Taïwan montre à la Chine communiste qu’il ne faut pas avoir peur des religions

Texte français : Anne et Swan
Le 06/09/2019

Lors d'une conférence conjointe sur la protection de la liberté religieuse intitulée «Dialogue de la société civile sur la protection de la liberté religieuse dans la région indo-pacifique», des représentants des États-Unis et de Taïwan ont souligné à quel point la nation insulaire était très différente de la Chine en matière de foi. Alors que Pékin pratique une politique visant à réprimer les identités religieuses, Taïwan les accueille ouvertement. L'événement a eu lieu à Taipei le 11 mars 2019.
 

Lors d'une conférence conjointe sur la protection de la liberté religieuse, des représentants des États-Unis et de Taïwan ont souligné à quel point la nation insulaire était très différente de la Chine en matière de foi. (Image: Capture d'écran / YouTube)
Lors d'une conférence conjointe sur la protection de la liberté religieuse, des représentants des États-Unis et de Taïwan ont souligné à quel point la nation insulaire était très différente de la Chine en matière de foi. (Image: Capture d'écran / YouTube)

Foi en Taïwan

Tsai Ing-wen, présidente de Taïwan, a déclaré dans un communiqué (Bureau du président de la République de Chine).

 «Il y a une route non loin de cet hôtel, la Xinsheng South Road, et les gens l'appellent: la route du ciel. Pourquoi? Si vous vous y promenez, vous trouverez des lieux de culte bouddhistes, musulmans, chrétiens, catholiques et mormons presque à côté les uns des autres... Le dimanche, cette route est pleine de croyants de différentes religions. Et pourtant, ils mettent de côté les étiquettes et les idéologies, se tolèrent et s'acceptent mutuellement. La liberté de religion est devenue un élément central de notre mode de vie démocratique».

Yan Yingjie, directeur de l’Association américaine pour Taïwan, estime que dans l'Indo-Pacifique, il y a très peu d'endroits qui accueillent une large diversité de cultures et de croyances, comme le fait Taïwan. Zheng Haochang, commentateur de l'actualité aux États-Unis, a déclaré que le Parti communiste chinois (PCC) était extrêmement jaloux de la démocratie et de la liberté religieuse de Taïwan, dans la mesure ou il garantissait que de tels sujets ne seraient jamais abordés dans les informations locales.
 

Sur Xinsheng South Road à Taïwan, vous pouvez trouver des lieux de culte  bouddhistes, musulmans, chrétiens, catholiques et mormons presque à côté les uns des autres. (Image: Capture d'écran / YouTube)
Sur Xinsheng South Road à Taïwan, vous pouvez trouver des lieux de culte bouddhistes, musulmans, chrétiens, catholiques et mormons presque à côté les uns des autres. (Image: Capture d'écran / YouTube)
 

Sam Brownback, ambassadeur des États-Unis pour la liberté religieuse internationale, a fait valoir que Taïwan pourrait servir d'exemple au gouvernement chinois pour montrer que les religions ne constituent pas une menace pour l'État. Il y a quelques jours, à Hong Kong, il a souligné le sort tragique de la communauté musulmane ouïghoure de la région du Xinjiang et a évoqué la possibilité que l'Amérique impose des sanctions aux responsables. Il est intéressant de noter que les déclarations de M. Brownback n'ont jamais été rapportées par la plupart des médias à Hong Kong, indiquant que la région avait perdu sa liberté d'expression sous le règne du PCC.
 

Plans de sinisation des religions en Chine

Bien que plusieurs pays aient demandé à Pékin de mettre fin aux persécutions contre les croyants, le gouvernement chinois semble aller exactement dans la direction opposée. Il a initié un plan pour «siniser» les religions considérées comme étrangères, notamment l'islam et le christianisme.

«Pékin considère l'influence arabe comme dangereuse et estime qu'elle devrait être totalement éliminée de la vie des musulmans chinois... En outre, il  veut couper les musulmans chinois des autres pays musulmans. En d'autres termes, la Chine tente d'isoler sa communauté musulmane tout en affirmant adhérer à la mondialisation», a déclaré Haiyun Ma, professeur d'histoire à la Frostburg State University, basée aux États-Unis, à DW.

Dans de nombreuses régions de Chine majoritairement habitées par des musulmans, les autorités ont détruit plusieurs mosquées et interdit l'usage de l'arabe pour réciter les prières. Au cours des célébrations du Nouvel An lunaire de cette année, de nombreuses familles musulmanes auraient été conviées à un dîner et incitées à manger du porc, ce qui est interdit par l'Islam. Pékin cherche également à contrôler les sermons hebdomadaires dirigés par les religieux.
 

Dans de nombreuses régions de Chine majoritairement musulmanes, les autorités ont détruit plusieurs mosquées et interdit l'usage de l'arabe pour réciter les prières. (Image: Capture d'écran / YouTube)
Dans de nombreuses régions de Chine majoritairement musulmanes, les autorités ont détruit plusieurs mosquées et interdit l'usage de l'arabe pour réciter les prières. (Image: Capture d'écran / YouTube)
 

En ce qui concerne le christianisme, le PCC a déjà forcé le Vatican à céder son pouvoir de nommer des évêques dans l'Église catholique officielle. Grâce à cet accord, les autorités ont persécuté plusieurs congrégations chrétiennes, car elles ne sont pas reconnues comme églises officielles de l'État. Le gouvernement a interdit les prières en groupe dans les foyers. Les études bibliques sont imprégnées d'idéologies communistes pour s'assurer que les chrétiens chinois finissent par être plus communistes que chrétiens.