Comment la Chine exporte ses techniques de contrôle social au Venezuela

Texte français : Swan et Anne
Le 13/07/2019

Le système de crédit social en Chine est un exemple de ce qui se passe lorsqu'un gouvernement autoritaire acquiert un savoir-faire technologique. Ce système place l'ensemble de la population chinoise, soit plus d'un milliard d'habitants, sous le contrôle du gouvernement. Les responsables déterminent quels citoyens seront autorisés à bénéficier de prêts, de titres de transports (en train ou en avion), de privilèges particuliers, et de nombreuses autres choses dans différents domaines. Ceux qui ont un score négatif se voient refuser certains droits ou avantages.

 

Le système de crédit social en Chine est un exemple de ce qui se passe lorsqu'un gouvernement autoritaire acquiert un savoir-faire technologique. (Image: Capture d'écran / YouTube)
Le système de crédit social en Chine est un exemple de ce qui se passe lorsqu'un gouvernement autoritaire acquiert un savoir-faire technologique. (Image: Capture d'écran / YouTube)


Le Venezuela a tellement été impressionné par ce système qu'il a passé un contrat avec l'entreprise chinoise ZTE en charge du projet, pour qu’elle crée une technologie similaire à mettre en place dans ce pays d'Amérique latine. ZTE a ainsi créé la « Carte de la patrie » qui permettra au régime de Maduro au pouvoir, de récompenser ou de punir les citoyens selon ses critères.


«Carte de la patrie»

La carte a été lancée l'année dernière, ZTE étant responsable de la création de la base de données sur la patrie et d'un système de paiement mobile à utiliser avec cette carte. La base de données est gérée par l'entreprise publique de télécommunications vénézuélienne Cantv. Les informations collectées auprès du public incluent les dates de naissance, les antécédents professionnels, les revenus, les renseignements familiaux, les antécédents médicaux, les biens possédés, les avantages accordés par l'État, la présence sur les réseaux sociaux, si une personne a voté, et à quel parti politique elle est affiliée.

Le président Maduro a encouragé ses citoyens à souscrire à la «Carte de la patrie» en déclarant qu'il était nécessaire de « construire un nouveau Venezuela ». Pour forcer le public à adopter la carte, le gouvernement a également commencé à refuser aux gens des avantages tels que les retraites, le carburant subventionné, les médicaments et les paniers de nourriture. Près de 18 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population du Venezuela, auraient souscris à cette carte.
 

 Pour forcer le public à adopter la carte, le gouvernement a également commencé à refuser aux gens des avantages tels que les retraites, le carburant subventionné, les médicaments et les paniers de nourriture. (Image: Capture d'écran / YouTube)
Pour forcer le public à adopter la carte, le gouvernement a également commencé à refuser aux gens des avantages tels que les retraites, le carburant subventionné, les médicaments et les paniers de nourriture. (Image: Capture d'écran / YouTube)


« C'est du chantage... Les Vénézuéliens en possession de cartes ont maintenant plus de droits que ceux qui n'en ont pas », a déclaré Hector Navarro, l'un des fondateurs du Parti socialiste au pouvoir et ancien ministre sous Hugo Chávez, à The Epoch Times.

Ce qui inquiète les militants des droits de l'homme, c'est que cette « Carte de la patrie » est utilisée par le régime de Maduro comme un outil pour contrôler les opinions politiques et les affiliations des gens. Selon The heritage Foundation: «Le gouvernement utilise également les cartes pour connaître leur appartenance à un parti politique et s'assurer que les Vénézuéliens votent, et qu'ils votent « correctement »; les cartes d'identité sont également utilisées pour créer un système de paiement mobile utilisable avec la carte et pour contrôler l'accès à la nourriture et aux médicaments de personnes démunies qui meurent littéralement de faim au cœur de cette « ruine » économique, conséquente à 20 ans de socialisme sous Maduro et son mentor, le défunt Hugo Chávez


Action américaine

L'implication de la Chine à aider le régime Maduro à mettre en place une technologie répressive n'est pas passée inaperçue aux Etats-Unis. Beaucoup se sont prononcés contre, et ont demandé à l'administration deTrump de prendre des mesures strictes contre ZTE et les autres entreprises qui ont contribué à sa création.
 

Beaucoup ont demandé à l'administration de Trump de prendre des mesures strictes contre ZTE et d'autres entreprises qui ont aidé à mettre en place la « Carte de la patrie». (Image: Capture d'écran / YouTube)
Beaucoup ont demandé à l'administration de Trump de prendre des mesures strictes contre ZTE et d'autres entreprises qui ont aidé à mettre en place la « Carte de la patrie». (Image: Capture d'écran / YouTube)`


« La Chine exporte son autoritarisme... La dépendance croissante du régime de Maduro, au Vénézuela, à l’égard de ZTE, n'est que le dernier exemple de la menace que les entreprises dirigées par l'État font peser sur les intérêts de la sécurité nationale des Etats-Unis », a déclaré le sénateur Marco Rubio, à Reuters.

L'implication d'entreprises américaines dans le projet est particulièrement préoccupante. Il a été signalé que Dell Technologies avait fourni les unités de stockage de données utilisées par ZTE pour le système de la « Carte de la patrie ». Toutefois, Dell a rejeté ces rumeurs en affirmant qu’il n'existait aucun dossier pour une telle vente.

Étant donné que des pays d'Amérique latine comme le Mexique s’opposent au régime de Maduro, les États-Unis pourraient envisager de leur demander de revoir leurs contrats existants avec ZTE et éventuellement de les annuler pour faire pression sur les entreprises chinoises qui fournissent des technologies de surveillance aux pays vulnérables soumis à des régimes autoritaires