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Monde. Alors que les yeux du monde sont rivés sur la guerre en Ukraine, l’Éthiopie est minée par une guerre civile qui menace un demi-million de personnes

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Alors que les yeux du monde sont rivés sur la guerre en Ukraine, le conflit éthiopien, qui a débuté en 2020, a reçu peu d’attention de la part des médias. Cependant, les conséquences de ce conflit pour des millions de personnes ont été terribles, les experts estimant qu’il a fait plus de 500 000 morts et poussé des millions de personnes sous le seuil de pauvreté.

Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) affirment que les civils tigréens en Éthiopie ont été pris pour cible dans « une campagne implacable de nettoyage ethnique » dans la région contestée du Tigré, depuis que le pays est entré en guerre en novembre 2020.

Selon HRW, après le déclenchement de la guerre, plusieurs centaines de milliers de Tigréens ont été expulsés de l’ouest du Tigré par les forces de sécurité et les autorités civiles qui se sont livrées à des exactions fondées sur l’origine ethnique, telles que des viols, des meurtres et des pillages.

Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, a déclaré : « Depuis novembre 2020, les responsables et les forces de sécurité de l’Amhara se sont engagés dans une campagne implacable de nettoyage ethnique pour forcer les Tigréens du Tigré occidental à quitter leurs foyers », ajoutant que « les autorités éthiopiennes ont fermement nié l’ampleur choquante des crimes qui ont été commis et n’y ont manifestement pas remédié. »

Human Rights Watch affirme que les responsables nouvellement nommés dans le Tigré occidental et les services de sécurité de la région voisine d’Amhara, avec l’aide éventuelle des forces fédérales éthiopiennes, ont systématiquement expulsé plusieurs centaines de milliers de civils tigréens de leurs foyers en recourant à des menaces, des assassinats illégaux, des violences sexuelles, des détentions massives, des pillages, des transferts forcés et en leur refusant l’aide humanitaire.

« Ces attaques généralisées et systématiques contre la population civile tigréenne constituent des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre », affirme HRW.

Le conflit a attiré l’attention du porte-parole du département d’État américain, Ned Price, qui a récemment publié une déclaration, disant : « les États-Unis réitèrent leur grave préoccupation face aux rapports continus d’atrocités à motivation ethnique commises par les autorités amhara dans l’ouest du Tigré. En particulier, nous sommes profondément troublés par les conclusions du rapport selon lesquelles ces actes équivalent à un nettoyage ethnique. »

Jusqu’à 500 000 morts

Jan Nyssen, qui fait partie d’une équipe de chercheurs de l’université de Gand, en Belgique, et qui a suivi de près le conflit, estime que depuis le début du conflit, 50 000 à 100 000 personnes ont été tuées directement et qu’entre 150 000 et 200 000 personnes sont mortes de faim. On estime que 100 000 décès supplémentaires sont dus au manque d’accès aux soins de santé en raison du conflit.

Human Rights Watch appelle à une action immédiate pour résoudre le conflit et garantir l’accès à la région pour les agences humanitaires.

L’organisation demande que toutes les personnes détenues arbitrairement soient libérées et que toutes les parties responsables de ces abus fassent l’objet d’une enquête et de poursuites.

Selon Human Rights Watch : « Tout accord consensuel conclu par les parties au conflit armé devrait inclure le déploiement d’une force internationale de maintien de la paix dirigée par l’UA dans la zone du Tigré occidental afin de garantir la protection de toutes les communautés contre les abus. »

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, estime que la réponse des partenaires internationaux et régionaux de l’Éthiopie « n’a pas reflété la gravité des crimes qui continuent de se dérouler dans le Tigré occidental », ajoutant que « les gouvernements concernés doivent contribuer à mettre un terme à la campagne de nettoyage ethnique, faire en sorte que les Tigréens puissent rentrer chez eux en toute sécurité et de leur plein gré, et déployer des efforts concertés pour obtenir justice pour ces crimes odieux. »

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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