Loi bioéthique : Traçabilité des organes greffés à l’étranger

Vivianne
Le 03/10/2019

Super script : le 1er octobre la fête nationale chinoise tourne à plein régime. Contrairement à l’ambiance festive au cours de laquelle Pékin fête les 70 ans du régime communiste, à Paris, près de l’Assemblée Nationale, se déroule une manifestation pacifique pour dénoncer un génocide sans précédent, froid et camouflé derrière l’image d’un grand pays : de la super puissance mondiale qu'est la Chine.

Les pratiquants du mouvement spirituel bouddhiste Falun Gong se sont rassemblés ce jour sur la place du Président-Édouard-Herriot, Paris 7e, pour appeler à mettre fin aux prélèvements forcés d’organes en Chine, dont ils sont majoritairement les victimes. Mais ces prélèvements touchent également des Chrétiens chinois, des Ouigours, des Tibétains, voire des enfants.

 

Des rapports et des enquêtes qui annoncent des faits troublants

La Coalition internationale pour mettre fin aux abus des greffes nous apprend que chaque année, près de 400 patients français disparaissent de la liste d'attente d'organes, pourtant ils ne sont pas décédés. De l’autre côté du monde, en Chine, les chiffres officiels font état de près de 10 000 greffes d'organes par an, mais les rapports d’enquêtes publiés montrent qu’il y a près de 100 000 greffes d'organes par an. De plus, pour avoir des organes les délais d'attente sont extrêmement courts : quelques jours pour avoir un cœur, un rein.

Selon la Coalition internationale pour mettre fin aux abus des greffes, ces éléments prouvent qu’il y a un problème. De même, le tribunal indépendant de Londres, China tribunal, a conclu à l'unanimité, au mois de juin de cette année, que la pratique de prélèvements d'organes forcés existe réellement en Chine et qu’il s’agit d’une chaîne bien organisée pilotée par le gouvernement chinois : de la police jusqu’aux hôpitaux militaires, en passant par les tribunaux chinois, les prisons, jusqu’aux chefs d’Etat, dont Jiang Zemin qui est aujourd’hui déjà poursuivi en justice dans plusieurs pays pour ces crimes. 

 

En Chine, les chiffres officiels font état de près de 10 000 greffes d'organes par an, mais les rapports d’enquête secrets publiés montrent qu’il y a 100 000 greffes d'organes par an.
En Chine, les chiffres officiels font état de près de 10 000 greffes d'organes par an, mais les rapports d’enquête secrets publiés montrent qu’il y a 100 000 greffes d'organes par an.(Vision Times)
 

Loi bioéthique : des amendements  qui demandent une traçabilité pour les greffes pratiquées à l'étranger

Afin de prévenir des trafics d'organes et d’éviter que des citoyens français innocents soient impliqués dans ce crime contre l'humanité, plusieurs députés français ont déposé des amendements à l’Assemblée nationale, pour créer un registre des transplantations réalisées à l’étranger. Le but est d’avoir une traçabilité sur l'ensemble de la procédure de transplantation et surtout d'évaluer le tourisme de transplantation.

 

Le témoignage d'une survivante de la prison chinoise

Madame Yang a été kidnappée à plusieurs reprises et emprisonnée pendant cinq ans en Chine pour sa pratique du Falun Gong. Elle a décrit sa vie en prison qui était un enfer. Chaque instant elle se sentait entre la vie et la mort. Elle devait travailler 15 heures par jours. Elle était soumise à des tortures, privée de nourriture et de sommeil si elle n’avait pas terminé ses tâches le soir. Elle a été électrocutée avec un vieux câble téléphonique branché directement sur la prise électrique. Elle a pu survivre à la suite de trois tours successifs d’électrocution grâce à la force de sa croyance, nous raconte-t-elle. En plus des tortures physiques, elle était obligée de regarder des vidéos de diffamation sur Falun Gong, a-t-elle précisé.

 

Madame Yang a été kidnappée plusieurs fois et emprisonnée pendant cinq ans en Chine pour sa pratique de Falun Gong.
Madame Yang a été kidnappée plusieurs fois et emprisonnée pendant
cinq ans en Chine pour sa pratique de Falun Gong. (Vision Times)

 

Elle nous a relaté qu'en 2004, à un mois et demi de sa libération, la police l'a conduite en bus dans un lieu où il y avait trois chambres. Dans la première chambre, un médecin a mesuré sa tension, dans la deuxième, un médecin a prélevé ses empreintes digitales, dans la troisième chambre, un médecin lui a prélevé une quantité importante de sang. Elle n’était pas encore au courant de l'existence des prélèvements d'organes et trouvait que cela n’a pas de sens et que la prison «prenait soin de leur santé». Elle a été ramenée dans sa cellule ce soir-là et libérée un mois et demie plus tard. C’est seulement après sa fuite en France qu'elle a compris qu’elle avait failli être tuée pour ses organes. L’examen de santé devait servir à vérifier si ses organes étaient compatibles pour réaliser des greffes, a-t-elle compris par la suite, nous précise-t-elle.

Elle a supposé que la raison pour laquelle elle avait été relâchée était probablement en lien avec le fait que ses organes étaient incompatibles ou en mauvais état à cause des tortures. Madame Yang  nous précise qu'elle a été choquée par la nature perverse et inhumaine du parti communiste chinois et que sa venue à cette manifestation était pour aider à sauver les pratiquants de Falun Gong qui sont aujourd’hui encore enfermés illégalement en prison en Chine. 

 

La position de la Coalition internationale pour mettre fin aux abus des greffes

Madame Fiorella Luna, conseillère juridique et manager national en France pour la Coalition internationale pour mettre fin aux abus des greffes en Chine est venue sur place pour soutenir les manifestants. Elle a appelé au vote des amendements par l'Assemblée nationale pour éviter qu'un citoyen français souffrant soit impliqué dans un meurtre où un innocent est tué pour qu'il puisse guérir de sa maladie.

 

Manifestation près de l’Assemblée nationale pour appeler à mettre fin aux abus d’organes en Chine.
Manifestation près de l’Assemblée nationale pour appeler à mettre fin aux abus d’organes
en Chine. (Vision Times)

 

«Voter les amendements concernant le trafic d'organes et le tourisme de transplantation est une étape importante qui mènera la France à guider à l’international la lutte contre le trafic d'organes et le tourisme de transplantation, à côté des gouvernements qui ont déjà mis en place des actions. Parmi ces pays on peut citer : Israël, l'Espagne, Taiwan, l'Italie, la Norvège et la Belgique.»