Un ancien chef de l'APL condamné à perpétuité pour corruption

Le 10/03/2019
Fang Fenghui a été expulsé du Parti communiste chinois, s’est vu retirer  son grade militaire, et il passera le reste de sa vie en prison. (Image : Capture d'écran / YouTube)
Fang Fenghui a été expulsé du Parti communiste chinois, s’est vu retirer  son grade militaire, et il passera le reste de sa vie en prison. (Image : Capture d'écran / YouTube)
 
 
 

Fang Fenghui, ancien chef d'Etat-major de l'Armée populaire de libération (APL), a été condamné à la prison à vie après avoir été reconnu coupable pour corruption et possession de biens qu’il n’a pas justifiés à ce jour.

 

Peine infligée à Fenghui

En plus de la réclusion à perpétuité, Fenghui a également été privé de ses droits politiques pour le restant de ses jours. Tous ses fonds ont été confisqués. Cependant, le montant des biens non comptabilisés n’a pas été  révélé.

Aucun détail sur les pots-de-vin acceptés et offerts par Fenghui n'a pas non plus été publié. Certains prétendent que la valeur totale de ses biens pourrait être si élevée que l'État ne souhaite pas provoquer un scandale en publiant ce chiffre. Les biens saisis seront déposés dans les caisses de l'Etat.

La carrière militaire de Fenghui a débuté en 1968 quand il a rejoint l'armée à l'âge de 16 ans. En 1998, il avait été promu au grade de général de division lorsqu'il était commandant de corps de la région militaire de Lanzhou. En 2003, il est devenu chef d'état-major de la région militaire de Guangzhou. Deux ans plus tard, il a été promu au grade de lieutenant général.

En 2007, Fenghui est devenu le plus jeune commandant régional de l'histoire de l'APL lorsqu'il a été nommé commandant de la région militaire de Pékin. Il était responsable de la défense de la capitale. Trois ans plus tard, en 2010, il est devenu général à part entière. En 2012, Fengshui a pris le poste de chef d' Etat-major  et a rejoint la Commission militaire centrale (CMC).

Les problèmes de Fenghui ont commencé en 2017 lorsqu'il a perdu son poste sans aucune explication et a disparu de la vue du public. Le gouvernement chinois a ensuite déclaré qu'il faisait l'objet d'une enquête pour corruption. En janvier 2018, les médias ont rapporté que Fenghui avait été transféré aux autorités du parquet militaire.

En octobre, il a été expulsé du Parti communiste chinois (PCC) et s'est vu retirer son grade militaire. Tout le monde s'est rendu compte que la vie de rêve de Fenghui avait pris fin. Cet homme de 67 ans va maintenant passer le reste de sa vie en prison.

 

Le combat de Xi contre la corruption

En 2012, le président Xi Jinping a promis au public qu'il éliminerait les «tigres» et les « mouches» du gouvernement, en faisant référence respectivement à ces hauts fonctionnaires corrompus et bureaucrates ordinaires. Six ans après sa déclaration, des milliers de fonctionnaires ont été démis de leurs fonctions. Rien que l'année dernière, la Chine a condamné environ 621 000 personnes pour corruption. Ce qui comprenait au moins 51 représentants de l'élite aux niveaux provincial et ministériel et aux échelons supérieurs.

Cette année, le gouvernement chinois a promis d'intensifier sa lutte contre la corruption dans des secteurs comme les soins médicaux, l'éducation et la protection de l'environnement. L'objectif est de «permettre aux masses d'avoir un sentiment d'accomplissement plus grand, un plus grand bonheur et une plus grande sécurité».

Le secteur financier fera également l'objet d'enquêtes pour corruption, négligence et faute professionnelle. Le gouvernement a indiqué qu'il cherche à participer à la politique internationale de lutte contre la corruption afin d'arrêter les coupables qui ont fui à l'étranger.

Malgré les tentatives de l'État de présenter l'image d'une administration honnête, nombreux sont ceux qui affirment que la volonté de mettre fin à la corruption est une façade  de Xi pour éliminer du pouvoir les dissidents politiques et idéologiques.

De nombreux généraux ont été arrêtés dans le cadre de cette campagne. En plus d'être accusés de corruption, ils ont également été accusés de «trahison envers le Parti». Depuis 2012, plus de 100 officiers de l'APL ayant un grade égal ou supérieur à celui de corps d'armée ont été sanctionnés par l'État.