Les tweets d'un officiel chinois ont déclenché une controverse raciale

Par Vision Times
Le 11/10/2019

 

Twitter a déjà déclenché une controverse liée à la Chine après avoir suspendu en masse des comptes critiquant Pékin. (Image: Capture d’écran/ YouTube)
Twitter a déjà déclenché une controverse liée à la Chine après avoir suspendu en masse des comptes critiquant Pékin. (Image: Capture d’écran/ YouTube)

 

Les politiques répressives de la Chine contre les minorités ouïghours du Xinjiang étant qualifiées de racisme sanctionné par l'État, Zhao Lijian, chef de mission de l'ambassade de Chine à Islamabad (Pakistan), a voulu contrer cela par le biais de son compte Twitter.

Mais au lieu de prouver que Pékin ne torture pas les Ouïghours, Zhao Lijian a tenté de justifier les agissements du gouvernement chinois en dénonçant la discrimination raciale aux États-Unis, déclenchant une controverse en ligne.

Pas encore prêts pour Twitter ?

Dans un tweet, Zhao Lijian a fait valoir qu’aux Etats-Unis, lorsque des familles noires venaient s’installer dans un quartier, cela provoquait le départ des familles blanches aisées, et contribuait à faire chuter le prix de l'immobilier. Le tweet a été vivement condamné par Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale des Etats-Unis, qui a répondu dans un tweet :  «Vous êtes un raciste éhonté. Et aussi d'une ignorance choquante. Aux Etats-Unis, en temps normal, vous seriez banni pour cela. Ambassadeur Cui, j'attends mieux de vous et de votre équipe. S'il vous plaît, faites ce qu'il faut et renvoyez-le chez lui»,

Comme ses déclarations commençaient à susciter la controverse, Zhao Lijian a supprimé le tweet. Cependant, au lieu de présenter des excuses, il a intensifié ses attaques contre la société américaine, affirmant que les conditions de vie des Afro-Américains aux États-Unis étaient préoccupantes, que les femmes américaines vivaient dans la crainte d’agressions sexuelles et que le pays tout entier vivait dans la peur de tueries en milieu scolaire.

Zhao Lijian fait partie des fonctionnaires chinois qui tentent d’influencer l’opinion des étrangers sur la Chine en utilisant les médias sociaux. Presque toutes les ambassades chinoises à travers le monde gèrent des pages Facebook. Cependant, elles sont largement utilisées pour diffuser des désinformations sur la culture chinoise. En revanche, les posts de responsables chinois sur Twitter sont généralement des déclarations personnelles sur la politique et la société. Mais les responsables se montrent trop agressifs lorsqu’ils défendent les agissements de Pékin, ce qui finit par avoir l'effet contraire et par intensifier les critiques à l'encontre du régime autoritaire chinois.

 

Presque toutes les ambassades chinoises à travers le monde gèrent des pages Facebook. (Image: Pymouss via wikimediaCC BY 3.0)
Presque toutes les ambassades chinoises à travers le monde gèrent des pages Facebook. (Image: Pymouss via wikimediaCC BY 3.0)

Par exemple, Cui Tiankai, l'ambassadeur de Chine aux États-Unis, a récemment tweeté que Taiwan faisait partie de la Chine et a averti que «ceux qui jouent avec le feu ne feront que se brûler eux-mêmes». Un autre fonctionnaire chinois, Zhang Lizhong, a qualifié de «trompeuses» les critiques formulées par le président du Parlement des Maldives, Mohamed Nasheed, à l'égard de la politique de la Chine qualifiée de «piège de la dette». Il a avertit qu'une telle déclaration «nuit à nos relations amicales».

Certains experts politiques estiment que les responsables chinois n'ont pas la formation adéquate en communication pour être actifs sur Twitter. Zhan Jiang, ancien professeur de journalisme à l'Université d'études étrangères de Pékin, a déclaré : «C'est un pari... Même si les autorités veulent que les diplomates soient davantage présents sur les réseaux sociaux anglais, ce serait très risqué, surtout selon les traditions diplomatiques chinoises... Rien dans la politique étrangère n'est insignifiant, et si on dit des choses erronées? Ou si les décideurs politiques de Pékin changeaient d'avis ?

Des tweets anti-Chine bannis

Twitter a déjà déclenché une controverse liée à la Chine après avoir suspendu en masse des comptes critiquant Pékin. Les comptes ont été suspendus quelques jours seulement avant le 30ème anniversaire du massacre de la place Tiananmen du 4 juin.

Cette décision a été largement condamnée, le sénateur américain Marco Rubio accusant Twitter de collusion avec le gouvernement chinois. «@twitter a apparemment suspendu un grand nombre de comptes critiquant la Chine, y compris des comptes hors de Chine. Twitter est devenu un censeur du gouvernement chinois», a-t-il dit dans un tweet.

Twitter s'est finalement excusé pour ses actions, disant que les suspensions de compte étaient une erreur. Cependant, beaucoup ont refusé ces explications et ont accusé Twitter de dissimuler son programme gouvernemental pro-chinois. Twitter n'est utilisé que par des représentants du gouvernement et d'autres personnalités ou organisations publiques en Chine. Le grand public n'a pas accès à la plate-forme en raison de la censure d'Internet.

Traduit par Guillaume

Version en anglais : http://www.visiontimes.com/2019/08/15/chinese-officials-tweets-trigger-racial-controversy.html

Lien vers la vidéo : https://youtu.be/3ccqg8WZTVI