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Monde. Bourse américaine : Les entreprises chinoises bientôt radiées

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Le Sénat américain le 20 mai 2020, lors de l’adoption du « Holding Foreign Companies Accountable Act ». (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Les entreprises de Chine continentale doivent se conformer à la réglementation financière nationale des États-Unis, sous peine d’être radiées des bourses américaines, selon la loi adoptée par le Sénat le 20 mai.

Le projet de loi s’applique aux entreprises cotées en bourse, ainsi qu’à celles qui lèvent des fonds aux États-Unis.

Une législation similaire est actuellement en cours d’élaboration à la Chambre des représentants, mais elle est toujours en cours d’examen par la Commission des services financiers de la Chambre.

Parrainée par le Sénateur John Kennedy (R-La.) et Chris Van Hollen (D-Md.), la loi bipartite sur la responsabilité des sociétés étrangères de holding (Holding Foreign Companies Accountable Act), si elle est promulguée, interdira aux sociétés chinoises de négocier leurs titres sur les bourses américaines si leurs livres de comptes ne peuvent être inspectés pendant trois années consécutives.

La République populaire de Chine (RPC) empêche actuellement les organismes de réglementation étrangers, tels que la Securities Exchange Commission (SEC) et la Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB), d’inspecter les audits complets des sociétés chinoises continentales cotées en bourse. Pékin justifie cette mesure comme une question de sécurité nationale.

L’adoption du projet de loi par le Sénat intervient alors que l’administration Trump resserre les vis sur les entreprises chinoises cotées en bourse aux États-Unis. Le 14 mai, le président Donald Trump a déclaré à Fox Business que Washington s’intéressait « de très près » aux abus des sociétés chinoises cotées en bourse aux États-Unis.

Par ailleurs, les entreprises dont les audits ne peuvent être inspectés par le PCAOB devront fournir la preuve qu’elles ne sont pas détenues ou contrôlées par un gouvernement étranger, selon la nouvelle législation.

Un des inconvénients du projet de loi, comme l’a noté Donald Trump, est que de nombreuses sociétés chinoises, si elles sont interdites d’accès aux États-Unis, iront simplement sur d’autres marchés boursiers internationaux, comme Londres ou Hong Kong.

Larry Kudlow, conseiller économique national de la Maison Blanche, s’adresse à Fox Business le 9 avril. (Image : Capture d’écran / YouTube)
Larry Kudlow, conseiller économique national de la Maison Blanche, s’adresse à Fox Business le 9 avril. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Larry Kudlow, conseiller économique de Donald Trump, a déclaré que l’administration avait pour objectif de rendre les entreprises chinoises continentales cotées en bourse, plus transparentes et plus responsables vis-à-vis des réglementations américaines.

« Nous devons le faire au nom de la protection des investisseurs, et nous devons le faire pour la sécurité nationale », a déclaré Larry Kudlow à Fox Business le 19 mai. « Beaucoup de ces entreprises, soit dit en passant, ont déjà connu des scandales et ont coûté beaucoup d’argent aux investisseurs, en raison du manque de transparence dans leurs rapports. Le gouvernement chinois interdit ce genre de transparence ».

En septembre dernier, 172 sociétés chinoises cotées en bourse aux États-Unis étaient évaluées à plus de 1 000 milliards de dollars, selon un rapport annuel produit par la Commission de révision économique et de sécurité sino-américaine, un organe du Congrès. Il s’agit notamment du groupe Alibaba, de Baidu et de JD.com.

À la lumière des récents scandales financiers touchant les sociétés chinoises cotées aux États-Unis, le Nasdaq s’apprête à dévoiler de nouvelles restrictions sur les introductions en bourse IPO (Initial Public Offering) afin de rendre plus difficile l’introduction en bourse de certaines sociétés ayant leur siège en République populaire de Chine (RPC).

Le 19 mai, le Nasdaq a informé la chaîne de boissons chinoise Luckin Coffee, qu’il prévoyait de retirer la société de la bourse, un mois après que celle-ci ait déclaré qu’une enquête interne avait révélé que son directeur des opérations avait falsifié les ventes de 2019 d’environ 310 millions de dollars.

En janvier, la société d’investissement Muddy Waters Research a déclaré qu’elle  pariait contre les actions de Luckin, sur la base d’un rapport selon lequel la société commettait une fraude.

Le site de streaming vidéo chinois iQiyi a également été accusé en avril dernier, par Wolfpack Research, une société de recherche financière militante, de surestimer ses revenus en 2019 de pas moins de 1,9 milliard de dollars.
 

Rédacteur Camille Lane

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