Li Shizhen, le Saint de la médecine traditionnelle chinoise (1/2)

Par Kathy McWilliams
Le 12/02/2021
Li Shizhen, célèbre médecin, herboriste et naturaliste chinois, aussi connu sous le nom de « Saint de la médecine traditionnelle chinoise » a passé près de 30 ans à compiler des informations sur les herbes et les médicaments, classant avec précision des milliers de médicaments dans son chef-d’œuvre de pharmacologie chinoise, « le Compendium of Materia Medica ». (Image : Husky Kuma / Pixabay)
Li Shizhen, célèbre médecin, herboriste et naturaliste chinois, aussi
connu sous le nom de « Saint de la médecine traditionnelle chinoise »
a passé près de 30 ans à compiler des informations sur les herbes et
les médicaments, classant avec précision des milliers de médicaments
dans son chef-d’œuvre de pharmacologie chinoise, le Compendium of
Materia Medica
. (Image : Husky Kuma / Pixabay)
 

Li Shizhen, médecin et pharmacologue chinois, a vécu sous la dynastie Ming, au XVIe siècle. Il a compilé un chef-d’œuvre pour établir des normes d’identification, de qualité, de force et de pureté des substances médicinales : le Compendium of Materia Medica. Cette tâche lui a pris près de 30 ans à accomplir. Pionnier de la médecine à la fin de la dynastie Ming, son ouvrage a été réédité de nombreuses fois pendant la dynastie des Qing. Le titre de « Saint de la médecine traditionnelle chinoise » lui a été attribué par les générations suivantes. Cependant, peu de gens connaissent l’histoire de son échec à trois reprises aux examens impériaux.

Li Shizhen est issu d’une famille de trois générations de médecins. Cependant, pendant cette période de l’histoire, les médecins étaient méprisés par les classes supérieures. Le père de Li Shizhen nourrissait de grands espoirs pour son fils, souhaitant qu’il fasse de hautes études et qu’il gagne en renommée dans un autre domaine que la médecine. L’engagement de Li Shizhen à aider les autres et son haut niveau moral lui ont rendu très difficile l’apprentissage du système en huit parties nécessaire à la réussite des examens d’État. Après son troisième échec, il a décidé d’abandonner et de se consacrer à sa véritable passion, la médecine.

Lorsqu’il a commencé à exercer, Li Shizhen a découvert que la pharmacopée Materia Medica de ses prédécesseurs était incomplète et peu fiable. L’ouvrage comportait beaucoup d’erreurs sur la nature de multiples substances médicinales et les causes de diverses maladies. Il a décidé de prendre la responsabilité de compiler un nouvel ouvrage de référence, précis et à jour. C’est à l’âge de 35 ans, qu’il s’est lancé dans cette entreprise massive.

 

Li Shizhen a parcouru des dizaines de milliers de kilomètres à travers les montagnes et les rivières au sud du Yangtsé. (Image : Peggy und Marco Lachmann-Anke / Pixabay)
Li Shizhen a parcouru des dizaines de milliers de kilomètres à travers les montagnes et les rivières au sud du Yangtsé. (Image : Peggy und Marco Lachmann-Anke / Pixabay)
 

Li Shizhen a parcouru des dizaines de milliers de kilomètres à travers les montagnes et les rivières au sud du Yangtsé. En prenant comme référence la Materia Medica, ainsi que d’autres ouvrages existants, il a découvert des problèmes en rapport avec de nombreuses plantes et drogues. Il a veillé à corriger les erreurs, à mettre à jour les informations et à les enregistrer avec précision. Enfin, en 1578, après de nombreuses révisions, la nouvelle version de la Materia Medica était à jour. Li Shizhen était alors âgé de 60 ans.

Par la suite, ses petits-enfants, ainsi que ses étudiants, ont apporté d’autres contributions, créant ainsi une version encore plus complète du chef-d’œuvre qu’il avait compilé. Le Compendium de Materia Medica compte 53 volumes au total. Il comprend près de 2 millions de caractères chinois, 1 892 herbes distinctes, dont 374 ajoutées par Li Shizhen lui-même, plus de 10 000 prescriptions, et plus de 1 000 illustrations réparties sur cinq volumes.

 

llustration d’une plante telle qu’elle se trouve dans le « Compendium Materia Medica » de Li Shizhen. L’ouvrage classique de Li Shizhen est composé de cinq volumes et contient plus d’un millier d’illustrations. (Image : wikimedia / Domaine public)
llustration d’une plante telle qu’elle se trouve dans le
Compendium Materia Medica de Li Shizhen. L’ouvrage
classique de Li Shizhen est composé de cinq volumes
et contient plus d’un millier d’illustrations.
(Image : wikimedia / Domaine public)
 

Li Shizhen a également fait preuve de génie en enregistrant une série d’interactions chimiques entre des métaux purs, des chlorures de métaux et des sulfures, lorsque la chimie en était à ses débuts. Certaines des méthodes chimiques qu’il a notées - telles que la distillation, la cristallisation, la sublimation, la précipitation et le séchage - sont encore utilisées en chimie aujourd’hui.

Le Compendium of Materia Medica est non seulement un chef-d’œuvre de pharmacologie, mais il est devenu l’ encyclopédie modèle. Ce chef-d’œuvre est toujours utilisé aujourd’hui, et sa sagesse a été utilisée au profit de millions de personnes, au cours des 500 dernières années, apportant de grands bienfaits pour la santé et prolongeant la vie. Il est à juste titre reconnu comme un grand trésor national en Chine.



Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Li Shizhen, ’Medical Saint’ of China (Part 1)

Traduit du chinois par Patty Zhang