Les Gilets Jaunes face à 200 ans d'histoire

Vincent Honorat
Le 28/01/2019

 

L'histoire de Jérôme Rodriguez, blessé à l'oeil, met en lumière l'alliance Macron/antifas.
Jérôme Rodriguez a été blessé à l'oeil lors de l'acte XI des Gilets Jaunes.

 

Jérôme Rodriguez, figure connue des Gilets Jaunes, a été grièvement blessé à l’œil samedi à Paris, certainement par un tir de Flash-ball. Cet évènement marquera certainement un tournant dans le mouvement : reconnu pour ses prises de positions non violentes, Jérôme Rodriguez filmait la fin de la manifestation de l'acte XI et alertaient les manifestants sur la présence d'antifas qui commençaient à provoquer la police, ce qui laissait craindre le pire.

Le malheureux avait vu juste, puisqu'il allait être quelques instants plus tard victime de la riposte violente des forces de l'ordre. M. Rodriguez s'écroule après l'explosion d'une grenade de désencerclement et un tir de Flash-ball. Il ne représentait aucune menace pour l'ordre public et ne faisait preuve d'aucune agressivité, alors qu'il filmait seulement la scène, son téléphone à la main, en direct sur les réseaux sociaux. 

En s'écroulant sur le sol, M. Rodriguez devient un «martyr» des Gilets Jaunes. L'indignation qui s'exprime sur les réseaux sociaux est instantanée : encore plus que par le passé, les démissions du Ministre Castaner et du Président Macron deviennent le prix du sang versé alors que Jérôme Rodriguez, sur son lit d'hôpital, trouve encore, malgré la colère intérieure, la dignité et la force morale d'appeler au calme.

Une simple comparaison permet de comprendre que la répression en place est une politique délibérée du gouvernement : durant la dernière nuit de la Saint Sylvestre, selon une estimation du Point, plus de 568 voitures ont été incendiées dans toute la France, plus de 140 000 membres des forces de l'ordre étaient déployés pour avoir finalement... 38 personnes interpellées et mises en garde à vue. Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, combien de mains arrachées, d'yeux crevés et de gardes à vue sans raison valable?

Mais au-delà des violences policières, il existe une autre raison pour laquelle l'agression de Jérôme Rodriguez fera date, elle révèle au plus grand nombre et de manière beaucoup plus éclatante les effets de mise en scène de ces manifestations : en provoquant systématiquement et de manière violente les forces de l'ordre, les antifas offrent inlassablement l'excuse parfaite pour la répression de ces dernières. En ce sens, les antifas sont définitivement les alliés objectifs du pouvoir en place, «les chiens de garde de la république.»

Quand les Gilets Jaunes comprendront que leur ennemi le plus proche, au sens propre parce que juste à côté d'eux dans les manifestations, est la haine, la violence des antifas, quand les Gilets Jaunes crieront d'un même souffle «Macron démission ! Antifas en prison!», alors certainement nous pourrons voir émerger l'épisode 2, Acte I.

 

Alliance Macron/Antifas, fruit d'une longue histoire

Si la mise à jour de l'alliance Macron/antifas est si importante, c'est parce qu'elle est le fruit d'environ 200 ans d'histoire qu'il convient d'analyser pour en comprendre les enjeux réels et les aboutissements possibles.

En effet, c'est autour des années 1830 qu'a commencé à s'introduire en France deux idéologies en apparence opposées mais ayant pourtant le même objectif. D'un côté, faussement justifiée par la révolution industrielle naissante, de nouvelles théories économiques ont vu le jour ; elles considéraient le travail comme une marchandise.

Ce libéralisme naissant, dont un des héritiers n'est autre qu'Emmanuel Macron, libéral libertaire, avait pour seul conséquence de détruire la société par le haut : privés des repères moraux du catholicisme détruit à dessein par la révolution française, le libéralisme offre à l'homme le monde comme une marchandise à conquérir.  Ce capitalisme vautour issue de la financiarisation de l'économie est aujourd'hui à l'oeuvre sur l'ensemble de la planète avec les succès qu'on lui connait.

De l'autre côté du tableau sont apparues à la même période les premières théories socialistes, bientôt rejointes par les analyses de Karl Marx, dont les poèmes révèlent sans aucune ambiguïté ses positions satanistes (lire à ce titre Marx et Satan de Richard Wurmbrand). Contrairement à ce que beaucoup croient aujourd'hui, Marx croyait en Dieu, mais il le haïssait simplement plus que tout. Il explique très clairement dans ses poèmes comment il a voué sa vie à détruire Dieu. Toute son oeuvre à venir n'est que le fruit de ce voeu initial et funeste.

Les antifas sont aujourd'hui, entre autres, les héritiers de Karl Marx ; ils partagent avec lui sa haine de Dieu, des hommes et des traditions. Leur objectif est aussi simple, détruire la société par le bas : transformer la souffrance du peuple en sentiment d'injuste, le sentiment d'injustice en haine de l'autre, et la haine de l'autre, une fois les traditions et la morale détruite, en meurtre de masse. C'est ce que les communistes ont fait partout où ils sont passés. C'est ce que les antifas font aujourd'hui dans les rues de Paris.

 

A lire sur notre site : Agressions et menaces terroristes, le vrai visage des Antifa aux Etats-Unis

 

Par contre c'est en Chine, à partir de la fin des années 70, que le mariage de ces deux idéologies a été pour la première fois officialisée. En associant le communisme athée au capitalisme, la Chine de Deng Xiaoping redevenait sans le savoir à la pointe de l'humanité, ou plutôt à la pointe de la déchéance de l'humanité. Nous voyons aujourd'hui le résultat et comment les prophéties du Meilleur des mondes s'y réalisent : le système de surveillance a atteint un tel degré (notamment avec la reconnaissance faciale des caméras de sécurité) que chaque citoyen est surveillé en permanence et se voit attribué une note «sociale» en fonction de son comportement, sans parler du trafic d'organes où des opposants et autres prisonniers de conscience sont mis à mort par milliers pour être vendus en pièces détachées aux plus offrants (voir à ce sujet le rapport Kilgour/Matas)...

Revenons en France. Jusque-là, l'alliance du libéralisme libertaire et mondialiste au socialisme internationaliste n'était pas officielle. Maintenant elle l'est, ou presque. Si les Gilets Jaunes le comprennent, et il semble évident qu'ils sont de plus en plus nombreux à le comprendre, alors ils pourront facilement remonter le fil de cette alliance pour la combattre à la racine.

Parce que le plus important à comprendre est que ces deux antagonismes en apparence opposés ont été, historiquement, engendrés par le même évènement : la révolution française de 1789. Ils ont navigué pendant deux siècles côté à côte, dans une opposition de façade qui s'efface aujourd'hui pour laisser place à leur réunification sur l'ensemble de la société.

 

Pour l'acte final, restauration ou révolution?

Certains comparent les Gilets Jaunes à la révolution française de 1798 : c'est au mieux le fruit d'une grande ignorance, au pire un mensonge total. La révolution française a été pensée, financée et exécutée par d'innombrables loges maçonniques (703 loges en France à la veille de la révolution), dans toute l'Europe (1).  Et si une chose est sûr, c'est que la Franc-maçonnerie ne recrute pas dans le peuple d'en bas... elle l'utilise seulement pour arriver à ses fins, en l'occurence la destruction de l'ordre établi : la monarchie catholique française, pilier moral de la civilisation chrétienne. 

A ce titre, le mouvement de Mai 68 suit la même trajectoire : la franc-maçonnerie utilisant le milieu enseignant gauchiste pour «libérer» le peuple, et les étudiants, de leurs «chaînes». Souvenons-nous de Daniel Cohn-Bendit faisant l'apologie à la télévision française du plaisir qu'il éprouve à déshabiller une fillette de 5 ans, sans que personne n'ose réagir sur le plateau tant la terreur gauchiste était forte à l'époque... pour comprendre que ces «chaînes» ne sont en fait que les fondements de la moralité humaine qui permettent à une société de tenir debout. Nous voyons aujourd'hui le résultat : tout s'effondre. 

Notons au passage que c'est seulement après le départ du Général de Gaulle et donc des évènement de mai 68 que la financiarisation de l'économie française a pu être mise en place, entre autre avec la loi du 3 janvier 1973, tant décriée par les Gilets Jaunes. 

Quoi qu'il en soit, le mouvement des Gilets Jaunes ne peut en aucun cas être comparé à ces deux moments de l'Histoire française, tout laisse à penser au contraire qu'il en est l'exact opposé. Si personne aujourd'hui ne peut dire le chemin qu'il va prendre, ils sont de plus en plus nombreux parmi les manifestants à revendiquer des valeurs qui jusque-là n'avaient plus le droit d'être citées en France. Est-ce là une prise de conscience devant l'impasse de plus en plus criante où l'alliance gauchistes/libéraux libertaires nous conduit ? Ce geste de révolte, si désespéré que personne ne l'attendait plus, et de dignité retrouvée amènera-t-il notre regard baissé depuis deux siècles à se relever ?

Car pour sortir du cycle de la haine et de la violence, il faudra plus que de la résilience ; il faudra de la transcendence. Quand les Gilets Jaunes marcheront comme un seul corps, et un seul coeur, débarrassé du cancer des antifas et de tout ce qu'il représente, alors les portes du pouvoir pourront trembler.

En refusant la marchandisation matérialiste d'un monde désincarné, les Gilets Jaunes ouvrent un chemin d'espoir. Ils marquent le réveil des peuples qui ne veulent disparaître, fondus dans un monde sans frontière, sans culture, sans tradition.

Révéler au-delà de la crise matérielle, la plaie d'une crise immatérielle bien plus ancienne et bien plus profonde: et commencer à la soigner : les Gilets Jaunes deviendront alors les Gilets Jaunes de la transcendence, peut-être le dernier train à prendre avant l'aube.

 

(1)  Discours du Marquis de Rosanbo à la Chambre des députés du 1er Juillet 1904 : « La Franc-maçonnerie a travaillé en sourdine, mais d’une manière constante à préparer la révolution. » Réponse de M. Jumel, député des Landes de 1886 à 1906 : « C’est en effet ce dont nous nous vantons. » Réponse de M. de Rosanbo : « Nous sommes donc parfaitement d’accord sur ce point que la maçonnerie a été le seul auteur de la Révolution, et les applaudissements que je recueille de la gauche, et auxquels je suis peu habitué, prouvent, messieurs, que vous reconnaissez avec moi qu’elle a fait la Révolution française. » Réponse de M. Jumel : « Nous faisons plus que le reconnaître. Nous le proclamons. » 

Voici une répartition rapide des plus grands acteurs de la fin du XVIIIe siècle en fonction des loges maçonniques auxquelles ils appartenaient : Babeuf, Hébert, Lebon, Marat, Saint-Just appartenaient à la loge des Amis réunis ; Philippe-Egalité, Mirabeau, Dumouriez, La Fayette, Custine, les frères Lameth, Dubois-Crancé, Roederer, Lepeiletier de Saint-Fargeau appartenaient à la loge de la Candeur ; Bailly, Barrère, Guillotin, Danton, Garat, Lacépède, Brissot, Camille Desmoulins, Pétion, Marat, Hébert, Collot-d’Herbois, Dom Gesle étaient à la loge des Neuf Sœurs à laquelle avaient également appartenu Voltaire, d’Alembert, Diderot et Hetvetius. Robespierre était lui rose-crois du Chapitre d’Arras. Mirabeau, le 6 mai 1789, montre Louis XIV en criant : « Voilà la victime ! » : la condamnation du roi avait déjà été décidée dans le secret des loges. En 1776, Voltaire écrivait au comte d’Argental : « Une révolution s’annonce de tous côtés. »