Le dernier gouverneur de Hong Kong accuse la Chine

Le 07/02/2019
Chris Patten, le dernier gouverneur britannique de Hong Kong. (Image: The National)

 

Le dernier gouverneur britannique de Hong Kong, Chris Patten, a condamné le gouvernement chinois pour avoir tenté de restreindre les libertés de Hong Kong et de Taïwan. Le Président chinois Xi Jinping avait récemment indiqué qu'il utiliserait la force militaire si nécessaire pour prendre le contrôle de Taïwan.

 

La démocratie à Hong Kong

«Il n'y a pas dans l'histoire de l'humanité d'exemple de démocratie acceptant de faire partie d'une tyrannie sans y être obligée... Il est extraordinaire qu'il ait fallu un gouvernement chinois autocratique à Pékin pour créer à Hong Kong un mouvement indépendantiste. Avec les "oppresseurs coloniaux", il n'y avait pas de mouvement indépendantiste», a affirmé Chris Patten à The National.

Il a reproché au régime chinois de ne pas avoir respecté l'accord «un pays, deux systèmes» de Hong Kong, ce qui a fait que l'endroit est passé de «l'une des villes les plus libres d'Asie» à une ville où les droits humains fondamentaux des citoyens sont bafoués.

En avril l’an dernier, les autorités de Hong Kong ont arrêté 11 militants pro-démocrates pour «obstruction à la police» et  «rassemblement illégal». Ils protestaient contre le fait que la Chine obligeait les tribunaux de Hong Kong à disqualifier deux législateurs indépendants. Quelques mois plus tard, en août, un tribunal a condamné trois dirigeants étudiants pro-démocrates à des peines allant jusqu'à huit mois de prison. Le traitement de Hong Kong par Pékin a été critiqué par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.

«Le gouvernement chinois n'a cessé de réduire les libertés de Hong Kong et a redoublé d’ efforts  au cours des dernières années...De l'intimidation publique d'un universitaire pour son discours pacifique à l'exclusion de personnalités pro-démocrates de la fonction publique, il en ressort une offensive effrayante contre les droits fondamentaux à Hong Kong», a déclaré Sophie Richardson, directrice chinoise de Human Rights Watch, dans une déclaration à Radio Free Asia (RFA).

 

Les jeunes minorités ethniques estiment que leur participation aux mouvements pro-démocrates à Hong Kong a ouvert le débat sur l'égalité. (Image : maxlmn via Compfight cc)
Les jeunes minorités ethniques estiment que leur participation aux mouvements pro-démocrates à Hong Kong a ouvert le débat sur l'égalité. (Image : maxlmn via Compfight cc)
 

 

Hongkongais en colère

Malgré la répression contre les militants pour la démocratie, le peuple de Hong Kong n'a pas hésité à manifester son mécontentement à l'égard du gouvernement communiste chinois. Cette année, les Hongkongais sont descendus dans la rue pour la marche annuelle exigeant des réformes démocratiques et mettant fin à la répression politique de la Chine. Comme prévu, la police a sévèrement réprimé les manifestants.

«Des milliers de personnes sont descendues dans la rue, bien plus que prévu. Les gens ici disent que c'est parce que cette année il y a une urgence particulière... Les gens ici disent qu'ils veulent se faire entendre au cas où la liberté d'expression se réduirait davantage dans l’année à venir», a dit la journaliste Divya Gopalan à Al-Jazeera.

Le contrôle croissant exercé par Pékin sur Hong Kong incite également de nombreux jeunes à envisager de s’expatrier. Une enquête menée par l'Université chinoise de Hong Kong a révélé qu'environ un tiers des personnes interrogées souhaitaient aller vivre ailleurs. Environ 16 p. 100 ont admis avoir commencé à s'y préparer. Dans le groupe d'âge des 18-30 ans, près de 51 % ont déclaré qu'ils comptaient quitter la ville.

«La demande populaire pour le suffrage universel n’a pas été honorée. Nous pensions que nous allions avoir un système de base qui respecterait le choix des citoyens grâce à des élections libres et équitables... Maintenant, cet espoir s'est progressivement effondré... Maintenant, que cet espoir s'est progressivement effondré... je pense que cela a laissé beaucoup de gens moroses et impuissants», a déclaré Andrew Shum, membre de l'ONG Hong Kong Civil Rights Observer, à Radio Free Asia (RFA).

La première destination d'émigration des Hongkongais était le Canada (19 %), suivi de près par l'Australie arrivant avec un pourcentage de 18 %. Près de 11 % des personnes interrogées souhaitaient émigrer à Taïwan.