L’Antarctique enregistre la température la plus élevée de son histoire

Par Vision Times
Le 27/02/2020
L’Antarctique a enregistré récemment sa journée la plus chaude avec une température de 64,9°F (18,28°C). (Image : pixabay / CC0 1.0)
L’Antarctique a enregistré récemment sa journée la plus chaude avec une température de 64,9°F (18,28°C). (Image : pixabay CC0 1.0)
 

L’Antarctique a enregistré récemment sa journée la plus chaude avec une température de 64,9°F (18,28°C). Le relevé a été effectué à la base d’Esperanza, une station de recherche scientifique située au nord-ouest du continent, considérée comme l’une des régions du monde où le réchauffement est le le plus rapide.

L’augmentation de la température

La température record «est de 0,8°C (1,4 F) plus chaude que le précédent pic de température de 17,5°C (63,5°C), en mars 2015... Alors que 18,3°C (64,9F) est un record pour l’Antarctique, le record dans la région antarctique au sens large - qui comprend le continent, les îles et l’océan qui se trouvent dans la zone climatique antarctique - est de 19,8°C (67,6 F), enregistré en janvier 1982», selon la BBC.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies a vérifié les relevés de température, et une porte-parole a déclaré qu’un tel chiffre n’est pas quelque chose que l’on associerait normalement à l’Antarctique, même en été. Au cours des 50 dernières années, l’Antarctique a connu une augmentation de température de 5,4 degrés Fahrenheit. Près de 87 % des glaciers de la côte ouest ont «reculé» pendant cette période. On dit qu’un glacier est en retrait lorsque son extrémité inférieure ne s’étend pas jusqu’au fond de la vallée comme c’était le cas auparavant.

Entre 1979 et 2017, la quantité de glace perdue annuellement par la calotte glaciaire de l’Antarctique a été multipliée par 6. Selon un récent rapport publié dans les Actes de l’Académie nationale des sciences (PNAS), la fonte massive de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental a été le principal déclencheur de la hausse du niveau des mers il y a environ 129 000 - 116 000 ans, une période que l’on appelle le «dernier âge interglaciaire».

 

La fonte massive de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental a été le principal déclencheur de la hausse du niveau des mers lors du «dernier âge interglaciaire», il y a environ 129 000 - 116 000 ans. (Image : Jason Auch / wikimedia / CC BY 2.0)
La fonte massive de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental a été le principal déclencheur de la hausse du niveau des mers lors du «dernier âge interglaciaire», il y a environ 129 000 - 116 000 ans. (Image : Jason Auch / wikimediaCC BY 2.0)
 

«Non seulement nous avons perdu une grande partie de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental, mais cela s’est produit très tôt au cours de la dernière période interglaciaire... La fonte a probablement été causée par un réchauffement des océans avec des températures plus chaudes de moins de 2°C (35,6°F) - et c’est quelque chose qui a des implications majeures pour l’avenir, étant donné l’augmentation de la température des océans et la fonte de l’Antarctique occidental qui se produit aujourd’hui», a déclaré Chris Turney, professeur en sciences de la terre et du climat à l’UNSW Sydney et auteur principal de l’étude, à Science Daily.

Et bien que certains alarmistes peuvent prétendre que le monde entier finira sous l’eau en raison de la fonte des calottes polaires, ce n’est du tout le cas. Même si toute la glace de l’Antarctique, du Groenland et de tous les autres glaciers de montagne du monde devait fondre, le niveau des mers n’augmenterait que de 70m au maximum. Cela ferait submergeraient probablement toutes les villes côtières. Cependant, les régions intérieures ne seraient pas touchées et resteraient habitables. Pour être réaliste, il s’agit d’un scénario extrême qui ne se réalisera probablement jamais. Au pire, nous pourrions voir le niveau de la mer augmenter de quelques dizaines de mètres. Même pendant la dernière période interglaciaire, le niveau de la mer n’a augmenté que de 3 mètres.

L’effondrement de l’iceberg

Le glacier de Pine Island, classé comme l’un des glaciers dont le rétrécissement est le plus rapide en Antarctique, a récemment perdu une grande partie de sa calotte au profit de la mer. L’iceberg qui s’est détaché du glacier de Pine Island était environ deux fois plus grand que celui du district de Columbia. Cependant, il n’a pas gardé longtemps cette taille car il s’est rapidement fragmenté dans l’océan.

 

Le glacier de Pine Island est répertorié comme l’un des glaciers de l’Antarctique qui rétrécit le plus rapidement. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
Le glacier de Pine Island est répertorié comme l’un des glaciers de l’Antarctique qui rétrécit le plus rapidement. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
 

On ne s’attend pas à ce que cet incident ait un impact significatif sur le niveau de la mer. «Le vêlage fait partie de la vie normale des formations de glace dont certaines sections flottent sur l’eau... Étant donné que la glace au bord du glacier flottait déjà, cette glace ne contribuera pas directement à l’élévation du niveau de la mer lorsqu’elle va inévitablement fondre», selon Live Science.

Le glacier de Pine Island mesure près de 249kms de long et son épaisseur est de 1,9kms, pour une superficie totale d’environ 175000km2. La zone drainée par le glacier représente environ 10 % de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental.


Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Antarctica Records Hottest Temperature in History