Hommage national lors des obsèques de Jacques Chirac, ancien président de la République française

Par Christine Modock
Le 05/10/2019
Jacques Chirac était une figure de la Ve République, dont il a incarné grandeur et controverses (Photo: Christian Lambiotte / CC BY 4.0, European Communities, 1997/ EC)  
Jacques Chirac était une figure de la Ve République, dont il a incarné grandeur et controverses (Photo: Christian Lambiotte / CC BY 4.0, European Communities, 1997/ EC) 

 

Jacques Chirac né le 29 novembre 1932 à Paris est mort ce 26 septembre 2019, à l’âge de 86 ans, à son domicile parisien rue Tournon.

Il était une figure de la Ve République, dont il a incarné grandeur et controverses. Député de la Corrèze, secrétaire d’état, Premier Ministre, Maire, Président de la République, il a exercé de 1967 à 2011, les plus hautes fonctions de l’Etat.

Jacques Chirac, un humaniste des temps modernes

Le  décès de l’ancien Président de la République Jacques Chirac a eu pour effet de replonger les français dans l’ancien monde, en souvenir de ces illustres hommes qui ont construit la France. 

C’était un personnage politique qui jouissait d’un charisme indéniable et d’une grande empathie à l’égard de tous. Il avait pour principe de recevoir avec la même attention le balayeur ou le préfet. Les français disaient de lui qu’il était très proche des autres et aimait l’homme de façon générale.

Ayant une personnalité très contrastée, à la fois un bulldozer politique et un homme social, il sera  à l’époque le seul député de droite contre la peine de mort. Il va défendre avec véhémence le droit des handicapés et mener une vraie politique en leur faveur. Aussi, son engagement donnera naissance en 2005, à l’adoption d’une loi pour l’égalité des droits et des chances.

Jacques Chirac a défendu avec beaucoup de convictions les problèmes de l’environnement, car il était convaincu que l’agriculture était à la base de l’organisation sociale et de l’économie d’un pays.

Quels sont les éléments qui expliquent sa popularité ? 

Son attitude à propos de l’Irak, avec ce «non» à une participation à la guerre contre l’Irak.  «C’est moi contre tous» disait-il. Mais il n’y a pas que cela, il y a aussi le fait qu’en juillet 1995, il a, lors d’un discours, reconnu la responsabilité de la France dans le génocide juif.

Toutefois, la presse nationale et internationale met l’accent sur un personnage ambivalent, un président flamboyant dont la carrière a été entachée par des scandales.

Quarante chefs d’état ont participé à l’hommage national

Près de 2 000 personnes, dont 80 personnalités étrangères étaient présentes ce lundi à Paris, aux obsèques de Jacques Chirac pour participer à l’hommage rendu à l’ancien chef de l’Etat.

Parmi les personnalités ayant fait le déplacement, on citera : le président russe Vladimir Poutine, son homologue congolais Denis Sassou-Nguesso, les premiers ministres libanais Saad Hariri et hongrois Viktor Orban, le roi Abdallah de Jordanie, l’ancien président américain Bill Clinton…  Il faut ajouter la présence des anciens présidents français François Hollande, Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d’Estaing, ainsi que de nombreux élus et responsables politiques de tous bords.

Dans l’après-midi, Jacques Chirac a été inhumé, dans un cadre strictement privé, au cimetière du Montparnasse. Selon le souhait de son épouse, Bernadette, il repose dans le caveau où se trouve déjà leur fille aînée Laurence, morte en 2016.

Une journée de deuil national a été décrétée le lundi 30 septembre 2019.  Le service solennel était présidé par M. Macron à l’église Saint-Sulpice à Paris.

Jacques Chirac un amoureux de la Chine et de l’Afrique

C’était un homme captivé par la culture asiatique et particulièrement de Chine et du Japon. Il avait une passion pour la Chine et a déclaré dans ses mémoires : «C’est au musée Quinet que j’ai rencontré et appris à aimer l’Asie, découvert leur genre de civilisation majestueuse».  Durant sa longue carrière, il fera de nombreux voyages en Chine et au Japon, et deviendra un spécialiste de l’art extra-oriental, avec un intérêt grandissant pour les fouilles archéologiques chinoises.

En revanche, on retiendra qu’en matière de  politique, il a réconcilié la Chine et la France, dont les rapports étaient tendus à la suite des incidents de la place Tiananmen de 1989, où étudiants et défenseurs des droits de l’homme ont été massacrés et arrêtés.

Ayant pris le parti de traiter la Chine en grande puissance en devenir, il prend l’initiative de cesser de condamner la Chine pour ses atteintes aux droits de l’homme, et se réconcilie avec son homologue Jiang Zemin. Face à une telle attitude, décriée par les associations des droits de l’homme, il va peu à peu, évacuer la question des droits de l’homme au profit des intérêts économiques. Une attitude jugée déplorable par les associations et élus, qui va jeter une ombre sombre à son palmarès politiques et économique.

En ce qui concerne le Japon il sera très impressionné par les sumotoris et appréciera beaucoup la culture de ce pays du soleil levant, qu’il visitera 30 à 40 fois.

Enfin, il faut ajouter que Jacques Chirac a toujours été un amateur des arts premiers. Il avait une passion pour l’Afrique et ses arts. Au dixième anniversaire du Musée du Quai Branly, il a inauguré le 14 avril 2016, une exposition des arts premiers qu’il a personnellement animée.

L’ancien Chef de l’Etat, qui rêvait de devenir archéologue, avait une passion pour les civilisations lointaines, mais aussi un amour vrai pour l’espèce humaine au sens large. Il disait qu’«Il n’existe pas plus de hiérarchie de culture que de hiérarchie des peuples». Au Musée du Quai Branly, il a rendu hommage émouvant à cette forme d’art première, et insisté sur le fait qu’il existait d’autres manières de penser.