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Bien-être. Les produits ménagers impacteraient le microbiome intestinal

SANTÉ > Bien-être

Une équipe de chercheurs a pour la première fois établi une corrélation entre les niveaux de bactéries et de champignons dans le tractus gastro-intestinal des enfants et la quantité de substances chimiques présentes dans leur environnement domestique. (Image : Michael Tavrionov / Pixabay)

Une équipe de chercheurs a pour la première fois établi une corrélation entre les niveaux de bactéries et de champignons (microbiome intestinal) présents dans le tractus gastro-intestinal des enfants et la quantité de substances chimiques courantes, présentes dans leur environnement domestique. Le résultats de ces travaux, publié ce mois-ci dans Environmental Science and Technology Letters, pourrait permettre de mieux comprendre comment ces composés organiques semi-volatils peuvent affecter la santé humaine.

Courtney Gardner, professeur adjoint au département de génie civil et environnemental de luniversité de lÉtat de Washington, est lauteur principal de ce document, quelle a réalisé en tant que chercheuse postdoctorale en collaboration avec luniversité de Duke. Le microbiome intestinal, ou la communauté de microbes vivant dans notre tractus intestinal, suscite un intérêt croissant chez les chercheurs, ces dernières années.

Courtney Gardner. (Image : Washington State University)
Courtney Gardner. (Image : Washington State University)

On pense que les microbes présents dans notre intestin, incluant une grande variété de bactéries et de champignons, affectent de nombreux processus, allant de labsorption des nutriments à notre immunité. Un microbiome malsain serait impliqué dans des maladies comme lobésité, lasthme et la démence. Les chercheurs de cette étude ont mesuré les niveaux de composés semi-organiques omniprésents dans le sang et lurine, chez 69 enfants en bas âge et âge préscolaire, puis, à laide déchantillons de matières fécales, ont étudié le microbiome intestinal des enfants.

Les composés organiques semi-volatils quils ont mesurés incluaient des phtalates utilisés dans les détergents, les vêtements en plastique tels que les imperméables, les rideaux de douche et les produits de soins personnels tels que le savon, le shampoing et la laque pour les cheveux, ainsi que des substances per- et polyfluoroalkyles (PFAS), utilisées dans les tissus antitaches et hydrofuges, les revêtements pour tapis et meubles, les produits de cuisson antiadhésifs, les vernis, les peintures et les produits de nettoyage.

En examinant le taux de champignons et de bactéries présents dans l'intestin des enfants , les chercheurs ont constaté que ceux qui avaient des taux plus élevés de ces substances chimiques dans le sang présentaient des différences dans leur microbiome intestinal. (Image : ds_30 / Pixabay)
En examinant le taux de champignons et de bactéries présents dans lintestin des enfants, les chercheurs ont constaté que ceux qui avaient des taux plus élevés de ces substances chimiques dans le sang présentaient des différences dans leur microbiome intestinal. (Image : ds_30 / Pixabay)

Les gens sont quotidiennement exposés à de tels produits chimiques dans lair et à la poussière dans leurs maisons, en particulier les jeunes enfants qui peuvent les ingérer en rampant sur les tapis ou en portant fréquemment des objets à leur bouche. En examinant les niveaux de champignons et de bactéries dans l'intestin des enfants, les chercheurs ont constaté que ceux qui avaient des niveaux plus élevés de ces produits chimiques dans le sang présentaient des différences dans leur microbiome intestinal.

Les enfants avec des niveaux plus élevés de SPFA dans le sang présentaient une réduction de la quantité et de la diversité des bactéries du microbiome intestinal, alors que les enfants avec des niveaux plus élevés de phtalates dans le sang présentaient une réduction des populations de champignons du microbiote intestinal. « Cette corrélation entre les niveaux sanguins de produits chimiques et une moindre abondance des organismes bactériens s’avère particulièrement marquée et préoccupante chez l’ensemble des petits enfants de l’étude » a déclaré Courtney Gardner, ajoutant : « Ces microbes ne sont peut-être pas les principaux moteurs et peuvent avoir des rôles plus subtils dans notre biologie, mais il se peut qu’un de ces microbes ait une fonction unique et que la diminution de ses niveaux ait un impact significatif sur la santé ».

Les chercheurs ont également découvert, de manière surprenante, que les enfants qui avaient des niveaux élevés de composés chimiques dans leur sang avaient également dans leur intestin plusieurs types de bactéries qui ont été utilisées pour nettoyer les produits chimiques toxiques. Les bactéries de déshalogénation ont été utilisées pour la biorestauration afin de dégrader les produits chimiques halogénés persistants tels que les solvants de nettoyage à sec de lenvironnement. Ces bactéries ne se trouvent généralement pas dans l'intestin humain.

« Trouver des niveaux accrus de ce type de bactéries dans l’intestin signifie que, potentiellement, le microbiome intestinal essaie de se corriger lui-même », a déclaré Courtney Gardner.

Courtney Gardner espère utiliser les informations recueillies dans le cadre de létude pour développer un outil de diagnostic pour les personnes et peut-être de futures interventions probiotiques pour améliorer les résultats en matière de santé.

« Bien que ces données ne dénotent pas un lien de causalité, elles donnent une indication des types d’organismes qui peuvent être affectés par l’exposition à ces composés et constituent un tremplin pour de futures recherches. Une compréhension plus globale des interactions entre les produits chimiques fabriqués par l’homme, le microbiome intestinal et la santé humaine est une étape essentielle pour faire progresser la santé publique » a-t-elle dit.

Fourni par : Washington State University (Note : le contenu et la longueur des documents peuvent être modifiés).

Rédacteur Fetty Adler

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