Le président Trump a déclaré le 20 janvier qu’il n’y avait « pas de retour en arrière » sur la question du Groenland. Il souligne, par ces propos, l’importance de la région qu’il estime cruciale pour la sécurité des États-Unis et du monde. Par ailleurs, il n’exclut pas la possibilité de prendre des mesures plus fermes.
« Le Groenland est vital pour la sécurité nationale et la sécurité mondiale : il n’y a pas de retour en arrière possible », a déclaré Donald Trump.Ces déclarations ont encore exacerbé les tensions entre les États-Unis et leurs alliés européens. Dans les faits, le Groenland est actuellement administré par le Danemark, membre de l’OTAN.
Donald Trump a tenu ces propos après un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Il a ensuite publié sur les réseaux sociaux plusieurs images générées par intelligence artificielle, dont une le montrant brandissant un drapeau américain au Groenland, et une autre représentant le Canada et le Groenland comme faisant partie du territoire américain.
Vives réactions de la France et de l’UE et risque de tensions commerciales accrues
Sur la question du Groenland, les présidents Emmanuel Macron et Donald Trump ont affiché des divergences marquées. Donald Trump a par la suite rendu public un échange privé entre les deux hommes. Au cours de cet échange, Emmanuel Macron déclarait ne pas comprendre la position américaine sur le Groenland et suggérait la tenue d’une réunion du G7, après le forum de Davos, afin de coordonner les efforts.
Donald Trump avait précédemment affirmé que si les pays européens faisaient obstacle à la position américaine, il envisagerait d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 200 % sur le vin et le champagne français.
L’Union européenne a évalué des contre-mesures, notamment le recours possible à l’Instrument anti-coercition qui pourrait restreindre l’importation de produits américains d’une valeur d’environ 93 milliards d’euros. Encore jamais utilisé, l’instrument anti-coercition (ACI) de l’Europe a été créé en 2023. Avant tout « conçu pour dissuader », il permet « de réagir, conformément au droit international et en dernier recours, en cas de chantage économique exercé par un pays étranger sur l’Union ou les États membres dans le but d’influencer une politique ou une position spécifique », peut-on lire sur le site Toute l’Europe.
Le Premier ministre danois, Mme Mette Frederiksen, a déclaré au Parlement : « Nous pouvons discuter de politique, d’économie et de sécurité, mais la souveraineté, la démocratie et les frontières nationales ne sont pas négociables. »
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a précisé à Davos que l’Europe devait construire « une Europe plus stratégiquement, autonome dans le nouvel environnement international ».
Les États-Unis minimisent le conflit et le secrétaire au Trésor américain tente d’apaiser les tensions
Face aux inquiétudes concernant la détérioration des relations entre les États-Unis et l’Union européenne, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a cherché à calmer les esprits.
S’exprimant à Davos, il a déclaré que les réactions à la question du Groenland étaient « excessivement tendues ». « Cela ne fait que 48 heures, il n’y a pas lieu de surinterpréter la situation. Je suis convaincu qu’une solution bénéfique à la fois pour les États-Unis et l’Europe sera finalement trouvée », a-t-il ajouté.
Les marchés, cependant, sont restés prudents. Les contrats à terme sur les actions américaines ont baissé tandis que les cours de l’or ont augmenté, témoignant de la crainte des investisseurs face aux risques géopolitiques et aux frictions commerciales.
Selon Axios, le site web d’information, la Maison Blanche considère le forum de Davos de cette année comme une vitrine politique et économique majeure. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a dirigé la délégation et a tenu des points de presse quotidiens avant l’arrivée de Donald Trump. Il a abordé des thèmes tels que « Les investisseurs avisés misent sur l’Amérique » et « Le commerce " L’Amérique d’abord " change le monde ».
Scott Bessent a également rencontré le vice-Premier ministre chinois He Lifeng.
Citant des sources gouvernementales, Axios rapporte que la Maison Blanche entend établir un contraste marqué à Davos entre « la dynamique économique américaine » et « la croissance européenne atone », tout en critiquant ouvertement l’élite mondiale.
Dans son discours, Scott Bessent a déclaré : « À l’approche du 250e anniversaire des États-Unis, le président Trump a inauguré une nouvelle phase de " prospérité parallèle " : l’économie réelle et la finance se développeront de concert ».
Il a également averti que toute riposte européenne concernant le Groenland serait « très imprudente ».
Davos : les États-Unis misent sur une « entrée en force »
Le Washington Post a noté que le forum de Davos de cette année s’est transformé, d’un rassemblement économique traditionnel, en une arène diplomatique centrée sur la politique de Donald Trump.
Des responsables de la Maison Blanche ont indiqué que Donald Trump met l’accent sur la croissance économique et l’accessibilité au logement, et que « L’Amérique d’abord » ne signifie pas « L’Amérique seule », et la redéfinition de l’ordre économique mondial.
L’Administration Trump prévoit également de contourner les médias internationaux traditionnels et de communiquer directement avec le public américain via des plateformes proches des Républicains. Des médias comme Real America’s Voice assurent une couverture en continu depuis Davos.
Un responsable gouvernemental a déclaré à Axios : « Il ne s’agit pas d’un voyage défensif, mais d’une démonstration de force illustrant la domination économique des États-Unis. »
Les répercussions du différend au Groenland attirent l’attention de la Russie
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est également exprimé sur le Groenland, déclarant que l’île « ne fait pas partie intégrante du Danemark », tout en niant toute intention d’intervention russe.
Selon les analystes, le désaccord entre les États-Unis et l’Union européenne au sujet du Groenland crée un espace stratégique pour d’autres grandes puissances et met à l’épreuve la coordination au sein de l’OTAN.
Alors que Donald Trump s’apprêtait à prononcer un discours et à promouvoir son concept de « Commission pour la paix », le forum de Davos de cette année est passé d’une réunion économique à une scène cruciale pour les manœuvres géopolitiques.
Rédacteur Charlotte Clémence
Source : Trump Says There Is ‘No Turning Back’ on Greenland as US–EU Tensions Escalate
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