1/6)

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Le 1er octobre est un jour férié officiel en Chine. C’est le jour anniversaire de la création du Parti communiste chinois (PCC). Avec le Nouvel An chinois, il s’agit des deux plus longs jours fériés en Chine. Le peuple chinois, profitant de ce long congé, peut parfois ne pas prêter attention à la signification de cette « semaine d’or ». Elle célèbre le fait que la « République populaire de Chine » a été établie en Chine continentale. Mais, certains Chinois ignorent qu’après l’émergence de la « République populaire de Chine » sur le sol chinois, celle-ci a apporté souffrances, désastres et privations au peuple chinois.

En effet, après la création du Parti communiste chinois, pas moins de 80 millions de Chinois sont morts de faim, de persécution, ou sous les tirs d’armes à feu, lors d’une période de paix, où il n’y avait aucune invasion étrangère. Cette estimation des chercheurs occidentaux a été confirmée ces dernières années par les recherches et les études de quelques courageux chercheurs en Chine.

Les informations et les chiffres suivants sont des extraits de la lecture de journaux. Ils ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Deuil national ou 70ème anniversaire du Parti ? Histoire de la souffrance du peuple chinois
Les campagnes des « trois-anti et des cinq-anti », visaient pour les « trois-anti », certains membres du PCC, les anciens membres du Kuomintang et les officiels bureaucratiques qui n’étaient pas membres du PCC. Pendant les « cinq-anti », elle a visé les capitalistes, avec une lutte contre les cinq maux : la corruption, le vol de propriété de l’État, l’évasion fiscale, la fraude sur les marchés publics, la stagnation économique. (Image : wikimedia / Domaine publique)

1. 1950 – 1955 : les premières années du régime communiste

Au début des années 1950, peu après la fondation de la République populaire de Chine, le Parti communiste a lancé les campagnes « Réforme agraire, suppression de l’opposition » et « trois-anti et cinq anti », qui ont conduit à l’exécution ou à la persécution à mort d’un grand nombre de Chinois. Selon Andrew Nathan, professeur de sciences politiques à l’université Columbia et expert de la Chine, dans son livre Chinese Democracy, 20 millions de personnes ont été qualifiées de « riches, anti-démocratie » au début des années 1950.

De son côté, Nicholas Kristof, journaliste et chroniqueur a déclaré dans son livre China Wakes (1994) : « Un rapport présenté par Luo Ruiqing, l’ancien ministre de la sécurité publique du Parti communiste, estime que quatre millions de personnes ont été exécutées entre 1948 et 1955. »

Dans son rapport d’enquête Mass Death in Mao’s China (publié en série les 17 et 18 juillet 1994), l’ancien correspondant du Washington Post, Dan Southerland, aujourd’hui directeur adjoint de Radio Free Asia à Washington, a précisé qu’entre 1 et 4 millions de « propriétaires terriens » ont été tués et plus d’un million de « contre-révolutionnaires » et de sympathisants du régime national ont été tués. La persécution des chrétiens et les « purges » de 1953 ont fait au moins plusieurs centaines de milliers de victimes.

Selon Le livre noir du communisme écrit par l’universitaire français : Stéphane Courtois et traduit en anglais par Mark Kramer : « De 1950 à 1957, la lutte de liquidation urbaine du Parti communiste a entraîné plus d’un million de morts non naturelles ».

Le rapport de 1996, intitulé Faits des mouvements politiques historiques depuis la fondation de la République populaire, compilé par le Bureau de recherche sur l’histoire du Parti du Comité central du PCC, précise que : la « répression » menée en deux étapes du début de 1949 au début de 1952 a permis de supprimer plus de 1 576 100 contre-révolutionnaires, dont plus de 873 600 ont été condamnés à mort.

À partir des chiffres ci-dessus, il est possible de déduire que le nombre de morts de manière non naturelle au cours de cette période se situerait entre 900 000, comme le mentionne le rapport du Bureau de recherches historiques du PCC et les 4 millions estimés par Luo Ruiqing, voire plus.

Deuil national ou 70ème anniversaire du Parti ? Histoire de la souffrance du peuple chinois
Dans son livre Chinese Democracy, Andrew Nathan, professeur de sciences politiques à l’université Columbia et expert de la Chine, estime que 20 millions de personnes ont été qualifiées de « riches, anti-démocratie » au début des années 1950. (Image : wikimedia / Yeuh Hsu / Domaine publique)

2. Le mouvement anti-droite du milieu des années 1950 : la deuxième période de l’établissement du PCC

Selon le livre, Le désastre de la « gauche » de la Chine (ou les anti-droitiers), publié en 1993 par la maison d’édition Chaohua à Pékin, 552 973 personnes au total ont été qualifiées de « droitières » au cours de la campagne « anti-droite ». Au moment de la publication du livre, seuls 96 des droitiers susmentionnés n’avaient pas été « réhabilités ». Les autorités communistes ont insisté sur le fait que le mouvement « anti-droite » était juste.

Le rapport précité compilé par le Bureau de recherche sur l’histoire du Parti du Comité central du PCC et d’autres départements en 1996 précise que : « Pendant toute la durée du mouvement anti-droite, plus de 2 013 300 personnes ont été désignées comme des droitiers, des éléments de droite et des éléments marginaux de droite (c’est-à-dire des droitiers non étiquetés), plus de 72 700 personnes ont été arrêtées, plus de 22 100 se sont suicidées et plus de 3 500 sont mortes de façon non naturelle ou ont disparu ».

Il ressort de ce rapport que plus de deux millions de personnes ont été persécutées pendant le mouvement anti-droite et presque toutes étaient des intellectuels. Étant donné qu’il y avait un peu plus de 5 millions d’intellectuels en Chine au milieu des années 1950, 40 % d’entre eux ont été persécutés à cette époque.

Rédacteur Jean-Baptiste Adrien-Clotaire

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